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Traité d’Op'ique, liv. I, part. II, 5e proposition

MOUVEMENT

violet au rouge, ce qui faisait en tout huit distances ou intervalles. Newton trouva que ces intervalles étaient entre eux dans le rapport des nombres I -, -, -, -, -, —, Or, cette série des nombres est, par üne coïncidence singulière, semblable à celle que représentent les intervalles des sons ut, ré, mi bémol, fa, sol, la, si, ut, dont est formée l’octave de la gamme mineure ; en d’autres termes, la division de la ligne sur laquelle Newton avait marqué les limites des sept couleurs principales était celle d’un monocorde dont les différentes longueurs rendraient les sept sons de la gamme du mode mineur. Cette conformité de rapport fit croire qu’il y avait une analogie réelle entre les couleurs et le son. N’était-ce là qu’une analogie de rencontre ? Il y a, disait Ilaüy, de fortes raisons qui s’opposent à la prétention de faire chanter les couleurs l.

Newton se faisait, comme tant d’autres, illusiop sur la puissance de son propre génie. C’est pourquoi il ne souffrait pas la contradiction, et s’imaginait qu’il pourrait suffire seul à épuiser les questions qu’il avait entamées. S’il avait fait passer la lumière réfractée du prisme par une ouverture très-étroite, il aurait devancé Wollaston et Eraunhofer dans la découverte des lignes noires du spectre. Il aurait fait bien d’autres découvertes s’il avait examiné, au moyen de certains procédés d’analyse , les espaces situés au delà du rouge et au delà du violet.

Anneaux colorés. Théories de la lumière. Diffraction. —

Qui n’a admiré la variété des couleurs réfléchies par les bulles qui s’élèvent à la surface de l'eau de savon? Sénèque y faisait sans doute allusion en citant ces vers des Métamorphoses d’Ovide (liv. VI, v. 65 et suiv.) :

Sed nunc diversi niteant quum mille colores,

Transitus ipse iamen spectantia lumkia fallit ;

Usqtie adeo quod tangit idem est, tamen ultima distant.

C’est ce genre de phénomènes que Hooke étudia, avant) Newton, dans son Traité de Micrographie, publié en i 664. Les anneaux colorés qui entourent certaines taches blanches des lamelles de mica fixèrent d’abord son attention : à partir du milieu de ces taches les couleurs y étaient rangées dans l’ordre suivant : le bleu, le pourpre, l’écarlate, le jaune et le vert; la même série de teintes se répétait neuf ou dix fois. En pressant, avec le pouce et l’index, deux lames

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