‹ Histoire UniverselleChapitre 65 sur 184 · B. de Saussure, Voyage dam les Alpes · texte numérisé non relu

B. de Saussure, Voyage dam les Alpes

MOUVEMENT

ce fait, il crut devoir admettre l’existence de rayons frigorifiques, indépendamment des rayons calorifiques. Mais Prévost y vit un simple phénomène d’échange, effectué en présence de corps doués de températures différentes L De là une vive polémique, à laquelle prirent part d’autres physiciens, sans parvenir à s’entendre.

Les expériences sur la réflexion de la chaleur conduisirent William Herschel à faire des observations sur la chaleur des rayons du spectre solaire. Il reconnut ainsi le premier que la chaleur se réfracte comme la lumière, qu’il y a des chaleurs obscures interposées dans les rayons colorés, et il découvrit le spectre calorifique invisible, au-delà du rayon rouge de la lumière décomposée par un prisme. Mais comme il employait un prisme de verre qui absorbe la plus grande partie des rayons de chaleur, il ignora l’étendue du spectre obscur !.

Leslie contesta ces résultats, après avoir vainement essayé de constater, soit en dedans du spectre coloré, soit en dehors, au-delà des rayons rouge et violet, une élévation sensible de la température. Il allait s’ensuivre une violente discussion, lorsque Engelfield vint à confirmer, en partie, par ses propres expériences celles de W. Herschel *.

La chaleur traverse-t-elle le vide? On devait le croire, puisque, et» venant du soleil, elle traverse, avant d’atteindre notre atmosphère, un espace au moins aussi vide que celui du récipient de la machine pneumatique. Mais Rumford le démontra directement par le moyen du vide barométrique, et fit ainsi connaître une analogie de plus de la chaleur avec la lumière.

La question de la chaleur rayonnante réfrangible a été reprise de nos jours, et traitée à fond par Melloni. Cet éminent physicien (né à Parme en 1801, mort à Naples en 1853) y fut amené par les travaux de son ami Nobili, occupé de sa pile thermométrique. Avec cette pile, combinée avec un galvanomètre, on est parvenu à construir eun appareil lhermomé trique d’une sensibilité telle, que la chaleur de la main, tenue à 30 centimètres de la pile, suffit pour imprimer à l’aiguille du galvanomètre une déviation de 20 à 25 degrés. C’était donc un instrument précieux pour déceler les plus légères différences de température.

Page 1