‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 135 · CHAPITRE. XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE. XI

NENVA PT! TRAJAN,

La mort de Domitien parut au sénat une occasion favorable pour se délivrer du despotisme militaire. Un phénomène nouveau apparsit ici : c’est Pécole'stoïcienne entreprenant de *’opposer à l'in: fluerice tÿranvique de l’armée: Devenue en -effei prépondérante dans le sénat, cette école philosophique s'efforce de mettreisur le trône ses créatures, et réussit à donner à Rome une série de Césars aw’il est juste de compter parmi ses meilleurs princes.

Le premier fut Marcus Caccéius: Nerva, originaire de la Crète et né à Narni, qui se rendit si agréable à Néron pour ses poésies ; que l’empereur lui éleva une statue: La faction stoicienne , qui comptait sur lui, fit si bien:, en réparidant des: prédictions et des horoscopes sur sûn règne futrr, qu’elle. le détermina , malgré: sa timidité , à accepter le trône. Les prétoriens, une fois:les premiers regrets donnés à l’empereur défunt, ne tardèrent pas à reconnaître le nouveau ; cependant, au milieu des félicitations queirecevait Nerva, Arrius Antonius s'aitligeait avec lui de ce qu'après

avoir ces, il rait À refuse Ne peuple de la toyens biens, et les :

outre, et con n’envc de pot cessiu fices e statues puis, des se vaisse distrib l'État corrig toujou vie pr Nos règne:

il n’er que, | vrai q adinit qu’il} mais pirate passé Fron par u dre 4 Le soule

avoir échappé par sa vertu et sa prudence à tant de mauvais princes il(se trouvât désormais dans une position où il mécontenterait amis et ennemis, mais plus encore ses amis, dès qu'il leur refuserait une grâce.

Nerva, qui se croyait placé au rang suprème dans l'intérêt du peuplé, et non jour sa propre satisfaction, sut concilier la douceur de Ja liberté avec la tranquillité de la monarchie. Il rendit aux citoyens exilés pour crimes de lèse-majesté leur patrie et leurs biens, menaça de son courroux les délateurs, punit les esclaves et les affranchis qui avaient dénoncé leurs maîtres et patrons ; en outre, il défendit toutes poursuites pour crimes de lèse-majesté et contre ceux qui vivaient à la manière des Juifs (1), et jura de n’envoyer à la mort aucun sénateur. Afin d’alléger les impôts et de pouvoir abolir l’odieuse taxe du vingtième due sur toute succession ou legs , il diminua les dépenses en supprimant des sacrifices et des spectacles, en ne permettant pas qu’on lui élevât des statues d’or ou d’argent, et en modérant le faste dans son palais ; puis, comme il se trouvait encore trop pauvre pour récompenser des services ou secourir des infortunes , il vendit une partie de sa vaisselle et plusieurs de ses propriétés. De vastes terrains furent distribués aux citoyens pauvres. Il fit élever partout aux frais de l'État les enfants indigents , défendit l’éviration et s’appliqua à corriger les mœurs et à rendre la justice; enfin, il se conduisit toujours comme s’il eût dù, à un instant donné, rentrer dans la vie privée.

Nos lecteurs, habitués à voir d’heureux commencements à des règnes détestables, peuvent croire que Nerva se démentira; mais il n’en fit rien, et le seul reproche qu’on puisse lui adresser, c’est que, par faiblesse , il ne châtiait pas même les méchants. Il est vrai que le sénat, remis en libre possession du droit de jugement, admnit les accusations contre les espions du règne précédent, et qu’il punit les uns de la peine de mort, les autres de celle de l'exil; mais lorsqu'il voulut intenter des poursuites contre certains conspirateurs, Nerva, fidèle à son serment, s’opposa à ce qu'il fût passé outre: Une semblable clémence parut impolitique au consul Fronton, qui disait que si c’est un grand malheur d’être gouverné par un prince sous qui tout est défendu , ce n'en est pas un moindre d’en avoir un sous lequel tout est permis.

Les prétoriens, en effet, abusèrent de cet excès de bonté ; s’étant soulevés en tumulte , ils assaillirent le palais pour obliger Nerva à

(1) Les chrétiens probablement, { Dion, LxvIm. }

MISE, UNEY T.Y

Adoption de Trajan, 47 juin.

livrer les meurtriers de Domitien. Malgré tous ses efforts potir calmer leur fureur, et bien qu’il leur présentât sa poitrine nue, il dut céder, laisser tuer les conjurés, et remércier les ptétoriens d’en avoir purgé le monde.

Il comprit alors la nécessité de choisir pour lui succédef un homme capable de tenir d’une main ferme les rênes de l'État ; il adopta donc, et ce fut la plus belle aëtion de son règne, Marcus Ulpius Trajanus , avec qui, dès ce moment, il partagea l'autorité en l’élevant au tribunat, Il mourut quelque temps après, ayant à peine régné seize rois , ei fut placé au rang des dieux.

Trajan , issu d’me famille italienne plus ancienne qu’illustre, était né près de Séville, et avait servi dans sa jeunesse contre les Parthes. Sous Domitien, il s’était retiré pour sa sûreté dans sa patrie, d’où celui-ci ‘envoya gouverner la bâsse Germanie. Là, il se fit aimer des soldats ; mais, sans rien machiner dans une pensée ambitieuse , sans rien espérer même , il se contentait de cette nosition , lorsque Nerva , déterminé par sa bonne renommée , le désigna pour son successeur ; monté sur le trône à quarante-deux As , il justifia son attente.

IL fit son entrée dans Rome à pied, au milieu de transports de toie inexprimables ; au moment de franchir la porte du palais, Pompéa Plotina, sa femme , se tournant vers le peupie , dit : J’espère en sortir comme j'y suis entrée. Robuste de corps et endurci aux fatigues , de noble maintien et de manières affables, ayant peu d'instruction littéraire (1), mais aimant les hommes instruits ; à fut le meilleur capitaine de son siècle; toujours à pied dans les marches , il connaissait individuellement ses vétérans et leurs faits d'armes ; on ne l’aurait pas distingué des derniers soldats , à le voir vêtu comme eux, partageant leurs exercices et leur sobriété, sans que son affabilité nuisîit en rien à la discipline.

En prenant possession de Fautorité suprême, il déclara qu'il se croyait tenu d’observer les lois comme tout citoyen de Rome , et il ne manqua point à sa parole. Dans les distributions qu'il fit aux soldats et au peuple, il comprit les absents et, chose nouvelle, les enfants âgés de moins de douze ans. Ses libéralités entretenaient , dit-on , deux millions de personnes. Il maintint toujours le blé à un prix modique , affecta des sommes considérables à l’'éducation des enfants pauvres, donna des spectacles de gludiateurs , Mais bannit les comédiens que Nerva avait laissés reparaître ; il

(1) Ce défaut d'instruction, et non la paresse, comme le dit Julien, fut probablement le motif pour lequel il se servit toujours de Sura pour écrire ses latires.

dépensa et pour noncé , 4 tant de de larg donné n Désir diminua les reve les lois € sions ; e Les cito leurs av les pers cessaire Le soup et il pré innocent!

du prét contre n Il acc avait été défiance se til pa puis, le cusation Traja cela au sortant pouvait les édifi qui lui x tache at qu’on fi vie et st Peutsécutior sur cett tant soi les asse

(1) Li:

(] dépensa beaucoup d'argent pour ouvrir le port de Givita-Vécchia et pour agrandir le Cirque , où il défendit que son nom fût prononcé, afin de se soustraire aux applaudissements prodigués à tant de mauvais princes ; enfin, il interdit aux avocats de recevoir de l'argent de: ;laideurs, qui devaient jurer ne leur avoir rien donné ni promis 1).

Désireux de guérir les plaies de l'anarchie et de la tyrannie, il diminua , toutes les fois que le bien public lui parut le requérir, les revenus ; l’autorité et les prérogatives de l’empereur; il abrogea les lois de lèse-majesté, punitles délateurs , el réprima les concussions ; encouragées par l’indulgence excessive du règne précédent, Les citoyens de tout rang avaient accès près de lui; il accueillait leurs avis avec bonté , et cherchait ; pour leur confier les emplois, les personnes les plus dignes ; il croyait qu’il n’était pas plus nécessaire d’user de feinte en politique que dans les rapports privés. &e soupçon ne suffisait pas à ses yeux pour encourir le châtiment, et il préférait l'impunité de cent coupables à la condamnation c'un innocent. 11 dit à Suburanus, en lui remettant l’épée comme prefet du prétoire : Emploie-la pour moi, si je remplis mon devoir; contre moi, si j'y manque.

Il accorda toute sa confiance à Sura , à la sollicitation duquel il avait été adopté par Nerva. Quelqu’un ayantcherché à le mettre en défiance contre lui , il alla sans être invité lui demander à souper, se tit panser les yeux par son médecin et raser par son barbier ; puis, le lendemain, il répondit à celui qui répétait les mêmes accusations : S'il avait voulu me tuer, il l’eût fuit hier!

Trajan eut sa part de torts o:: de défauts ; il aimait le vin, et cela au point qu’il défendit d’exéc :ier les ordres qu’il donnerait en sortant de table ; il consacrait aux plaisirs tout le temps dont il pouvait disposer. Par vanité, il iaissait inscrire son nom sur tous les édifices, qu’il les eût fait construire ou seulernent restaurer ; ce qui lui valut le surnom de Pariéluire , de l'herbe parasite qui s’attache aux murs. il souffrit qu’en lui donnât le titre de seigneur, qu’on fit des sacrifices à ses statues, et que le peuple jurât par sa vie et son éternité.

Peut-être fut-ce par jalousie de divinité qu’il ordonna des persécutions contre les chrétiens, et sa correspondance avec Pline, sur cette matière, est furt curieuse ; elle nous révèle aussi Idjoie, tant soit peu puérile, qu'éprouvaieut les patriotes romains à voir les assemblées du sénat convoquées trois jours de suite, et les

(1) Bi: étaient payés par le trésor public.

Guerres,

Daces.

séances se prolonger jusqu’à la nuit (1). Mais quelle idée concevoir de ces assemblées , lorsque nous lisons dans Pline que Trajan s’opposait à ce qu’il fat formé une petite aésociation pour réparer les bains publics d’une ville de PAsie, atierdu que toute réunion ou société ayant pour objet des intérêts privés était contraire au salut de l'empire?

Les Germains, qui connaissaient la valeur de Trajan , fui envoyèrent de toutes parts dés députations, ét Tes batbares de l’aûtre côté de l’Ister ne se hasärdaïent plus à faire Ieurs'excursions'ordinaires lorsque le fleuve était gelé. Les intentions de Trajan se révélaient dans ce serment, qui lui était habituel : Puissé-je réduire la Dacie en province, et basser l'Euphrate et lé Danube sur des ponts que j'aurais construits (2)! Ne) Nous avons dit que Domitien avait acheté’ ‘des Daces une paix honteuse en se soumettant à un tribut annuël. Tréjan trouva d’autant plus indigne de le subir davantage , que ces peuples acquéraient chaque jour dé nouvelles forres, et que Décébale; leur rot, entretenait des intelligences avec Pacorus, roi dès Parthes. Une de leurs courses sur le territoire romain lüi servit’ de prétexte; après avoir réuni une armée nômbreuse, il traversa dé ‘fléuve et se mit à ravager leurs champs. Décébale, sais perdre dé temps, appela aux ares toute la jeunesse, et s ’aVanca contre :es Rémäins.

Bien que Trajan eût reçu, au moment d’en venir ‘aux/ ing un écrit qui disait : Vos alliés vous conseillent de faire la paix ete vous retirer, il risqua là bataillé ‘et fut Vainqueur ; le grand nombre des blessés ayant épuisé les bandés préparées pour lès Pet l’empereur donna ses propres vêtements." "

Il poursuivit sa victoire avec ‘une telle atdeÿr, dé Décébalé * réduit aux extrémités, envoya lui demander la’paix et obtint, mais à de durés’ conditions’? il dut” Sobliger à’réndré lé "pays usurpé sur ses voisins; à livrer sès ‘drmés ‘ét sés maëhinès de guerre, avec les ouvriers qui les avaient fabriquées et tous'les déserteurs; à'ne: plus admettre 'à $on‘sérvice aücun'individu'né sous la domination ro maine ; à démantéler sés places fortés; enfin, à avoir les ‘nèmies amis n es mêmés lennèmis que Romé!

lrajan conistrdisit dés forts, élablit les-postes jiigés néééssaires, et, après avoir reçu l’hommage de Décébale, il revint déployer à Rorfe les pompes du premier triomphe sur les Daces. Mais Décéble’, qui n “avait tèdé qu’à la nécessité , ne tarda point à recruter

(1) Jam hoë ptet et anbiguttm, venatun nocte aim, trio vocuri, tridruo conbinert. (P£xE, Ep: \ (2) Auien MARCELE,, xXx1 ON LIL,

; franchi

de nouv desses ve gesles r faire ren déserteu avec, Lo une ent:

mandait gious tr

Troja ches. 5’ cent cin défendu d’autan|

-grande.

terminé d'Apoll { Au.p:

dirigea.

pas trot affronte nouvel sous un Ja'plaie soupir, leur pa; Theiss,, survivre de ces 1 cent vin de dixr . Lun,

vers l’ mis. les ‘-){f} On que. avpr Danubi expedili 1594; 0 aussi u belles-let

de nouvelles troupes, à.fortifier ses places, à solliciter le concours déses vaisins..Les Scythes accueillirent ses propositions ; les Iazyges les repoussèrent, mais ils furent défaits. Trajan accourut pour faire rentrer les Daces dans le devoir, et Décébale envoya de faux déserteurs chargés de le tuer, mais sans réussir; il fut plus heureux avec, Longinus; lieutenant de l’empereur, qu’il fit prisonnier dans une entrevue où il l'avait attiré sous prétexte de traiter; il de-

mandait pour sa rançon { vs jusqu’au Danube ; mais Longinus trouva le:moyen. de 5’: À

Trajan construisit sur le I :n: mt de pierre, dont les arches s’appuyaient sur in nte pieds d’épaisseur, cent cinquante de hauteur e: ix d’écartement ; il était défendu par.un fort à. chacune extrémités. Cet ouvrage,

d'autant plus. merveilleux que. la rapidité du fleuve était plus -grande-eu. cet endroit. à cause du, resserrement de ses rives, fut terminé dans de cours d’un été, sous la direction.et d’après les plans d'A pellodore de. Damas, à

Au.printemps.suivant, Trajan passa le fleuve sur ce pont, et Sirige la guerre avec plus de prudence, que d’activité, pour ne pas trop exposer ses troupes ; mais le sang-froid avec “lequel il affronte lui-même le péril excite le courage des soldats, qui renouvelleut, leurs anciens exploits, L'un d'eux est emporté blessé sous une, tente; y Mais;: lorsqu’ il entend les médecins déclarer que Ja: plaie est mortelle, il retourne au combat, où il rend le dernier soupir, Zaxmizegéthusa, capitale des Daces, finit par être prise, et leur pays, réduit en proyince , eut pour limites le Dniester, la Theiss, le Danube inférieur.et l’Euxin (1). Décébale ne voulut pas survivre;à Sa. défaite, La colonne Trajane s’éleva en témoignage de ces victoires, et les solennités, du triomphe valurent au peuple cent vingt-trois jours de.spectacles,, dans lesqueis furent tuées plus de dix mille. bêtes féroces.

.. L’undes vœux de Trajan se trouvait accompli ÿ puisqu il avait franchi le Danube ; songeant alors à réaliser l’autre, il marcha vers l’Euphrate dans l'intention de dompter les Parthes, les enncmis. les plus farrpidables qui restassent aux Romains. L'Arménie,

Ju] } 4 \ f -{{) Oritrouvé enchre des: vootiges d'une voie militaire ou de Danube jusque. auprès :de Bender, :Voy. Conrad MannerT, Res Trajani imperatoris ad Danubium gestæ ; Nuremberg, 1793. — J. CarisT. ENGEL, Commentaltio de expeditionibus.. Zrajani ad. Danubium, e&, origine. Valacorum ; Vienne, 1594; ouvrage couronné par l’Académie des, sciences de Gottingue. Voy. aussi un mémoire de d’Anville dans le recueil de, l’Académie. des inscript. et belles-lettres,

Pont sur le Danube.

7 janvier,

L'arménle ré.

duite en province,

189 sIXTÈMÉ “ÉFOQUE.

qu’elle fût au pouvoir des Romains ou des Parthéë , dévénaït toujours un danger pour l'Asie Mineure où ld'haute Aste : en effèt , l'infanterie romaine pouvait, à travers ces môntagnèes, ‘pénétrer dans le cœur de la Perse sans avoir à rédouter dans tes plaitibs dé la Mésopotamie les désastres de Crassus ; ou bien, il était facile aux Parthes de faire, de cetté province, des courses continbelles sur l'Asie Mineure et la Syrie. Il importait donc bédacoup « des en rendre maitre.

Tiridate , roi d'Arménie, en récevant la couronne dés mains de Néran, s’était reconnu le vassal de Rome; mais Exédare , qui occupait le trône alors , avait accépté le diadème de’ Chosroès) +0! des Parthes. Trajan, ayant demandé raison dé'cet acté dé souveraineté À Chosroës, qui ne lui répondit qüe par dé vâinés parôlés, s’avança contre lui. Le roi parthe essaya dé le désarmer par des ambassades et des présénts, lui assufant même qu'il avait déposé Exédare, et le priänt de conférer là couronne à Parthamagiris, fils comme lui de Pacorus; mais Trajan se borna à répondre qui se rendait en Syrie, et que IÀ il se décidérait.

Après avoir reçu à Antioche l'hommage de quelques princés, il entra dans l’Arménie, où il s empara dé plusieurs places’; ce qui décida le roi Parthamasiris à venir dép-ser sa couronne au pied du trône impérial. A cette vue , l’armée poussa un tel éri de jüie, que le Parthe, épour anté, se “retourna pour fuir; mais, en sè voyant environné de toutes parts, il se plaignit que l’on traitât comine prisonnier un prince venu spontanément, et sortit du camp le cœur plein de courroux. Tous ses efforts, néanmoins, n’empéchèrent pas Trajan de réduire l'Arménie en province. Alors les rois d’Ibérie, de Samarie, du Bosphore, de Colchidé, $’inclinèrent devant lui, la Mésopotamie fut subjuguée par la seule terreur de ses armes, et Cornélius Palma, gouvernétt de là Sÿrie, ayant soumis une portion de l'Arabie, l'empereuf fit les Saurorhates et les Indiens demander en mêmé témps l’amitié des Romains.

On serait tenté de croire que Chosroès avait accepté aussi les conditions dictées par Trajan ; maïs, quel qu'en fûtlé motif, l’empereur fit de nouveau la guerre aux Parthés. H traversa le Tigre sur un pont de bateaux, s’empara sans coup férir de l’Adiabène, occupa l'Assyrie, et visita sur son passage Arbellés et Gaugaméla, lieux célèbres pur les victoires d'Alexandre. Favorisé par les discordes des Parthes, il s’avança jusqu’à Babyloné , et commença à faire creuser un canal entre l’Euphrate et le Tigre pour le passage des vaisseaux destinés à assiéger Ctésiphon. La différence de niveau des deux fleuves empêcha la réussite de cette entreprise; il

fit donc Ctésipha fille to lentour romaine Traja une foul terre tre Trajan le désas son règ le Tibre tales fu vives. C suffi, les sevelir lois, en femme; barbarié humain Au peut êtr de conq et la pu d'où de sur leT d’un bâ je port:

l'Arabie troit de mission il revie Phonne L’er qu'il ec nie, la ilne re ses pre tant de de l'en tout er mais ll

fit donc traîner ces navires par terre, et prit d’assaut Séleucie et Ctésiphon, où, il s’empara du trône d’or du roi parthe , dont la fille tomba entre ses mains. Chosroès s'enfuit, tout le pays d’alentour se soumit, et l’Assyrie dut payer le tribut comme province romaine:

Trajan revint à Antioche, et là, au moment où l’armée, la cour, une foule de gens attirés par la curiosité se trouvaient réunis, la terre trembla avec une telle vivlence, que la ville fut renversée ; Trajan lui-même resta blessé, et tout l'empire ent à souffrir dans le désastre d’une seule cité. D’autres calanités encore signalèrent son règne, la famine, la peste, des tremblements de terre. A Rome, le Tibre déborda,.et (ce qui excita l'horreur générale) trois vestales furent. convaineues d’avoir violé leurs vœux et enterrées vives. Comme si ce sacrifice aux vieilles superstitions n'eùt pas suffi, les livres sibyllins ordonnèrent , ce qui s’était déjà vu, d’ensevelir vivants, dans le Forum boarium, deux Grecs et deux Gaulois,en prenant pour chaeun des deux peuples un homme et une femme; et les Romains obéirent, eux qui déclamaient contre la barbarie des Gaulois.et des Bretons, parce qu’ils arrosaient de sang humain les autels de Jeurs divinités.

Au retour du printemps, Trajan commença une course qui peut être appelée véritablement historique , son but étant moins de conquérir que de déployer aux regards des nations la majesté et la puissance de l’empire romain, Après avoir visité les plateaux d'où descendit la première civilisation du monde, il s’'embarque sur le Tigre vers le golfe Persique. entre dans l'Océan , et, à la vue d’un bâtiment qni vogue vers l'Inde, il s’écrie : Si j'étais plus jeune, Je porterais lu guerre, dans cette contrée. Il se dirige alors vers l'Arabie Heureuse, se rend maître du port d’Aden, en deçà du détroit de Bab-el-Mandeb , et ne cesso d’annancer au sénat la soumission de nouveaux pays; enfin, ne pouvant pousser plus avant, il revient vers Babylone , et offre sur ses ruines des sacrifices en l'honneur d'Alexandre.

L'empire touchait alors à l’apogée de sa grandeur, d'autant plus qu’il comptait cinq nouvelles provinces : l'Arabie Pétrée, l’Arménie, la Mésopotamie, l’Assyrie en Asie, la Dacie en Europe ; inais il ne resta pas longtemps à cette hauteur, et Trajan vit lui-même ses propres œuvres s’anéantir, Le tremblement de terre qui ébranla tant de contrées parut aux Juifs un signe précurseur de la chute de l'empire, et de toutes parts ils se soulevèrent avec fureur, surtouten Afrique. A Alexandrie, ils eurent d’abord l’avantag: ; mais les Grecs, ayant repris le dessus, les massacrèrent sans dis-

L'Asayrieréduite en pro= vince,

nécembre.

Désaatres,

Coursesde lrujun,

Saulèvement es Juifs

SIX1ÈMÉ: ÉPOQUE.

tinction:: Céux dé Cyrène , les:promoteurs dela’ révoltes dévastè:; rentlés plairiès dè l'Égypte; et; non contentsde‘tuer leurs-ennernis; ils les mangeaïerñit et se‘revétaient de leur peau sanglante:yilsmas. sacrèrent, dit-on, deux cent mille personnes dansk 'Libve, deux cent cinquante mille dans l’île de Chypre, et réduisirent Salamine en cendres. Trajan envoya des troupes pour les chasser de la Libye; ils furent anéantis en op , et si quelqu'un d’eux se trouvait ensuite jeté dans cette'ilé par'sa mauvaise fortune, il était mis en morceaux. L’incendie fut ainsi étouffé partout. L’exemple fut contagieux, et‘plusieurs pays conquis récemment secouèrent leurs chaînes , ce qui obligea Trajan à courir çà et là por Îes’faire rentrer dat le devoir ; mais, dés qu'üne-hYdropisie ‘eut conträtrit regagner l'Italie ; tous’ ces pays s’insurgèrent'à là fois. Les Parthes soulevés en masse chassèrent le roi Parthamas: patis, qu’il leur avait: imposé; les Arméniens en choisirent un à leur gré, la Mésopotamie se soumit aux Parthes: et:tant de dépenses et de sang se trübvèrent'prodigüés én pre perte.

Morterrjn Arrivé à Sélinunté en Cilicie, l’empéteur y moürüt, près un lan règne de dix-neuf ans et demi. Ses cendres rapportées à Rome dans ‘st. une ürné d'or! par Plütinh sa véuve/et/ par Avidia:sai nièce, furent reçues comme en triomphe et, contrairement aux anciennes lois, déposées dat libtétiéur; 48, la ville, ébus la colonne destinée, à

rappeler ses onquêtes..…. a.) enotie esp 8iugsË tons aneh hoghfsr Des travaux magnifiques devaient canserver:sa mémoire, no tämment sès'belles :roùtes: : ‘une:qui conduisait: du: Pont<Eunin jüsque danélès Gaule uhé ahtre"qui travérsuit le me üntiis, | et ne froisième qui allait de Hénëventa Brindes, I1 à ilome || des bibliothèques et nn-théâtre.;.agrandit:.le. cirque, .répara des | édifices importants, amena de nouvelles eaux di ns la ville. On admMirait surtout le forum qui. reçut son nom :. construit sur l’emplacement d’une colline que l’on:avait aplanie;: de forme carrée (50 mètres) } éhtôuré de portiques , orné de quatre arcs de triomphe et, d'un grand nombre de palais... de petits temples, il paraissait une merveille dans:la:ville desmerveillesi:; 15, suvi ut juviervre “Le! « bonheüi:ttop'rare dünt'on jouit sous son règne, durant te: quel chan pt Pénsër bla voutéit l'a ce AUAN pehsalt, 5 rendit aux lettres quelque Eca LT NAN MSC ue

IL est pénible de penser que l’histoire, si bien informée des atrocités ou des folies d'u Nérôn "et d'un Caligula, ne connaît les faits relatifs à Trajan que d’après un abrègé inexact (4) et un

it sh £* | 318V96 57 FRA ET | (1) Celui de Dion, fait par Xiphilin. Nous ne faisons pas même mention des | lambeaux informes d'Autélins: Victor et d'Eubope.i cts tarcoue 91

ft

gpl

ouvrai

tYCADRIBN: : : > 185

panégytique éloquent.; maiselle n ui. pas que; deux siècles et démi après:lai mort:de ice prince; le, sénat, en saluant un nouvel empereur, lui souhaita d’être she heureux ar pis versure rs ri CUes naze al

rte 2 CHAPITRE XL 064 : unis fit, il

is 01/1999 fie 24 XX] 27 1j LADRIEN,

Page 1