‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 123 sur 190 · III. — Les grandes batailles sous Met · texte numérisé non relu

III. — Les grandes batailles sous Met

Bomy. — Sous Timpression du double désastre de Frœschwiller et de Forbach, le gros de Tarmée du Rhin se rejeta sur Metz. L'empereur, hésitant, perplexe, ne savait que faire. Il dut s'incliner devant l'opinion frémissante. Le ministère Ollivier était tombé, et l'impératrice-régente avait confié la présidence du nouveau cabinet au général Gousin-Montauban, comte de Palikao, qui s'était révélé durant l'expédition de Chine en 1860 comme un très bon organisateur, septuagénaire, il est vrai, mais vif, ardent, fertile en projets, convaincu qu'il allait par sa fiévreuse activité sauver à la fois la France et l'empire. La Chambre se déclarait en permanence, malgré Napoléon qui l'accusait de violer la Constitution et de revenir aux temps où les représentants du peuple conduisaient les armées. Â la prière de la régente, Le Bœuf se sacrifiait, et, tout en se plaignant de l'injustice des hommes, donnait sa démission de major général. Bazaine, le plus jeune des maréchaux et le moins agréable à l'empereur, populaire par suite et regardé, vanté par l'opposition comme un grand homme de guerre, parce qu'il avait montré dans les campagnes précédentes, en Crimée, en Italie et au Mexique, une bravoure réelle et une certaine intelligence, Bazaine recevait le 12 août le commandement en chef.

Sur le conseil de Napoléon, le nouveau généralissime résolut de gagner Verdun et Châlons. Le 14 août, le mouvement commençait et, à l'exception d'une division du 4* corps, du 3* corps tout entier et de la garde impériale, l'armée avait franchi la Moselle.

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Mais Moltke avait deviné le dessein des Français et décidé de les refouler sur Metz en leur coupant la roule de Verdun : pendant que Tarmée de Steinmetz restait en observation sur la rive droite de la Moselle, Tarmée de Frédéric-Charles passerait la rivière à Novéant et à Ponl-à-Mousson sur les ponts que notre état-major avait négligé de détruire.

Son plan fut secondé par Theureuse témérité de ses lieutenants. Dans l'après-midi du 14 août, comme i Frœschwiller et à Forbach, un des généraux de Tavant-garde de Steinmetz, le général-major von der Goltz, convaincu de la retraite des Français et comprenant qu'il fallait les retenir encore, attaquait de son chef l'adversaire, et, appuyé par ses voisins, secouru par le I" corps de Manteuffel et par le VIP corps de Zastrow, il suscitait la bataille de Borny ou de Colombey-Nouilly.

Bazaine revint sur ses pas pour tirailler et canonner durant cinq heures. Ses solides bataillons luttèrent avec la plus grande vaillance. Mais la supériorité de l'artillerie allemande se manifesta de nouveau : lorsque Ladmirault menaça de déborder Manteuffel et le rejeta de Mey sur Nouilly, 90 pièces postées à Noisseville, à Servigny, à Poixe, arrêtèrent le mouvement tournant des Français. Au soir, une partie de l'infanterie prussienne se débandait dans le ravin de Lauvallier; l'autre emporta Mey, Vantoux, Grigy, le bois de Borny. Le combat, confus, incertain, que Bazaine aurait dû soit refuser, soit pousser à fond, fut, en définitive, glorieux pour l'armée du Rhin, mais retarda sa retraite.

Le 15 août, elle arrivait en majeure partie sur les plateaux de la rive gauche. Mais au lieu de s'engager sur les trois voies qui conduisent de Metz à Verdun, la première par Mars-la-Tour, la deuxième par Etain, la troisième, plus au nord, par Briey, elle eut ordre de ne prendre que la route de Mars-la-Tour et celle d'Etain. Un encombrement effroyable se produisit parce qu'avant de déboucher dans la plaine de Gravelotte d'où se détachaient les deux chemins, il fallut suivre une seule voie, celle qui, au sortir de Metz, traverse Longeville et Moulins. Aussi, aucun des corps n'était-il au soir du 15 août sur l'emplacement que Bazaine lui avait assigné, et deux divisions,

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