Cet aventurier mourut misérablement noyé en juin
Histoire oéMÉRALE. XI. 47
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rivière de Sou-tcheou, un corps franco-chinois agissait dans le Tche-kiang; la prise de Chao Hing (18 mars 1863) par le capitaine Dew avait préparé la pacification. Notre compatriote Tardif de Moidrey, remplaçant Protêt, avait été tué devant cette ville (19 février 1863), mais ses successeurs, les lieutenants de vaisseau Pierre d*Aiguebelle et Prosper Giquel, s*einparèrent de la capitale du Tche-kiang, la grande ville de Hang^ tcheou (21 mars 1864), et Toccupation de Hou-lcheou (28 août 1864) termina heureusement cette campagne.
Cependant Gordon avait repris du service (mars 1864); les opérations militaires furent poussées avec vigueur dans la vallée du Kiang, enfin Nan King fut attaqué : Hong-Siu-tsuen, le tien-wang, se suicidait et la grande capitale se rendait (19 juillet 1864) à Tseng Kouofan. La fameuse Tour de porcelaine avait été détruite en 1856 par Texplosion d'une poudrière. Dorénavant, les T*ai Ping sont traqués de province en province; chassés de Tchang-lcheou dans le Fou Kien (avril 1865), ils se réfugient dans les montagnes; beaucoup regagnent leur province d'origine; d'autres franchissent la frontière du Tong-King où nous les retrouverons plus tard comme Pavillons jaunes et Pavillons noirs.
Les Nien Fei. — Pendant ces dernières années de luttes, le brigandage s'élait établi en maître dans certaines provinces, et, sous le nom de rébellion, les pillards masquaient leurs déprédations : tels élaient les maraudeurs appelés Nien Fei dans le sud du Tche~li, Touest du Ghan-loung et le nord du Ho-nan.
Pour mettre un terme à leurs exploits, le gouvernement impérial les fit attaquer du côté sud par le vice-roi Tseng-Kouofan et du côté nord par le prince San-Ko-Li-tsin, le même général tarlare que nous avions mis en déroule à Pa-li-kao; mais ce dernier fut tué par les Nien Fei en mai 1865. Après avoir causé beaucoup de dégâts dans la vallée du fleuve Jaune, les rebelles furent écrasés en 1868 par Li dans le Chan-toung; des bandes de ces Nien Fei réussirent à échapper et rejoignirent les Mahométans révoltés dans le Tche-li. Li fut en conséquence dégradé à Peking; mais il n'en continua pas moins sa marche victorieuse et tous ses honneurs lui furent rendus.
Essais d'organisation militaire. — La guerre de 1860, les révoltes des Mahométans dans ]e Yun-nan, des T*ai Ping, des Nien Fei étaient une dure leçon, et il fallait songer à réorganiser tout au moins la défense de Tempire. Après la prise de Nan King, en 1864, un camp avait été établi près de Chang Haï, à Fong Hoang-chan, pour exercer les troupes chinoises à l'européenne, sous la direction d'officiers français et anglais ; mais cet efTort, purement local d'ailleurs, était insuffisant : il fallait faire grand et nous allons voir quels furent les résultats des deux essais tentés avec la flottille du commandant anglais Sbcrard-Oshorne, et Tarsenal français à Fou-tcheou.
Ftettille Sherard-Osbome. — Déjà à l'automne de 1861, rinspecleor général des douanes, II. N. Lay, dans une entrevue avec le prince Kong, avait fait remarquer l'importance qu'il y avait pour la Chioe à écraser la rébellion des T'ai Ping, et la possibilité de le faire avec une force organisée a l'européenne. Le prince entra dans ces vues, et dans une lettre du 20 octobre 1862, il donnait des instructions à M. Lay pour l'achat de vaisseaux et de canons et l'engagement des officiers anglais dans le but de créer une flotte. Rentré en Europe pour sa santé, Lay s'était occupé activement de cette affaire. Il fallait d'abord permettre aux Anglais de prendre du service chez les Chinois et pour cela abroger l'ordonnance de neutralité du 17 janvier 1855, édictée par sir John Bowring, qui interdisait sous peine d'amende ou de prison aux sujets britanniques de servir soit le gouvernement impérial, soit les rebelles. Celle difficulté fut tournée. Il fallait ensuite rétablir l'autorité impériale sur le Kiang et supprimer les pirates. Ce projet préparé par Lay (16 juin 1862), le capitaine de vaisseau Sherard-Osbome fut désigné avec la permission de son gouvernement (juillet 1862) pour organiser une force militaire et maritime pour la destruction des pirates en Chine, et reçut le 2 septembre 1862 l'autorisation de lever des hommes et d'affréter des navires pour le service de l'empereur de la Chine. Le gouvernement britannique ayant demandé i Lay de produire une autorisation écrite des Chinois pour entreprendre les achats de navires et de munitions et les enrôlements d'officiers, Lay répondit qu'elle était entre
les mains de Hart, son second, qu'elle était datée du 14 mars 1862, et que depuis cette époque, il avait reçu de Targent par l'intermédiaire des douanes chinoises, ainsi qu'une dépèche du ministère chinois des Affaires étrangères pour presser la besogne. D'ailleurs une lettre du prince Kong, du 24 octobre 1862. chargeait officiellement Lay de cette mission. Le capitaine Sherard-Osborne signait avec ce dernier (Londres, 16 janvier 1863) un contrat par lequel il devait prendre le commandement de tous les navires européens et bateaux indigènes montés par des Européens; pendant quatre ans, il devait être le seul commandant en chef européen. Lay arrivait à Peking (1" juin 1863), et trouvait le prince Kong hostile à quelques-unes de ses demandes. Osborne qui devait rester à Chang Haï, fut appelé dans la capitale; il apprit que le gouvernement central revenait à l'ancien système de confier aux autorités provinciales la défense des côtes et qu'il allait être placé sous les ordres du fou4aï du Kiang-sou. Justement désappointé, l'officier anglais (19 octobre 1863) déclare au prince Kong qu'il ne peut accepter la position qui lui est faite contrairement à l'engagement pris avec Lay et qu'il disloque la flotte qu'il a réunie. En eCTet, d'accord avec le ministre d'Angleterre, sir Frederick Bruce, Lay envoie une partie de son escadre en Angleterre, l'autre à Bombay (novembre 1863). Lay fut victime de cette aventure, car le prince Kong, jugeant qu'il avait mal mené celle affaire, qu'il avait outrepassé ses pouvoirs, peut-être aussi que ses prétentions étaient singulièrement exagérées, le révoqua de sa haute position (15 novembre 1863).
Origine des douanes. — Sir Robert Hart. — L'origine des douanes remonte à l'occupation de Chang Haï par les T'ai Ping (7 sept. 1853). La difficulté d'assurer la perception régulière des droits d'entrée obligea les consuls de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis à faire un arrangement avec le Tao Taï par lequel trois fonctionnaires étrangers les représentant ^ présideraient au paiement des droits pour le compte du gouvernement chinois. Cet état de choses commença le 12 juil*
1. Ce furent Thomas Francis Wade pour les Anglais, L. Garr pour les Américains et Arthur Smith pour les Français.
let 1854 et le nouveau syslème parut tellement satisfaisant aux Chinois que lorsque la ville indigène fut à nouveau occupée par les troupes impériales, ils prièrent M. Horatio Nelson Lay, qui avait représenté le consul d'Angleterre à ]a place de Wade, de devenir inspecteur permanent des douanes de Chang Haï; ce petit service fut ensuite étendu aux autres ports et nous allons voir quelle importance énorme il a pris depuis lors.
Nous avons dit qu*à la suite de Taffaire de la flottille Sherard- Osborne, M. Lay avait perdu sa place; il fut remplacé dans la haute position d'inspecteur général des Douanes maritimes impériales par Sir Robert Hart (nov. 1863), qui depuis lors a donné un développement considérable au service qui lui était confié et a certainement été le conseiller étranger le plus écouté à Peking, ou il joue depuis trente-cinq ans un rôle prépondérant. Robert Uart, né en février 1835, entra dans le service consulaire anglais en Chine (1854), secrétaire de la commission des alliés à Canton (1858), il passa en 1859 dans les douanes chinoises en qualité de député-commissaire; successeur de Lay (1863), il fut nommé ministre d'Angleterre à Peking, à la mort de Sir Uarry Parkes; mais il donna sa démission, et fut fait baronnet en 1893.
Organisation des douanes. — Les douanes comprennent (1«' juillet 1895) un chiffre total de 4 206 employés, dont 735 étrangers et 3 471 indigènes, répartis dans trois départements : 1** Revenue Department, 3 062 Chinois et 647 étrangers, dont 205 pour Tadministration intérieure {In-door Staff), 403 pour le service extérieur {Out-door Staff), 39 pour le littoral; 2° Marine Department, 408 Chinois et 82 étrangers, dont
4 pour le bureau de l'ingénieur en chef et son suppléant {Engineers' Staff), 13 pour le service des ports et 65 pour celui des phares ; 3*" Educational Department, 6 étrangers et 1 Chinois pour les deux collèges (Tong Wên Kouan) de Peking et de Canton. Au-dessous de Tinspecteur général (désigné d'une façon populaire sous le nom de L G.) viennent les commissaires (au 1*"' juillet 1895, ils étaient 29, dont 16 sujets britanniques,
5 américains, 4 allemands, 3 français, 1 hongrois), les deptity commi$sionnei*s (14), les chief assistants (3), les assistants de
1'* (20), 2« (23), S'' (56), 4« classe (27), les clerks (19) et les employés divers (13), en tout 205 fonctionnaires. On compte 23 médecins ou chirurgiens. Le service de la côte comprend les cinq commandants, dont trois anglais, un danois (le plus ancien), un norvégien (le plus nouveau), des vapeurs Ping- Ching, Fei-Hoo^ Chuen-Tiao, K ai-Pan et Li-Kin. Les deux collèges ont un enseignement ainsi composé (nous mettons entre parenthèses la nationalité des professeurs) : président, C. H. Oliver (Anglais). Peking : droit internationaux); chimie (Allemand) ; physique (Anglais) ; astronomie (Anglais) ; français (Français); anglais (Anglais); imsse (Russe); allemand (Allemand); anatomie et physiologie (Anglais). Canton : anglais (1 Anglais, 1 Chinois). — Les douanes impriment i leur déparlement spécial de Chang Haï quatre séries de publications : 1" Statistical Séries; 2^ Spécial Séries; 3° Miscellaneous Séries ; 4* Service séries. Ces documents numérotés sont dressés et classés avec le plus grand soin. La deuxième série spéciale renferme des mémoires étendus sur la médecine, la soie, Topium, la musique chinoise» etc. Les mélanges, 3'' série, fournissent des catalogues des expositions de Vienne (1873), de Philadelphie (1876), de Paris (1878), de Berlin (1880, pisciculture), des listes des phares, etc. Les douanes ont des agents dans tous les endroits, ports maritimes et fluviaux, ouverts aq commerce étranger. Leur service est assuré, outre les cinq vapeurs désignés plus haut, dont l'un est a Chang Haï, un autre à Amoy, et les trois derniers à Kaoloun,^par trois croiseurs, cinq barques et un ponton d^entrainement. Les douanes, dont rinspectorat général est, comme nous l'avons dit, à Peking, possèdent à Chang Haï un bureau de statistique avec une imprimerie, et sont représentées en Europe, à Londres, par un secrétariat dont le chef a rang de commissaire.
Arsenal de Fou-tcheou. — Nous ne rencontrâmes pas les difficultés des Anglais. Le corps franco-chinois qui avait aidé si largement à réprimer la rébellion des T'ai Ping, dans le Tche-Kiang, était commandé par deux officiers distingués de la marine française, d'Aiguebelle et Giquel. Ces derniers furent chargés par Tso-Tsong-tang, vice-roi du Fou-Kien, de
créer sur la rivière Min, entre Fou-tcheou et la mer, un établissement où pourraient être fabriqués les armes, et tout ce qui est nécessaire à la marine et à Tarmée. C'est ainsi que fut installé en 1867 Tarsenal dit de Fou-tcheou, qui, tout en ayant cessé, depuis le 16 février 1814, d*ètre dirigé direc* tement par les Européens, continue néanmoins à rendre de grands services ;. l'éducation des jeunes gens attachés à Tarsenal et destinés à devenir des ingénieurs ou des officiers de marine est complétée en Europe par des missions d'inslruclion, qui, dirigées d'abord par Prosper Giquel et Li Fong-pao (1876), Font été ensuite par L. Dunoyer de Segonzac et Tche Meou-ki, puis par Wou Ta-jen. Les jeunes gens, répartis soit sur les navires de la marine anglaise, soit dans les usines du Greusot ou de Saint-Chamond, dans les écoles du génie maritime, de maistrance, des arts et métiers, des mines, etc., retournent dans leur pays après un séjour de trois ou quatre ans en Europe, parfaitement instruits dans les sciences européennes.
Ports du Yang-tse. — « L'aclivité du prince Kong se signalait non seulement par des campagnes contre les rebelles, mais aussi par l'exécution des promesses faites aux ministres étrangers. Il fut décidé entre M. Bruce et le prince Kong, que le Yang- Ise serait ouvert au commerce étranger par un arrangement provisoire, à la suite duquel lord Elgin (20 janvier 1861) pria le vice-amiral sir James Hope de l'aider à conclure une convention avec les rebelles de Nan King et à installer à Kiu Kiang et à Han Keou les consuls désignés par M. Bruce. Parkes devait accompagner l'amiral. En conséquence, Hope et Parkes remon* taient le Kiang sur le Coromandelj accompagné de plusieurs autres navires de guerre, installaient un consul à Tchen-Kiang, arrivaient a Nan King (20 février 1861), où ils se mettaient en relations avec les T'ai Ping, puis continuaient leur route, laissaient à Kiu Kiang W. Raymond Gingell comme consul, et parvenaient à Han-Keou (11 mars 1861) visité jadis par lord Elgin sur le Furious. P. J. Hughes restait comme consul et l'amiral remontait le Kiang jusqu'au lac Toung-ting, à Yo-tcheou, où il rencontrait une mission anglaise qui cherchait une route
par le Tibet entre la Chine et les Indes anglaises. L'amiral flope était de retour à Chang Haï, le 30 mars 1861. Quelques jours auparavant, Harry Parkes, autorisé par Tamiral, avait déclaré (9 mars) le Kiang ouvert entre Tchen Kiang et Haa Keou et publié les règlements qui devaient régir le commerce anglais sur le fleuve. D autre part, la Chambre anglaise de commerce de Chang Haï envoyait une mission, pour étudier les ports du Yang-lse au point de vue commercial. Une mission semblable, envoyée de nouveau en 1869, remonta jusqu'au Se-tchouan. Han Keou, dans la province de Hou-pe, est situé sur la rive gauche de la rivière Han, Tune des plus considérables de Chine, à son confluent avec le Kiang; sur l'autre rive du Kiang se trouve la ville de Hang-yang; en face, sur la rive droite du Kiang, se trouve la grande capitale provinciale de Wou-lchang. L'agglomération formée par ces trois villes est une des plus considérables de Tempire, et les Russes y font un commerce des plus importants de thé en briques. On comprendra le grand intérêt de ce port pour nous, lorsqu*on saura que la station du chemin de fer fr*anco-belge qui doit le relier à Peking se trouvera sur la concession française : c*est dire que les Anglais sont loin d'ùlrc les principaux intéressés, comme ils en font courir le bruit, dans la vallée du Yang-tse. Kiu Kiang est situé sur le bord du Yang-tse près du lac Poyang. C*est le port le plus rapproché de la manufacture impériale de porcelaine de King-te-tchin. Enfin, Tchen Kiang, également sur la rive droite du fleuve, au confluent du canal impérial, occupe une excellente position dans la province du Kiang-sou, dont la capitale, Nan King, qui devait être ouverte au commerce étranger, par le traité français de commerce de Tientsin (1858), occupée par les T ai Ping, resta fermée. En revanche, Canton fut complètement évacué par les alliés le 21 octobre 1861, après trois ans et dix mois d'occupation. La remise de la ville fut faite en grande cérémonie au vice-roi Lao Tsoung Kouang par le commandant Coupvent des Bois pour les Français, et le capitaine Borlase pour les Anglais. Le consul français fut laissé dans le yameix du Trésor, celui des Anglais dans le yamen des commissaires alliés. Au mois de
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juillet 1865, les dernières troupes étrangères étaient retirées de Takou et de Chang Uaï.
Les Américains en Chine. — Deux puissances avaient suivi avec le plus vif intérêt les événements de 1858 et de 1860 : c'étaient les Russes, dont nous parlerons ci-dessous, et les États-Unis, représentés par leurs ministres William R. Reed, puis John E. Ward. Les Etats-Unis avaient signé à Tien-tsin, le 18 juin 1858, par Tintermédiaire du premier, un traité; ce traité fut complété par des articles additionnels à Washington, le 28 juillet 1868, ratifiés à Pcking, le 23 novembre 1869. Les Américains, depuis la fin du siècle dernier, avaient en Chine des intérêts commerciaux considérables; le pavillon des Russeli, des Herd, des Oliphant fit longtemps concurrence à ceux des Dent et des Jardine, et dans le commerce des thés et des colonnades, Boston, New- York et Baltimore, plus tard San Francisco, furent de redoutables rivales pour Londres et Manchester.
Autres traités. — Comme après le traité de Nan King de 18i2, les traités de Tient-sin de 1858 et les conventions de Peking de 1860, les nations étrangères se hâtèrent de profiter des avantages cédés à la France et à TAnglcterre, en signant de leur côté des traités particuliers. Le roi de Prusse, au nom du ZoUverein , des grands-duchés de Mecklembourg- Schwerin etdeMccklembourg-Strelilz, et des Villes hanséatiques, envoyait dans TAsie orientale (1859-1862) une expédition dont un des actes principaux fut la signature, par le comte d*Eulenboui^, d*un traité à Tien-tsin (2 septembre 1861), ratifié à Chang Haï le 14 janvier 1863. Le gouverneur général de Macao, Isidoro Francisco Guimaraës, signait un traité le 13 août 1862 à Tien-tsin, dont la ratification fut refusée par le gouvernement chinois, par suite de la clause relative à Macao, diversement interprétée dans les textes portugais et chinois. Le traité danois, signé par Waldemar Rudolph de Raasloff, est de Tien-tsin, (13 juillet 1863), ratifié à Chang Haï le 29 juillet 1864. Le traité espagnol, négocié par don Sinibaldo de Mas, à Tien-tsin (10 octobre 1864), a été ratifié par la reine d'Espagne le 14 mai 1866, et les ratifications ont été échangées à Tien-tsin le 10 mai 1867.
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Le traité hollandais, négocié par J. des Amorie vaa der Hoeven, a été signé à Tien-tsin le 6 octobre 1863. Le traité belge, négocié par Auguste T*Kint, signé à Peking le 2 novembre 1865, a été raliné à Chang Haï le 27 octobre 1866. Le traité italien négocié par le capitaine de frégate Vittorio Arminjon, signé le 26 octobre 1866, à Peking, a été ratiQé à Chang Haï le 12 novembre 1867. L'Autriche, qui avait déjà visité les mers de TAsie orientale, lors de la circumnavigation de la fré^te Novara (30 avril 1857-26-août 1859), envoyait une nouvelle mission en Chine en 1869, à la tète de laquelle était placé le contre-amiral baron de Pelz, qui concluait un traité à Peking^ le 2 septembre 1869, ratifié à Chang Haï le 27 novembre 1871 . Il faut ajouter que dans ces derniers traités, beaucoup des clauses du traité danois, admirablement rédigé, faisaient précédent et étaient adoptées.
La Chine libre. — (ianton évacué, la rébellion des T'ai Ping écrasée, la régence fermement établie, la Chine allait reprendre possession d'elle-même. Pour mieux marquer qu'une ère nouvelle commençait pour cet empire, les diplomates de 1860 qui ^étaient restés comme ministres plénipotentiaires à Peking étaient déplacés (1865). M. de Bourboulon rentrait en France, laissant M. de Bellonet comme chargé d'affaires; Sir Frederick William Adolphus Bruce cédait la place à son collègue du Japon Rutherford Alcock (28 mars et 7 avril 1865), et était nommé à Washington (1*' mars 1865). Qu'allait faire la Chine? Le prince Kong paraissait animé des meilleures intentions. La fondation de rUniversilé de Peking, Tong Wen Kouan (1867), par sir Robert Hart, semblait indiquer le désir chez les Chinois d'acquérir la connaissance de nos sciences et de notre littérature, pendant que leurs armements annonçaient leur intention de transformer leur système militaire. Cependant, il était difficile de faire comprendre aux autorités provinciales le mouvement considérable et irrésistible qui avait amené l'intervention des étrangers en Chine et l'installation définitive de légations à Peking. Des attaques contre les Européens, comme l'affaire de la mission protestante de Yang-tcheou (1868), montraient que le gouvernement chinois ne se rendait pas encore compte de la situation.
Convention Alooek. — L'article 27 du traité de Tien-tsin du 26 juin 1858, portait que Tune des deux parties contractantes pourrait demander au bout de dix ans une nouvelle revision du arif et des articles relatifs au commerce; en conséquence Sir Rutherford Alcock, ministre d'Angleterre, le prince Kong, Wen Siang et autres fonctionnaires désignés, signèrent à Peking le 24 octobre 1869 une convention supplémentaire en seize articles. Wen-lcheou,. dans le Tche-kiang, et Wou-hou, dans le Nganboueiy devaient être ouverts au commerce britannique; en revanche on renonçait à Fouverture de Kioung-lcheou dans TUe de Haïnan; la Chine était libre de nommer des consuls dans les porls appartenant à la Grande-Bretagne. La plupart des autres articles étaient relatifs aux droits de différentes sortes. Cette convention ne donnait nullement satisfaction aux revendications du commerce anglais en Chine; aussi fut-elle vivement critiquée, et devant la pression exercée sur lui par Topinion publique, le gouvernement anglais se refusa à ratifier la convention de Sir Rutherford Alcock; c'était un échec dont ce diplomate ne se releva pas, et deux ans plus tard (juillet 1871) il donnait sa démission de ministre ; sa carrière au Japon avait été plus heureuse.
Mission Burllngame. — A Tinstigation de sir Robert Hart, désireux de faire connaître aux puissances occidentales les idées libérales qui prédominaient, disait-on, dans le nouveau gouvernement chinois, celui-ci eut l'idée d'envoyer aux Etats- Unis et en Europe une mission spéciale, et mit à sa tète Anson Burlingame, ministre des États-Unis depuis le 14 juin 1861. Homme disert plus que politique habile, Burlingame accepta la mission qui lui était confiée, et donna sa démission de ministre le 21 novembre 1867. On lui adjoignit comme secrétaires MM. J. Mac Leavy Brown (Anglais) et de Champs (Français) et deux délégués chinois, Soun et Tchi (1868). Burlingame se rendit d'abord aux États-Unis, où, avec William H. Seward, secrétaire d*Etat, il signa les articles additionnels de Washington (28 juillet 1868) et où il prononça, avec la plus rare éloquence, une série de discours, dans lesquels il représentait < la croix brillant sur toutes les montagnes » de Tempire du Milieu.
Venu successivement à Londres, Paris, Berlin, où il reçut un accueil moins enlhousiasle qu*à Washington, il mourut à Sainl- Pétersbourg, au moment où la nouvelle d'une affreuse catastrophe venait apporter le plus atroce démenti à sa théorie d'une Chine libérale : le massacre de Tien-tsin.
Massacre de Tien-tsin. — Le ministre de Franco, comte Lallemand, avait quitté le 6 novembre i868 le poste qu*il occupait depuis mai 1867, laissant la gérance de la légation au comte Julien de Rochechouart. Les persécutions contre les missionnaires recommençaient dans les provinces, le parti anti-européen relevait la tèle, et un certain Tcheng Ko-jui fomentait de savantes intrigues qui avaient pour but Texpulsion des étrangers, et dont le résultat se fit bientôt cruellement sentir. Le 21 juin 1870, le consul de France à Tien-tsin, M. de Fontanier; le chancelier du consulat, M. Simon; Tinterprëte de la légation de France, M. Thomassin et sa femme; un prêtre lazariste, Tabbé Chevrier; un négociant français, M. Chalmaison, et sa femme; trois Busses, Barov, Protopov et sa femme, et neuf sœurs de Saint-Vincent de Paul, dont quatre Françaises, deux Belges, deux Italiennes, une Irlandaise; en tout vingt étrangers étaient massacrés de la façon la plus barbare à Tien-tsin. La cathédrale catholique était incendiée. Les assassins avaient profité de Tabsence de tout bâtiment européen dans le Pei-ho et ils se préparaient à envahir les concessions étrangères pour continuer leurs massacres, lorsqu*ils s*arrêtërent devant Taltitude énergique des résidents étrangers. Qui sait quelle influence aurait pu avoir cette terrible catastrophe sur les événements qui amenèrent la rupture entre la France et la Prusse en 1870? Mais le télégraphe n'allait pas encore plus loin que Singapore et la nouvelle n'arriva en Europe que plus tard.
//• — Russie et Chine.
Ambassades russes. — Le traité de Nertchinsk*, du 29 août 1689, avait rejeté les Busses hors du bassin du He-loung-
i. Voir ci-dessus, l. VI, p. 920-922.