CHAPITRE XXX
gallCs.
( An de Rome 1003. — De Jésus-Christ 251.)
Gallus est proclamé empereur par l'armée et le sénat. — Adoption et mort d'Hostilien, fils de Décius. — Victoires d'Émilien sur les Goths. — Son élévation au trône. — Bataille entre Gallus et Émilien. — Mort de Gallus.
Les débris des légions vaincues donnèrent l'empire à Gallus, issu d'une ancienne famille romaine que ses talents avaient d'abord illustrée, et qu'il déshonora en la décorant d'une couronne achetée par une lâche trahison. Ses rapports artificieux trompèrent le sénat : ce corps, le regardant comme le sauveur des légions qu'il avait livrées, confirma son élection : Gallus n'obtint des Goths la paix qu'en leur payant un tribut. Ce traité eut les tristes effets que produit toujours la faiblesse ; elle expose à l'insulte et fait naître le péril qu'elle veut éviter. La Macédoine, la Thessalie, la Mœsie, la Thrace furent inondées d'ennemis. Sapor rentra en Syrie , et enleva l'Arménie à Tiridate.
Gallus, revenu à Rome, se livrait au plaisir, négligeait les affaires, et apprenait avec indifférence les pertes de l'empire et les progrès des Barbares.
Le mépris du peuple commençait à se manifester par ses murmures; l'empereur crut regagner sa confiance en adoptant Hostilien, fils de Décius ; mais bientôt, craignant que ce jeune prince, dont le nom était cher aux Romains, ne voulût venger son père, il l'empoisonna et s'efforça va'inement de faire croire qu'il était mort victime de la peste. Cette contagion désolait alorsi l'Italie.
La persécution des chrétiens y répandait toujours la crainte et la mort. Le règne de Gallus est une époque de honte et de calamités qui n'eurent pour compensation qu'un seul événement heureux : Émilien, attaquant les Gotbs dans la Mœsie, les défit en bataille rangée. Cette victoire valut au vainqueur