‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 111 sur 114 · JOSEPH VENDU EN EGYPTE · texte numérisé non relu

JOSEPH VENDU EN EGYPTE

tîon de Joseph. L'Ecriture ' dit expressément qu'il étoît beau de visage * ; et xphr^ d'où peut se former Ciphuris, signifie être beau.

Cerpbérès peut se former du mot' érphe, qu'on prononce ccrphah , et qui signifie afTront , opprobre.

On sait que la beauté de Joseph, malgré son innocence, lui occasionna l'opprobre dont il fut couvert pour un temps.

Connoissaat la marche des Egyptiens, nous pou-vons actuellement reconnoitre les rois parallèles d'Eratosthène.

Chnubus Gheurus , Bom probablement altéré , approche assez de gnb , gnb , mots qui signifient doublement ravir , enlever , pour exprimer un enlèvement plus fVirtif et plus injuste. C'est ce que Joseph dit de luimême en propres termes * : j'ai été furtivement enlevé , gnb gnbtlii * ; j'ai été furtivement enlevé de la terre des Hébreux, et renfermé quoique innocent, dans cette prison.

Le mot qui signifie fosse ou prison dans cet endroit de l'Ecriture, est^ bur; aussi Era tosthène, après Chnubus Gneurus, qui indique l'enlèvement de Joseph , nomme Biyris , qui signifie prison.

Il place seulement entre deux , Ravosis , nom qui peut être formé de 7 rae , qui signifie voir ; raut/i dans les rabbins , signifie vision.

' Gcnes. 29. 6. Erat autem Joseph pulchrâ faci« , et décoras aspectu.

* lâlC^ xphr t pulchrum esse.

* nâin érphe, cerphahf opprobriuni.

^ Gènes. 40. i5... Furto sublutus sum de terra Hebrxorum, et hic innocens in lacum missus sum.

^ ^n^^^ 32 j gnb gnbthi, furando furto ablatus sum.

* 113 bur , Incus , fossa , carcer.

î HKI vidil; niKI Visio.

346 MÉSOGHRIS, SOÏPHIS, etc.

Joseph dans sa prison , expliqua les visions ou les songes des officiers de Pharaon; il expliqua dans la suite ceux de Pharaon lui-même.

Aussi les orientaux appellent-ils fiiyan % le Pharaon diont Joseph expliqua les songes , et dont il devint le ministre. Raie * qu'on prononce Riah , dans les rabbins signifie vision.

Le nom de la montagne Moriah , où Abraham conduisit son fils Isaac pour l'immoler, est traduit dans la Vulgate ' , terre de visicxn.

On voit de plus en plus comment ont été formés tous ces noms de rois d'Egypte , et comment ils ne nous apprennent y dans le vrai , rien de plus que ce que dit l'Ecriture.

Saophis et Sensaophis, les deux rois qui suivent im* médiatement dans Eratosthène, sont, comme je l'ai déjà dit , le nom même d'Iosph ou de Joseph* £ralos* thène interprète Sensaophis , le second. C'est en effet Joseph nommé pour la seconde fois. Le mot acné ^ , d'où peut venir sert , signifie second. Je ne m'arrête point aux antres interprétations d'Eratosthène ; car outre qu'il n'interprète pas tous les noms, on peut bien présumer qu'il y a des interpréta ticois fautives ou défigurées par les copistes. On en a vu assez , pour ne pas ipcidenter sur celles que je ne dévoile pas. Ceux qui en seront curieux, pourront les chei^cher dans leui*s moments de loisirs*

On a vu jusqu'ici toute la suite de l'histoire d'Egypte,

* Juchazim apud Bocbart, Phakg. lib. 4 » ^^P* 38. Rian , is est Pharao Joseph.

* n^Kl Visio.

* Gènes, aa. 2. Vade in terram yîsionis»

^ t\yD secundo facere ; ^2V secundu».

JOSEPH VENDU EN EGYPTE. Zij

fioit dans Hérodote , soit dans Diodore, soit dans les trois premières dynasties de Manéthon, soit dans le catalogue d'Eratosthène ; on a vu, dis-je, tous les règnes rapprochés de l'Ecriture, et par ce rapprochement suivi, se réduire à ce que nous apprend FHistoire Sainte, tant du commencement de toutes les nations , que de celui des Egyptiens en particulier.

Nous voici conduits à l'entrée de Joseph , et des Israélites en Egypte. Comme le temps de leur séjour dans ce royaume est celui où FHistoire Sainte a fourni aux Egyptiens plus de faits relatifs à leur histoire ; et qu'ils se sont souvent formé des noms de rois d'une simple indication de fait, quelquefois même autant de rois que de mots , ainsi qu'on Fa déjà vu dans Manéthon ; on conçoit bien que les dynasties doivent ici s'embrouiller et se confondre. H y a des dynasties qui rentrent les unes dans les autres ; quelques-unes de soixante rois et plus, qui à la vérité ne sont point nommés , parce que la famille de Jacob étoit composée de plus de soixante personnes , lorsqu'il entra en Egypte ; une dynastie de douze , parce qu'il avolt douze fils , et ainsi du reste. Il y a plusieurs dynasties formées des noms et des titres de Joseph , qui eut tant d'éclat en Egypte ; plusieurs fonnées de ceux de Moïse, qui y opéra tant de prodiges. Oa doit bien s'attendre à y trouver quelque confusion.

Pour ne pas perdre le fil de l'histoire au milieu de ce labyrinthe , reprenons la suite des rois d'Hérodote. Celui-ci n'a recueilli que les règnes les plus mémorables , il a omis tous les rois f oimés d'Abraham , d'Agar, d'Ismaë'l ; mais les Egyptiens , n'ayant formé leur histoire que sur ce que dit FHistoire Sainte , n'ont pas dû manquer de parler à Hérodote , d'Israël , de Joseph ,

548 MéSOGHRIS, SOÏPHIS, etc.

de Moïse. Vu la manière dont ils ont traduit , les faits sont nécessairement altérés , et sotivent défigurés. Oïl verra néanmoins de plus en plus , s'ils ne sont point encore reconnoissables.

De Mœris qui est , comme on Ta vu , Mesr ou Mesraïm , père des Egyptiens , Hérodote passe tout de suite à Sésostris. C'est le plus gi^and règne des Egyptiens , l'époque la plus brillante de leur histoire. Pour le réduire à sa vérité primitive , dont il s'est bien éloigné avec le temps , il faut nécessairement donner une assez grande étendue au rapprochement que j'en dois faire ; c'est pourquoi je termine ici ce premier volume, afin qu'on trouve réuni dans le second , tout ce qui regarde un règne si éclatant , et tous les autres règnes formés de l'histoire des Israélites jusqu'à leur op-» pression.

FIN DU PREMfER VOLUME.

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