CHAPITRE XX
Guerre civile entre Césur cl Pompée. — Premières hostilités de Pompée. — Sa déclaration au sénat. — Décret du sénat. — Médiation de Cicéron. — Déclaration de César aux consuls. — Décrets du sénat,
— Fuite des tribuns. — Harangue de César à ses soldats. — Prise d'Ariminium. — Passage du Rubî- — con. Alarme dans Rome. — Siège de CorGnium. — Retraite de Pompée en Épire. — Siège et reddition de Marseille. — Relour de César ù Rome. — Sa nomination à la diclaîure. — Son abdication au bout de dix jours. — Sa nomination au consulat. — Son départ de Rome. — Ses propositions de paix a Pompée. — Danger de César. — Bataille de Dyrracbium. — Défaite de César. — Balaille de Pharsale. — Défaite cl fuite de Pompée. — Mort de Pompée. — Guerre de César en Egypte. — Trait de courage de César. — Son départ d'Alexandrie. — Sa victoire sur Pliarnace. — Ses trois mots célèbres. — Son retour à Rome. — Sa guerre en Afrique. — Mort de Galon. — Retour de César a Rome. — Son triomphe. — Guerre de César en A/rique. — Bataille de Munda. — Défaite et mort de Cnéius Pompée» — Fin de la carrière militaire de César. — Son retour ù Rome. — Sa nomination de dictateur perpétuel. — Affection de César pour Marcus Brulus. — Conspiration contre César. — Courage de Porcie, femme de Brutus. — Noms des conspirateurs. — Exécution de la conspiration.
— Mort de César. — Effroi dans Rome. — Portrait de César»
Le moment était arrivé où Rome devait perdre sa liberté, si elle n'avait pas le courage de réprimer l'ambition de deux hommes unis autrefois pour marcher à l'empire, et divisés maintenant pour se le disputer; mais malheureusement la république, défendue par Caton et par un petit nombre d'hommes incorruptibles, se trouva isolée entre les deux grands partis qui voulaient l'asservir.
César et Pompée ne dissimulaient p*us que faiblement leur jalousie; l'ambition avait détruit leur amitié : leur but était le môme; mais ils y tendaient par des moyens différents. César avait accumulé d'immenses richesses dans les (iaules : libéral jusqu'à la profusion, il prêtait sans intérêt des sommes exceséives à un grand nombre de sénateurs et de citoyens romains; et, dans une ville où l'usure se montrait sans pudeur, le prêt sans intérêt passait pour une rare générosité. Sa magnificence lui attira une foule d'amis. Sa maison était 1 asile de tous ceux que tourmentaient leurs créanciers : ils y vivaient de la fortune de César comme de la leur. Son camp devenait le refuge de tous ceux ique poursuivaient leur conscience et les lois. Partageant fréquemment les dépouilles de l'ennemi entre ses soldats, il en était adoré; et, dans la suite, on dit de iui avec raison « qu'il avait conquis les Caules avec le fer des Romains, ■ et Piome avec i'cr des Gaulois. *