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HENRI III

Histoire de France ( 16e siècle).

Henri III , fils de Henri II et de Catherine de Médicis, fut le dernier roi des Valois Angoulême et de toute la branche des Valois. Il succéda à son frère Charles IX en 1574, et mourut en 1589, ayant régné 15 ans. Voltaire l'a peint dans quelques vers de sa Henriade :

Ce n'était plus ce prince environné de gloire , Aux combats dès l'enfance instruit par la victoire , Dont l'Europe en tremblant regardait les progrès, Et qui de sa patrie emportait les regrets , Quand du Nord , étonné de ses vertus suprêmes , Les peuples à ses pieds mettaient les diadèmes : Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier.

La réputation que ce prince s'était acquise par les victoires de Jarnac (l)et de Moncontour (2) , surles Calvinistes, avait déterminé les Polonais à l'élire pour leur roi. Trois mois après il abandonne la Pologne pour régner en France , où Charles IX venait de mourir. Deux factions déchiraient ce royaume : les Protestants , à leur tête Henri de Navarre ; les Catholiques, qui avaient pour chef Henri de Guise. Effrayé de leur puissance , Henri III les ménagea et les trahit tous deux , puis se forma Une sorte de parti mixte ou de royalistes. La guerre des trois Henris ne décida rien ; néanmoins , Henri de

(1) Charente (2) Département de la Vienne.

Navarre fut vainqueur à Coutras (1). Au milieu de ces troubles , la Ligne se forma de catholiques outrés , qui secondaient l'ambition de Guise , leur chef. Celui-ci triompha du roi à la journée des barricades , en 1588. Henri III , ayant assemblé les états à Blois (2) , se vengea de son ennemi par un assassinat. Mais sa position n'en devint que plus désespérée: les ligueurs étaient maîtres de Paris; ils avaient pour eux l'Espagne et le pape. Henri III se réconcilia avec le roi de Navarre ; tous deux vinrent assiéger Paris. Ils étaient campés à Saint-Cloud , lorsqu'un moine nommé Jacques Clément , envoyé par les ligueurs , l'assassina en 1589.

« Ce prince avait un caractère d'esprit incompréhensible; en certaines choses au dessus de sa dignité, en d'autres au dessous même de l'enfance. » Il se rendit suspect aux deux partis par ses irrésolutions; méprisable aux yeux de tous par sa vie molle et efféminée. Son délassement principal était de se promener en coche avec sa femme (Louise de-Lorraine Vaudemont), de visiter les maisons et les couvents, de prendre tous les petits chiens qui lui plaisaient , de se faire réciter la grammaire et apprendre à dessiner. Il était toujours entouré de singes , de chiens , de perroquets ; mais il avait une telle antipathie pour les chats , que la vue seule d'un de ces animaux le faisait évanouir.

(Voyez r Histoire de France de l'auteur. )

(i) Déparlement de la Gironde. (2) Loir-et-Cber.

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