Arago, Mém. scientifiques, i. I, p
MOUVEMENT
la teinte violette, et ainsi de suite, les deux teintes étant toujours complémentaires ou susceptibles par leur mélange de former du blanc. Quel que soit le procédé à l’aide duquel on ait polarisé la lumière directe, les couleurs sc montrent exactement de même dans les deux images fournies par la lunette polariscope *.
Le polariscope est assez sensible potlr accuser, dans un faisceau, un quatre-vingtième de lumière polarisée. Aragoa reconnu, à l’aide de cet instrument, que les couleurs des images qui se projetaient sur l’azur du ciel varient d’intensité tout à la fois avec l'heure du jour et avec la position , par rapport au soleil, de la partie de l’atmosphère qui envoie des rayons sur la lame de mica. Par un temps entièrement couvert, les deux images ne présentaient pas la moindre trace«de polarisation.
Cyanométre (de xuavdî, bleu, et plrpot, mesure). — Cet instrument, inventé en 1815 par Arago, n’est qu’une extension du polariscope. Sa construction a pour base le fait suivant. En recevant à travers un tube terminé, d’un côté, par une plaque de cristal de roche perpendiculaire à l’axe, et, de l’autre, par un prisme achromatisé biréfringent, un rayon polarisé par réflexion sur un verre noir, on voit se produire des couleurs variées, parmi lesquelles se trouve aussi le bleu de ciel. Cette couleur bleue est fort affaiblie, c’est-à-dire très-mélangée de blanc, lorsque la lumière est presque neutre ; mais elle augmente progressivement d’intensité à mesure que les rayons qui pénètrent dans le cyanométre renferment une plus grande proportion de rayons polarisés *.
Heiloscope. — Le P. Scheiner(né en 1575, mort en 1650) proposa dans sa Rosa Ursina, publiée en 1630, un moyen d’observer le soleil sans se blesser les yeux. Ce moyen, auquel il donna le nom à'hélioscope, était simplement une plaque de verre dépoli ou une feuille de papier huilée, sur laquelle on recevait dans une chambre obscure l’image du soleil, grossie par une lunette. On s’est servi depuis , en guise d’hélioscope, de verres colorés placés, dans une lunette, soit devant l’objectif, soit devant l’oculaire, soit enfin devant ces deux lentilles à la fois.
Héliostat. — Les physiciens devaient songer de bonne heure au moyen de conserver au rayon de soleil, qui pénètre dans une
1. Arago, Astronomie populaire, t. II, p. 101, et t. I des Mémoires scientif., p. 163 et 217.