‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 99 sur 114 · I. Récit de Suidaa · texte numérisé non relu

I. Récit de Suidaa

M Thulis ', dit Suidas, régna sur toute TEgypte, n et son empire s'étendit jusqu'à l'océan. Il donna » son nom à T,hulé, l'une des iles qui y sont situées. » Enflé de ses succès , il alla consulter l'oracle de Sera* » pis, et après avoir fait un sacrifice, il lui adressa » ces paroles :

* Suidas 5. BovXtç, ovloç lC(X9t\t\f9i leéainç Ar^viriev, xai f»ç tov &xictr vov. luà ftittf 'mIv iy àv7w 9v}a«»y àich xoj liioxt ivofialeç ixctkt^i Oov^Li^t^ ciropOciç ^c ToTç xa7op6o»fMi9{ , irocpiycyoycv (i( tb p.ay7(?oy «ev Sapairt^os, xa) J^y^ctéaaç ^pwl^c ravla. 4poéo-ov lopv irvptcrOcycç , à^tvSTi , fMuap, ô roy aiOcptoy fuityxXivtùf Jpopiof. tc< irp^ r^ç {/&^ç Baviictoç iivrn^t teoocvTa ; ^ Tiç içat juV ifu ; xa« iic9in çmlS ^pviopi^ç <X^* iv1«»«

Hpula Bt^Çy /&c1cWcc7a Xoyoç , xa\ «vcv^a ovy àv7o7ç. Zv/ft^7a il vdvla^ xa( et; cv lovlaLf ov xpoHoç â«i»v(oy. «àx/vc iroffc Sx^tÇc .&y3(}7^ aJv]}loy Stov. xac î^cXOwv in toû ^atv7c/ov, vico tûiv i^iuy IfXfayti h tÇ Toiy Aff>«v X^pqu

3o4 THULIS DE SUIDAS.

n Dis-nous , 6 le maître du feu, le véridîque, ITieu- » reux par excellence , qui règles le cours des astxes ; » dis-nous qui jamais ayant moi fut ailâsi puissant, » et qui le sera jamais après moi.

» L'oracle lui répondit en ces termes : premièrement » Dieu, ensuite le Verbe, et l'Esprit avec eux; tous » trois sont de même nature , et n'en font qu'une seule^ N dont la puissance est éternelle : sors promptement, i mortel , qui n'as qu une vie incertaine*

» Etant sorti du temple , il fut mis à mort par les » siens , dans le pays des Afres, ou Africains. »

On ne s'attend pas certainement à trouver une notion si précise et si distincte du mystère de la Trinité , dans l'histoire d'un ancien roi d'Egypte; c'est ce qui a fait conclure à Vandale et à M. de Fontenelle, que l'histoire a été supposée; quelques-uns ne doutent pas qu'elle ne l'ait été par les premiers chrétiens. Le Père Baltus , * sans défendre la vérité de l'histoire , où en effet il y a évidemment du fabuleux , se contente de leur répondre , que l'histoire n'est rapportée que par Suidas * , et que cet auteur ne peut pas être mis au nombre des premiers chrétiens , ni produit comme un bon garant , que les saints Pères , ni leis anciens auteurs ec- 'clésiastiques , n'ont point fait mention de cette histoire, ti. que dès-lors on n'en peut rien conclure par rapport aux premiers siècles.

La réponse est juste, et suffit pour décharger les premiers chrétiens de l'accusation intentée contre eux ; mais cette histoire est-elle en effet toute supposée ? n'y a-t-il point plus dé méprises que de mauvaise foi ? Nous sommes déjà accoutumés à voir des histoires fabuleuses,

* Këp. à THist. des Oracles / i/* part,, chap. 5.

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DIGHESSION SUR JÉStJS-CflttlST. 5o5

qui ne le sont devenues que par des bévues , et qui d'ailleurs ont un fond de vrai ; celle-ci n'est-elle point du nombre? un seul mot peut servie à le dévoiler^ et nous servira dans la suite à en dévoiler d-autrei« ^

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