HENRI III.— HENRI IV
Histoire de France ( 16e siècle).
Henri III. Voyez l'énigme 4.
Après l'assassinat des Guises à Blois (1) , la Ligue et les Seize se livrèrent aux plus grands excès. Tous jurèrent de périr plutôt que de laisser rentier dans Paris le tyran : c'est ainsi qu'on désignait Henri III. Dans cette extrémité , ce prince rechercha l'alliance du roi de Navarre , qu'il regardait auparavant comme son ennemi. Les deux rois , à la tête d'une petite armée , vinrent camper à St-Cloud dans l'intention d'assiéger la capitale. C'est alors qu'un jeune moine, nommé Jacques Clément, d'un esprit sombre et fanatique, excité par les clameurs de la Ligue, conçut le projet d'assassiner le roi. Il se rend à St-Cloud, se fait présenter à Henri III comme ayant des lettres à lui communiquer , et pendant que le prince en fait la lecture, il lui plonge son couteau dans le ventre.
(1) Orléanais, Loir-et-Cher.
Le meurtrier fut mis en pièces , et le roi expira le lendemain , après avoir désigné le roi de Navarre comme son successeur.
Henri IV, né en 1553 à Pau (t) , descendait en ligne directe de Robert, sixième fils de Saint Louis, roi de France. Son père était Antoine de Bourbon , et sa mère Jeanne d'Albret. Le jeune Henri fut élevé sans mollesse , accoutumé de bonne heure aux fatigues d'une vie rude et active. Il fut ensuite conduit à la cour de France. Les calvinistes le reconnurent pour chef en 1 569 , et il gagna à 16 ans le combat de la Roche-Abeille (2). On le maria en 1572 à Marguerite, sœur de Charles IX , et cet hymen fut suivi du massacre de la Saint-Barthélémy ; Henri n'y échappa qu'en abjurant le calvinisme, serment qu'il révoqua dès qu'il fut en liberté.
Sous le règne d'Henri III, il gagna la bataille de Coutras (3) en 1587. En 4589, il vint faire avec ce prince le siège de Paris , et devint par sa mort roi de Fiance de droit. La Ligue s'obstina à ne le point reconnaître , et lui opposa un fantôme de roi , le cardinal de Bourbon, son oncle. Henri, manquant de tout, triompha des obstacles à force d'activité et de courage. Il vainquit Mayenne , chef de ligueurs , à Ar-
(1) Bcam, Basses-Pyrénées. (2) Limousin. (3) Guyenne , Gironde.
9C ques (1) et à Ivry (2). Puis il entreprit le siège de la capitale : son humanité lui fit perdre le fruit de tant de travaux ; mais son abjuration, qu'd fit à St-Denis (3) en 1593, lui ouvrit les portes de Paris. Il y entra en 1594, et la même année obtint son absolution. Il battit Mayenne et les Espagnols à Fontaine-Française (4) en 1595, et fit la paix à Vervins en 1598. L'édit de Nantes (5) , la même année , fut rendu en faveur des protestants.
Alors il s'occupa exclusivement du bonheur de la France. Sully , son ministre et son ami, l'aida dans cette grande entreprise. Douze ans d'une administration paternelle , d'une sage économie , avaient ramené la paix et le bon ordre ; Henri nourrissait alors un projet important , celui de mettre un frein à l'ambition de l'Autriche, dont il craignait les envahissements. Il voulait , dans ce dessein , visiter les cours étrangères et confier en son absence la régence à Marie de Médicis, sa seconde épouse. Pendant les apprêts du sacre de cette princesse , le bon roi fut assassiné par Ravaillac , en 1610.
Ainsi périt , à 54 ans , un de nos meilleurs rois ; il mérita le surnom de Grand par ses exploits militaires et son habileté dans le gouverment. Il rétablit les finances , ranima le com-
(1) Normandie, Seinc-Infëiieui e. (2) Normandie , Eure, (3) Près Paris. (4) Bourgogne, Côte-d'Or. (5) Brelagnc, Loiieluiërieure.
merce, protégea les arts, les scierjces, et fit d'utiles établissements. Paris lui doit la galerie du Louvre et le Pont-Neuf.
Henri IV laissa en mourant deux fils et trois filles ; les fils étaient Louis XIII et Gaston ; les filles, Elisabeth, Christine et Marie-Henriette.
(Voyez Y Histoire de France.)