CHAPITRE XIII
/. — Le centralisme libéral.
Le Reichsrath renforcé. — Le ministre Bach ' n^avait pas eu d*ennemis plus acharnés que les magnats hongrois du parti qu'on appelait < vieux-conservateur ». Ils méprisaient en lui le parvenu, et haïssaient le révolutionnaire, — c'est-à-dire le défenseur, contre toutes les attaques, de Témancipalion des paysans; plus d'une fois déjà, l'opinion l'avait cru sacrifié à leur rancune. Après Solférino, leur heure avait sonné : le premier auquel on offrit le ministère de l'Intérieur fut un des leurs, le baron Josika; mais un Hongrois, un partisan du dualisme, un adversaire de la centralisation ne pouvait accepter ce poste : au refus de Josika, le comte Goluchowski, gouverneur de Galicie, y fut appelé. L'empereur, dans le manifeste adressé à ses peuples après Villafranca, avait officiellement con* damné la politique des dix dernières années. Des procès scandaleux révélaient au public les concussions de l'intendance militaire et les tromperies de ses fournisseurs. Un emprunt de 200 millions, émis en mars 1860, ne fut souscrit que pour 75 millions. C'étaient surtout les embarras du trésor qui ren-