LA BARRICADE DE LA RUE THÉVENOT
Biscarrat était là. La me était dépavée, on macadamisait, il monta sur un tas de pierres et jeta ce cri : A. bas le dlBateur! A bas les prétoriens ! Les soldats le regardèrent d'un air stupide, et la foule d'un air étonné. Georges Biscarrat (c'est lui qui me l'a dit) sentit que son cri était trop littéraire et qu'on ne comprenait pas, et il cria : A bas Bonaparte! A bas les lanciers!
La huée fut électrique. — A bas Bonaparte! A bas les lanciers! — cria le peuple, et toute la rue devint violente et orageuse. A bas Bonaparte ! ha. clameur ressemblait à une exécution commençante, Bonaparte fit un brusque mouvement à droite, tourna bride, et rentra dans la cour du Louvre.
Georges Biscarrat sentit le besoin de compléter la huée par une barricade.
Il dit au libraire Benoist Mouilhe, qui venait d'entr'ouvrir sa boutique :
Crier c'est bien, agir c'est mieux. Il rentra chez lui rue du Vert-Bois, mit
une blouse, prit une casquette, et descendit vers les rues sombres. Avant la
fin du jour il s'était entendu avec quatre associations, les gaziers, les for-
• miers, les châUers et les chapeliers.
Ainsi se passa pour lui la journée du 2.
La journée du 3 s'écoula en allées et venues «à peu près perdues», disait Biscarrat à Versigny. Et il ajoutait : Pourtant j'ai obtenu ceci, qu'on déchirerait partout les affiches du coup d'État j si bien que pour en rendre l'arrachement plus difficile, la pohce a fini parles placarder dans les vespasiennes, où elles sont à leur place.
Le jeudi 4, de grand matin, Georges Biscarrat alla chez Ledouble, restaurateur, où mangeaient habituellement quatre représentants du peuple, Brives, Berthelon, Antoine Bard et Viguier, surnommé le père Viguier.T ou?, les quatre y étaient. Viguier racontait ce que nous avions fait la veille, et était de mon avis : brusquer le dénoûment, culbuter le crime dans son propre gouffre. Biscarrat survint. Les représentants ne le connaissaient pas et le regardèrent. — Qui êtes- vous.'* demanda l'un d'eux. Avant qu'il eût répondu, le docteur Petit entra, déplia un papier, et dit : — Quelqu'un ici connaît-il l'écriture de Victor Hugo t — Moi , dit Biscarrat. Il examina le papier. C'était ma proclamation à l'armée. — Il faut imprimer cela, dit Petit. — Je m'en charge, dit Biscarrat. Antoine Bard lui demanda : — Vous connaissez Victor Hugo.'^ — Il m'a sauvé la vie, répondit Biscarrat. Les représentants lui serrèrent la main.
Guilgot arriva. Puis Versigny. Versigny connaissait Biscarrat j il l'avait vu chez moi. Versigny dit : — Défiez-vous. Il y a, là dehors, à la porte, un homme. — C'est un châlier, dit Biscarrat. Il est avec moi, il me suit. — Mais, reprit Versigny, il a une blouse, et sous cette blouse, un mouchoir. Il a l'air de cacher cela, et dans ce mouchoir il y a quelque chose. — Des ■ dragées, dit Biscarrat.
C'étaient des cartouches.
Versigny et Biscarrat allèrent au Sieck; il y avait au Siècle trente ouvriers qui tous, au risque d'être fusillés, s'offrirent à imprimer ma proclamation. Biscarrat la leur laissa, et dit à Versigny : — A présent il me faut ma barricade.
Le châlier marchait derrière eux. Versigny et Biscarrat se dirigèrent vers le haut du quartier Saint-Denis. En approchant de la porte Saint-Denis, on entendait un grand murmure. Biscarrat riait et disait à Versigny : Saint-Denis se fâche. Cela va. Biscarrat, chemin faisant, recruta quarante combattants, parmi lesquels Moulins, chef de l'association des corroyeurs. Chapuis, sergent-major de la garde nationale, leur apporta quatre fusils et dix sabres. — Vous savez où il y en a d'autres.'* demanda Biscarrat. — Oui. Aux Bains Saint-Sauveur. — Ils y allèrent et y trouvèrent quarante fusils. On leur donna des sabres et des gibernes. Des « messieurs » bien mis vinrent portant des boîtes de fer-blanc où il y avait de la poudre et des balles. Des femmes, vaillamment joyeuses, firent des cartouches. A la première por:e touchant la rue du Hasard-Saint-Sauveur ils prirent dans une grande cour de serrurier des barres de fer et des marteaux. Ayant les armes, on eut les hommes. Ils furent tout de suite cent. On se mit à dépaver. Il était dix heures et demie. — Vite ! vite ! criait Georges Biscarrat. La barricade de mes rêves ! — G'était rue Thévenot. Le barrage fut fait, haut et terrible. Abrégeons. A onze heures, Georges Biscarrat avait achevé sa barricade. A midi, il y fut tué.
Les arrestations se multipliaient.
Vers midi, un commissaire de police, nommé Boudrot, se présenta au divan de la rue Le Peletier. Il était accompagné de l'agent Delahodde. Delahodde était cet écrivain socialiste traître qui, démasqué, avait dû passer de la police secrète dans la police publique. Je le connaissais, je note ce détail i en 1832, il était maître d'études dans l'école où allaient mes deux fils, enfants, et il m'avait adressé des vers. En même temps il m'espionnait. Le divan Le Peletier était le lieu de réunion de beaucoup de journalistes républicains. Delahodde les connaissait tous. Un détachement de garde républicaine occupa les issues du café. Alors se fit l'inspection de tous les habitués, Delahodde marchant devant et le commissaire derrière. Deux gardes municipaux suivaient. De temps en temps Delahodde se retournait, et disait : Empoigne^ celui-ci. Ainsi furent arrêtés une vingtaine d'écrivains, parmi lesquels Hennett de Kesler^^l Kesler était la veille à la barricade Saint-Antoine. Kesler dit à Delahodde : — Vous êtes un misérable. — Et vous un ingrat, dit Delahodde. Je vom sauve la vie. Parole singulière, car il est difficile de croire que Delahodde fût dans le secret de ce qui allait se passer dans cette fatale journée du 4.
Au siège du comité, on nous transmettait de toutes parts des indices encourageants. Testelin, représentant de Lille, n'est pas seulement un homme savant, c'est un homme vaillant. Le 3 au matin, il était arrive peu de temps après moi à la barricade Saint- Antoine, où Baudin venait d'être tué. Tout était fini de ce côté-là. Testelin était accompagné de Charles Gambon, autre homme intrépide'-'. Les deux représentants errèrent dans les rues agitées et profondes, peu suivis, point compris j cherchant une fermentation d'insurgés, et ne trouvant qu'un fourmillement de curieux. Testelin pourtant, venu au comité, nous fit part de ceci : Au coin d'une rue du faubourg Saint-Antoine, Gambon et lui avaient aperçu un rassemblement. Ils y étaient allés. Ce rassemblement lisait une affiche placardée au mur. C'était un appel aux armes signé Vi^or Hugo. Testelin demanda à Gambon : — Avez-vous un crayon.^ — Oui, dit Gambon. — Testehn prit le crayon, s'approcha de l'affiche, et écrivit son nom au-dessous du mien,
f') Mort en exil, à Guernesey. Voir A(ies et paroles. Pendant l'exil. — '-' Mort en exH, \ Termonde.
puis il rendit le crayon à Gambon qui, à son tour, écrivit son nom au-dessous du nom de Testelin. Alors la foule cria : Bravo! ce sont des bons! Criez : Vive la République! dit Testelin. Tous crièrent : Vive la République ! Et du haut des fenêtres ouvertes, ajouta Gambon, les femmes battaient des mains.
— Les petites mains des femmes applaudissant, c'est bon signe, dit Michel {de Bourges).
Comme on l'a vu, et nous ne saurions trop y insister, ce que voulait le comité de résistance, c'était d'empêcher le plus possible l'effusion du sang. Construire des barricades, les laisser détruire et les recommencer sur d'autres points, éviter l'armée et la fatiguer, faire dans Paris la guerre du désert, reculer toujours, ne céder jamais, prendre le temps pour auxiliaire, ajouter les journées aux journéesj d'une part, laisser au peuple le temps de comprendre et de se lever, d'autre part, vaincre le coup d'État par la lassitude de l'armée i tel était le plan débattu et adopté.
L'ordre était donc donné de peu défendre les barricades.
Nous disions sous toutes les formes aux combattants :
— Versez le moins de sang possible ! épargnez le sang des soldats et ménagez le vôtre.
Cependant, une fois la lutte engagée, à de certaines heures vives du combat, il devint impossible sur quelques points de modérer les courages. Plusieurs barricades furent opiniâtrement défendues, notamment rue Rambuteau, rue Montorgueil et rue Neuve-Saint-Eustache.
Ces barricades eurent de courageux chefs.
Notons ici, pour l'histoire, quelques-uns de ces vaillants hommes, silhouettes combattantes, apparues et disparues dans la fumée du combat, Radoux, architecte, Deluc, Mallarmet, Féhx Bony, Luneau, ancien capitaine de la garde républicaine, Camille Berru, rédacteur de l'A.vènement, gai, cordial et intrépide, et ce jeune Eugène Millelot, qui devait, à Cayenne, condamné à recevoir deux cents coups de corde, expirer au vingt-troisième coup sous les yeux de son père et de son frère, proscrits et déportés comme lui.
La barricade de la rue Aumaire fut de celles qu'on n'emporta pas sans résistance. Quoique élevée à la hâte, elle était assez bien construite. Quinze ou seize hommes résolus la défendaient 5 deux s'y firent tuer.
La barricade fut enlevée à la bayonnette par un bataillon du 16" de ligne. Ce bataillon, lancé sur la barricade au pas de course, y fut accueilli par une vive fusillade 5 plusieurs soldats furent blessés.
Le premier qui tomba dans les rangs de la ligne fut un officier. C'était un jeune homme de vingt-cinq ans, lieutenant de la première compagnie,
nommé Ossian Dumas ; deux balles lui brisèrent comme d'un seul coup les deux jambes.
Il y avait en ce moment-là dans l'armée deux frères du nom de Dumas, Ossian et Scipion. Scipion était l'aîné. Ils étaient parents assez proches du représentant Madier de Mont] au.
Ces deux frères étaient d'une famille honorée et pauvre. L'aîné avait passé par l'école polytechnique, le second par l'école Saint-Cyr.
Scipion Dumas était de quatre ans plus âgé que son frère. D'après cette magnifique et mystérieuse loi d'ascension que la Révolution française a créée, et qui a pour ainsi dire posé une échelle au milieu de la société jusqu'alors fatale et inaccessible, la famille de Scipion Dumas s'était imposé les plus rudes privations pour élargir en lui l'intelligence et devant lui l'avenir. Ses parents, touchant héroïsme des familles pauvres d'aujourd'hui, s'étaient refusé le pain pour lui donner la science. C'est ainsi qu'il était arrivé à l'école polytechnique. Il en devint bien vite un des premiers élèves.
Ses études faites, il fut nommé officier d'artillerie et envoyé à Metz. Alors ce fut son tour d'aider l'enfant qui montait après lui. Il tendit la main à son jeune frère. Il économisa sur sa modique paie de lieutenant d'artillerie, et, grâce à lui, Ossian put passer ses examens et entrer à Saint-Cyr.
Ossian devint officier comme Scipion. Pendant que Scipion, fixé par un emploi de son grade, restait à Metz, Ossian, incorporé dans un régiment d'infanterie, allait en Afrique. Il fit là ses premières armes.
Scipion et Ossian étaient républicains. Au mois d'octobre 1851, le 16" de ligne, où Ossian servait, fut appelé à Paris. C'était un des régiments choisis par la main ténébreuse de Louis Bonaparte et sur lesquels le coup d'État comptait.
Le 2 décembre arriva.
Le lieutenant Ossian Dumas obéit, comme presque tous ses camarades, à l'ordre de prise d'armes, mais chacun autour de lui put remarquer son attitude sombre.
La journée du 3 se passa en marches et en contremarches. Le 4 le combat s'engagea. Le 16", qui faisait partie de la brigade Herbillon, fut désigne pour enlever les barricades des rues Beaubourg, Transnonain et Aumaire.
Ce lieu de combat était redoutable^ il y avait là comme un carrefour de barricades.
C'est par la rue Aumaire, et par le bataillon dont Ossian faisait partie, que les chefs militaires résolurent de faire commencer l'action.
Au moment où le bataillon, armes chargées, allait se diriger vers la rue Aumaire, Ossian Dumas aborda son capitaine, un brave et ancien officier dont il était aimé, et lui déclara qu'il ne ferait point un pas de plus, que l'acte du 2 décembre était un crime, que Louis Bonaparte était un traître,
que c'était à eux, soldats, de tenir le serment que Bonaparte violait, et que, quant à lui, il ne prêterait pas son sabre pour regorgement de la République. Une halte s'était faite. On attendait le signal d'attaque j les deux officiers, le vieux capitaine et le jeune lieutenant, causaient à voix basse.
— Et que voulez-vous faire ? demanda le capitaine.
— Briser mon épée.
— Vous serez conduit à Vincennes.
— Cela m'est égal.
— A coup sûr destitué.
— C'est possible.
— Peut-être fusillé.
— Je m'y attends.
— Mais il n'est plus temps, il fallait donner votre démission hier.
— Il est toujours temps de ne pas commettre un crime.
Le capitaine, on le voit, n'était pas autre chose qu'un de ces braves de métier, vieillis sous le hausse-col, qui ne connaissent pas d'autre patrie que le drapeau et d'autre loi que la discipline : bras de fer et tête de bois. Ils sont soldats à tel point qu'ils ne sont plus ni citoyens ni hommes. L'honneur ne leur apparaît qu'avec des épaulettes de général. Que leur parlez-vous de devoir politique, d'obéissance aux lois, de Constitution! est-ce qu'ils connaissent cela.'' Qu'est-ce qu'une Constitution, qu'est-ce que les lois les plus saintes, à côté des trois mots qu'un caporal murmure à l'oreille d'une sentinelle ':' Prenez une balance, mettez dans un plateau l'évangile, dans l'autre la consigne. Maintenant pesez. Le caporal l'emporte. Dieu est léger.
Dieu fait partie de la consigne de la Saint-Barthélémy. — Tue'^ fout. Il reconnaîtra les siens.
Voilà ce que les prêtres acceptent et parfois glorifient.
La Saint-Barthélémy a été bénie par le pape et décorée de la médaille catholique'^-.
Cependant Ossian Dumas paraissait inébranlable. Le capitaine tenta un dernier effort.
— Vous vous perdez, lui dit-il.
— Je sauve mon honneur.
- — C'est précisément votre honneur que vous sacrifiez.
— Parce que je m'en vais.^
— S'en aller, c'est déserter.
Cette parole parut frapper Ossian Dumas. Le capitaine continua :
— On va se battre. Dans quelques minutes la barricade sera attaquée.
^'' Pro Hrigoiiotorum Hrage. Médaille frappée à Rome, 1572.
Vos camarades vont tomber morts ou blessés. Vous êtes un jeune officier, vous n'avez pas encore beaucoup vu le feu. . .
— Eh bien, interrompit vivement Ossian Dumas, je n'aurai pas combattu contre la République, on ne dira pas que je suis un traître.
— Non, mais on dira que vous êtes un poltron. Ossian ne répliqua pas.
L'instant d'après, le commandement d'attaque fut donné, le bataillon partit au pas de course. La barricade fit feu.
Ossian Dumas fut le premier qui tomba.
Il n'avait pu supporter ce mot : Poltron, et il était resté à sa place, au premier rang.
On le porta à l'ambulance et de là à l'hôpital.
Disons tout de suite la fin de cette poignante aventure.
11 avait les deux jambes brisées. Les médecins pensèrent qu'il faudrait peut-être les lui couper toutes les deux.
Le général Saint-Arnaud lui envoya la croix.
On le sait, Louis Bonaparte se hâta de se faire acquitter par les prétoriens complices. Après avoir massacré, le sabre vota.
Le combat fumait encore qu'on fit scrutiner l'armée.
La garnison de Paris vota oui. Elle s'absolvait elle-même.
Il en fut autrement du reste de l'armée. L'honneur militaire s'y indigna et y réveilla la vertu civique. Quelle que fut la pression exercée, quoiqu'on fît voter les régiments dans le schako des colonels, sur beaucoup de points de la France et de l'Algérie, l'armée vota non.
L'école polytechnique en masse vota non. Presque partout, l'artillerie, dont l'école polytechnique est le berceau, vota comme l'école.
Scipion Dumas, on s'en souvient, était à Metz.
Par je ne sais quel hasard, il se trouva que l'esprit de l'artillerie, prononcé partout ailleurs contre le coup d'État, hésitait à Metz et semblait pencher vers Bonaparte.
Scipion Dumas, en présence de cette indécision, donna l'exemple. Il vota, à haute voix et à bulletin ouvert, non.
Puis il envoya sa démission. En même temps que le ministre, à Paris, recevait cette démission signée de Scipion Dumas, Scipion Dumas, à Metz, recevait sa destitution signée par le ministre.
Après le vote de Scipion Dumas, la même pensée était venue, à la même heure, au gouvernement et à l'officier, au gouvernement que l'officier était dangereux et qu'on ne pouvait plus l'employer, à l'officier que le gouvernement était infâme et qu'on ne devait plus le servir.
La démission et la destitution se croisèrent en chemin.
lUPtllMEIVlE :<iT10NilE.
Par ce mot destitution, il faut entendre retrait d'emploi. D'après nos lois militaires actuelles, c'est de cette façon qu'on casse maintenant un officier. Retrait d'emploi, c'est-à-dire plus de service, plus de solde j la misère.
En même temps que son retrait d'emploi, Scipion Dumas apprit l'attaque de la barricade de la rue Aumaire et que son frère y avait eu les deux jambes cassées. Dans la fièvre des événements, il avait été huit jours sans nouvelles d'Ossian. Scipion s'était borné à écrire à son frère pour lui faire part de son vote et de sa démission et l'engager à en faire autant.
— Son frère blessé ! Son frère au Val-de-Grâce ! — Il partit sur-le-champ pour Paris.
Il courut à l'hôpital. On le conduisit au lit d'Ossian. Le pauvre jeune homme avait eu les deux jambes coupées la veille.
Au moment où Scipion éperdu parut près de son lit, Ossian tenait à la main la croix que le général Saint-Arnaud venait de lui envoyer.
Le blessé se tourna vers l'aide de camp qui l'avait apportée et lui dit :
— Je ne veux pas de cette croix. Sur ma poitrine, elle serait teinte du sang de la République.
Et apercevant son frère qui entrait, il lui tendit la croix en criant :
— Prends-la, toi! Tu as voté non et tu as brisé ton épée! C'est toi qui l'as méritée !