CHAPITRE XXXIIL
Le pays de Dabero, et celui des Garios se soulèvent contre les chrétîeni^. — Conquête de celui de Dabero (i). '
Notre commandant ordonna aux principaux caciques de l'Assomption de lui fournir deux mille Indiens, pour remonter la rivière. Ceux-ci se déclarèrent prêts à obéir
(i) Cestle même que Gabeça de Vaca nomme Tabère et Atabire. Voyez ses commentaires, chap. XLII.
l4o RELATION
en cela comme en tout ; mais ils lui conseillèrent de bien réfléchir à ce qu'il faisait , en s'embarquant dans cette entreprise. Ils l'assurèrent qlte le pays de Dabéro et celui des Carios se soulèveraient en masse contre les chrétiens , car Dabero , leur principal cacique, était le frère d'Achkere que nous avions fait périr , et ne respirait que vengeance contre les chrétiens.
Le gouverneur renonça donc à l'expédition qu'il avait projetée, et se prépara à marcher contre d'autres ennemis. Il convint avec son frère d'aripe, Martin-Dominique de Irala, que celui-ci s'avancerait avec quatre cents chrétiens et deux mille Indiens contre Dabero et les Carios , et les détruirait complètement.
De Irala partit 4is TM^PP^ion, rtmf^ cjia contre PfiJ)çro,lBt le fit PflîWîïier , w wmk de $0, îp^p^té impërii^lç, de nifstti^ bas |m armes; mais celui-ci, comptant sur ses forces , ne voulut pas y consentir. Tous ses villages
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étaient bien fortifiés, avec trois rangs de palissades et des fossés profonds , comme ceux dont j'ai parlé au chapitre XXI.
Après lui avoir laissé troisjours de réflexion, le quatrième, trois heures avant le lever du soleil , nous attaquâmes le village. Tous les hommes furent passés au fil de l'épée , et un grand nombre de femmes réduites en esclavage. Elles nous furent fort utiles.
Nous perdîmes seize chrétiens dans cette affaire. Quant aux Indiens , le massacre en fut terrible. Il resta près de trois mille cannibales sur le champ de bataille.
Bientôt après cette défaite , Dabero vint demander grâce pour lui et sa nation : tous promirent d'être dorénavant soumis aux chrétiens , et prièrent qu'on leur rendît leurs femmes et leurs enfants; ce que, d'après les ordres de sa majesté , on fut obligé de leur accorder.