‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 53 sur 114 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

On voit dans quel teiùps à peu près les Egyptiens qui s'étoiént trouvés dispersés avec les Juifs dans les états des rois de Babylone, purent puiser dans les livres saints de quoi composer leur histoire. Ils étoieht d'autant plus autorisés à puiser dans cette source , que les commencements de l'Histoire Sainte regardent également toutes les nations ; que la suite a souvent rapport à l'Egypte en particulier , par tant de grands événements , dont les Egyptiens ne dévoient pas avoir perdu entièrement le souvenir. Plusieurs des altérations qu'on ti'ouve dans cette histoire peuvent bien venir en partie de ce que les interprètes auront voulu rapprocher les faits de leurs anciennes traditions , déjà fort altérées , surtout ce qu'ils racontent des Sesos , ou rois pasteurs.

On voit du moins, au milieu de ces altérations , si cette histoire des Egyptiens contredît au fond l'Histoire Sainte ; si elle ne lui rend pas , au contraire , un témoi-

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DE l'histoire d'Egypte. i63

gnage constant et soutenu , depuis Menés , qui est ï^oé , jusqu'au règne d'Âmasis, qui est Nabuchodonosor ; ou depuis le déluge jusqu'à la captivité de Babylone.

On voit en effet, dans le rapprochement que je viens de faire, comment tout s'accorde, tout se suit, tout se soutient; soit qu'on envisage la suite des règnes de l'histoire d'Egypte , et celle des principaux faits relatifs àlîlgypte, qu'on trouve dans l'Ecriture; soit que, dans chaque règne, on envisage les traits qui le caractérisent, rapprochés de ceux que nous offre l'Histoire Sainte parallèlement et dans le même ordre , ou à très-peu près. Ce n'est cependant encore ici que le rapprochement général , et pour ainsi dire en gros ; j'espère que le rapprochement en détail , qui va suivre , donnera encore une nouvelle force à la preuve.

Cependant, comme les Egyptiens, ainsi qu'on doit bien s'y attendre , se sont souvent embrouillés dans le détail^ qu'il y a des traits à demi effacés , ou tellement altérés , qu'ils ne seroient pas reconnoissables en euxmêmes , et séparés de ceux qui précèdent ou qui suivent ; que d'ailleui's chaque historien s'est cru en droit de mettre les faits dans l'ordre qui lui a paru le plus convenable , de leur donner le tour le plus propre à les rendre croyables , d'y mêler souvent ses propres conjectures ; et que toutes ces additions coupent quelquefois le fil de l'histoire ; je prie les lecteurs de ne jamais perdre de vue le l'approchement général , dont voici les points fixes , qui nous sei^viront à éclaircir ce qui se trouve entre deux , dans Manéthon surtout , et dans Eratosthène.

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