‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 115 sur 190 · Voir ci-dessus, t. X, p · texte numérisé non relu

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capitaine Henri Burney ; celui-ci, plus heureux que son prédécesseur Crawfurd, réussit à signer le 20 juin 1826, un traité en quatorze articles, ayant un caractère plutôt politique, mais auquel Burney réussit à faire ajouter un arrangement commercial en six arlicles. A leur tour, les États-Unis d'Amérique, par Tinter médiaire de Mr. Edmund Boberts, concluaient un traité d'amitié et de commerce, le 20 mars 1833 (dix articles), ratifié par le roi le 14 avril 1836. Le 9 août 1850, Sir James Brooke, à bord du Sphinx et du vaisseau de la Compagnie des Indes, Nemésis^ arrivait à la barre du Meï-Nam; il échoua dans des négociations dont le but n*a pas é(é rendu public et qu'il rompit le 28 septembre 1850. Nouvel insuccès, la même année, pour M. Ballestier, qui venait au nom des Etats-Unis réclamer contre les traitements auxquels étaient soumis ses concitoyens au Siam et conclure un nouveau traité.

Le roi Mongkut. — Cependant Phra-Châo-Prasat-Thong mourait le 3 avril 1851, et malgré les efforts de ses fils, son frère Chào-Pha (né le 18 octobre 1808), qu'il avait dépossédé en 1825, prit possession du trône sous le titre de Somdet-Phra- Paramander-Maha- Mongkut. Les revendications étrangères allaient se produire plus actives que jamais. Sir John Bowring était envoyé de Hongkong à Bangkok en 1855 et il réussissait non sans peine à signer un traité d'amitié et de commerce en douze articles, le 18 avril 1855, ratifié à Bangkok le 5 avril 1856. Ce traité était suivi de six règlements pour régir le commerce anglais au Siam et d'un tarif. Harry S. Parkes, qui apportait la ratification de la reine d'Angleterre, conclut sur la demande de lord Clarendon, une convention complémentaire de commerce, le 13 mai 1856, pour bien préciser les articles conservés ou abrogés dans le traité Burney de 1826. — Townsend Harris, consul général pour les Etats-Unis au Japon, concluait au nom de son gouvernement un traité d'amitié, de commerce et de navigation, calqué pour la plus grande partie sur le traité anglais de 1855 (11 arlicles; Bangkok, 29 mai 1856; ratifié à Bangkok le 15 juin 1857). Cependant, la France, avec ses grands intérêts dans l'Extrême-Orient, ne pouvait rester spectatrice indifférente. Notre consul à Chang Haï, M. de Montigny, chargé

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de mission, signait à Bangkok, le 15 août 1856, un trailé d*amitié, de commerce et de navigation en vingt-quatre articles, suivi de quatre règlements et d*un tarif; le traité fut ratifié à Bangkok le 24 août 1857. Malheureusement notre agent eut rimprudence de faire savoir qu'il se rendait au Cambodge pour signer un traité analogue, il eut Timprudence encore plus grande de prendre à son bord un ministre siamois pour se rendre à Kampot; bien reçu à Kampot, M. de Montigny, grâce aux intrigues siamoises, ne put obtenir de traité du faible roi Ang-Duong, qui avait cependant le désir de se placer sous notre protectorat. — Le consul de Danemark à Singapore, John Jarvie, signait à Bangkok le 21 mai 1858, un traité en anglais avec une traduction siamoise en vingt-cinq articles, suivi de six règlements et d*un tarif, ratifié dans la même ville le 15 septembre 1859. — Le comte d'Eulenburg, envoyé extraordinaire

et ministre plénipotentiaire de Prusse, des autres Etats du Zollverein allemand, et des grands-duchés de Mecklembourg- Schwerin et de Mecklembourg-Strelitz, signait aussi un traité d*amilié, de commerce et de navigation, en allemand, anglais et siamois, le 1 février 1862; il comprenait vingt-cinq articles, et était suivi de règlements commerciaux et d'un tarif (ratifié à Bangkok le 23 mai 1864).

Protectorat de la France sur le Cambodge ^ — Le roi Ang-Duong était mort à Oudong en 1859, et son fils aîné Prea-Ang-vodey ou Prea-Ang-Chrelang, né de Neac-Menéang- Pen, à Angcor-Borey en 1835, fut couronné en 1860; c'est le roi connu sous le nom de Norodom P' (Som-Dach Pra Noroildam Prom Boreraksa Pra-Maha-Abbarach). Il eut d'abord à lutter contre son jeune frère Votha, et se rendit en janvier 1862 à la cour de Siam pour demander appui. La conquête de la Basse-Cochinchine par les Français enlevait toute influence aux Annamites, et les Siamois étaient en réalité maîtres du Cambodge. Déjà le 24 mars 1861, lamiral Charncr, après avoir dégagé Saigon, avait envoyé à Kampot laviso le Norzagaray, commandé par le lieutenant de vaisseau Lespès. En sep-

1. Depuis le trailé de 1856 jusqu'en 1860 la France a été représentée à Bangkok par les consuls de Coslelnau, Zanole, Aubaret, Gorsse et Oillon.

tembre 1862, Tamiral Bonard, gouverneur général de la Cochinchine, rendit visite à Norodom et s'aperçut sans peine de l'influence de lagent siamois à la cour. En juillet 1863, le nouveau gouverneur général de la Cochinchine, le contre-amiral La Grandière, se rendait à Ou-dong pour presser le roi de se mettre sous le protectorat de la France. Norodom hésitait, par crainte des Siamois ; l'énergique commandant Doudarl de Lagrée eut raison de ces tergiversations, et grâce à cet officier distingué, le 11 août 1863, un traité d*amitié et de commerce était conclu à Ou-dong entre le roi du Cambodge Pra-Maha-Abbaracli (Norodom) et la France, représentée par le contre-amiral La Grandière, gouverneur et commandant en chef en Cochinchine. Il se composait de dix-huit articles dont les principales clauses étaient : que la France accordait sa protection au Cambodge ; qu'elle nommait un résident ou consul auprès du roi du Cambodge, qui serait chargé, sous la haute autorité du gouverneur de la Cochinchine, de veiller à la stricte exécution des lettres de protection ; pleine liberté pour les Français au Cambodge, liberté du culte catholique, etc.; donation d'un terrain aux Quatre-Bras pour construire un fort, établir un dépôt de charbon et des magasins d'approvisionnement pour les navires français. Ce traité a été ratifié à Ou-dong le 14 avril 1864.

Agissements des Siamois. — Par leurs intrigues aussi bien que par les armes, les Siamois avaient su augmenter considérablement leur zone d'influence; dans le Laos, ils avaient formé, de l'ancien royaume de Yieng-Chan, les trois petits Etats protégés de Luang-Prabang, de Vîeng-Chan et de Bassac. Le Cambodge se vit à son tour successivement privé ; en 1794, des provinces de Battambang et d'Ângkor; en 1814, de celles de Toiilé-Repou , de Saac et de Stung-Treng; en 1847, de celles de Stung-Por et de Molu-Prey. Aussi les Siamois voyaient-ils d'un très mauvais œil notre influence, substituée à celle de l'Annam, arrêter leurs entreprises contre le royaume Khmer. Cependant Norodom, toujours faible, malgré ses engagements avec la France, signait un traité avec le Siam le 1" décembre 1863, ratifié en janvier 1864, qui restait secret pendant quelques mois, et dont les tendances étaient clairement indiquées

dans une noie remise par la cour de Bangkok, le 3 juin 1864, au couronnement du roi du Cambodge, en présence du capitaine de vaisseau Desmoulins, chef d'état-major de lamiral La Grandière : le Siam réservait ses droits à la suzeraineté du Cambodge et à la possession des provinces de Batlambang et d'Angkor, et du Laos jusqu'au Grand-Fleuve. Les difficultés avec le Siam ne furent aplanies qu'en 1867.

Traité de 1867. — Une ambassade siamoise à la tète de laquelle se trouvait Phya-Sura-Wong-Way-Waddhn, qui était déjà venu en France en 1861, lors d'une première ambassade, fut reçue par Napoléon III, le 12 mai 1867 ; deux mois plus tard, les ambassadeurs siamois signaient un traité avec la France.

Le traité en français et en siamois signé à Paris le 15 juillet 1867 par le marquis de Mouslier, secrétaire d'Etat au département des Affaires étrangères, pour la France, et par Phya-Surawongs-Way-Wat et Phra*Kaxa-Sena pour le Siam, règle, < définitivement et d'un commun accord, la position faite au royaume du Cambodge par suite du traité conclu à Ou-dong, entre la France et ce royaume, le 11 août 1863 (vingt-septième jour de la lune Assach de l'année Cor 1225) »; le roi de Siam reconnaît notre protectorat sur le Cambodge, déclare nul le traité qu'il a conclu avec cette puissance en décembre 1863, renonce à recevoir tout tribut de la part du Cambodge que la France s'engage à ne pas annexer à ses possessions de Cochinchine; les provinces de Battambang et d'Angkor (Nakhon- Siemrap) resteront au royaume de Siam. Les autres clauses de ce traité en neuf articles règlent les relations entre Siamois et Cambodgiens, etc.

En cédant Battambang et Angkor, nous commettions une faute grave, qui n'a pas été réparée jusqu'ici. M. du Chesne de Bellecourt, consul général, envoyé en mission extraordinaire auprès du roi de Siam, quittait la France le 19 septembre pour se rendre à Saigon, et de là, sur la canonnière V Alarme ^ à Bangkok, où eut lieu le 24 novembre l'échange des ratifications du traité du 15 juillet.

Missions catholiques au Siam et au Cambodge. — Le premier vicaire apostolique du Siam fut Louis Laneau, de

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Chartres, /évêque de Metellopolis (1674-1696), des Missions Etrangères de Paris. En 1841, la Malaisie étant détachée du Siam, M**^ Hilaire Courvezy, évêque de Bida, fut chargé du nouveau vicariat, et le Siam fut confié à Jean-Baptiste Pallegoix, de Dijon, évêque de Mallos, auteur de travaux extrêmement remarquables sur la langue thaï. Ce prélat, mort le 18 juin 1862, a eu pour successeurs Ferdinand-Aimé-Augustin-Joseph Dupond, d'Arras, évoque d'Azoth (1864-1872) et M^ Jean-Louis Vey, du Puy, évêque de Geraza (1875).

Le vicariat apostolique du Cambodge a été formé en 1850 aux dépens de la Cochinchine occidentale, et appartient également au séminaire des Missions Etrangères de Paris. Son premier administrateur fut Jean-Claude Miche, évêque de Dansara, qui mourut à Saigon le 1*' décembre 1873. Ce vicariat apostolique embrasse également les deux provinces de la Cochinchine française de Ha-tien et de Chaudoc, et diverses tribus laotiennes. L*abbé Louis Aussoleil, du diocèse de Tulle, qui remplaça M^ Miche comme supérieur de la mission» revint en France en 1875; ce dernier a été définitivement remplacé comme supérieur par Marie-Laurent-François- Xavier Cordier, qui, supérieur de la mission de 1875 à 1882, a été, le 6 janvier 1883, sacré évêque de Gratianopolis.

Missions protestantes. — Elles sont représentées au Siam par V American Baptist Missionanj Union dont la mission a été fondée en 1833 parle Rev. J. Lalor Jones (f septembre 1851), par le Board of Foreign Missions of Ihe Presbt/terian Church in Ihe United States dont la mission a été établie en mars 1840 par le Rev. W. P. Buell, et par la Siamese Mission, Il existait jadis une American Missionary Association établie en 1850 par le docteur Bradley, qui fît un premier voyage au Siam en 1835.

Le roi Chulalong-Kom. — Le roi Mongkut étant mort le 1" octobre 1868, eut pour successeur son fils Somdetch-Phra- Paramendr-Maha-Chulalong-Korn, né à Bangkok le 27 septembre 1853, marié à la princesse Sawang Waddhana, née le 10 septembre 1862. C'est le cinquième souverain de la dynastie actuelle; il règne encore aujourd'hui. La régence du royaume fut exercée par Phya Suriawongse.

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