‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 91 sur 190 · L'EMPIRE DU BRÉSIL · texte numérisé non relu

L'EMPIRE DU BRÉSIL

République, et en particulier d'une république fédéralive sur le modèle des Etats-Unis se soulevèrent. C'est dans les provinces de San Paolo et. de Minas Geraês que s'était produit le mouvement. Ces provinces avaient une vie politique particulièrement active : il y avait un parti républicain. Le général Caxias soumit les insurgés (1842), mais en 1848 la province de Pernambuco se souleva à son tour; ce fut une tentative vaine. L'empereur Pedro, qui était un homme doux, humanitaire, instruit et libéral, pacifia son empire par l'amnistie.

Après les insurrections, le règne de l'empereur Pedro s'est écoulé au milieu de la paix intérieure jusqu'en 1870, grâce au caractère bon et pacifique du chef de TElat. La violence n'était pas dans ses mœurs, et sans renoncer a exercer une influence sur les affaires du pays, l'empereur laissait fonctionner normalement la constitution qui le faisait régner et non pas gouverner. Le gouvernement de Pedro II symbolisait l'empire libéral. Ainsi malgré les luttes parfois violentes de deux partis opposés, l'empereur n'a jamais eu recours aux procédés usités généralement dans l'Amérique du Sud, l'état de siège et la dictature militaire. Il n'a jamais mis d'entraves à la liberté de penser et d'écrire de ses sujets, il a laissé publier des journaux républicains. II aimait à conformer sa politique à celle de l'Europe, où il se plaisait tant à voyager et dont il n*imilait que les gouvernements libéraux.

La constitution politique du Brésil a été fixée par la loi du 25 mars 1824, modifiée par les actes additionnels du 12 août 1834 et du 12 mai 1845. Le souverain porte le titre à'empereur constû luiionnel et défenseur perpétuel du Brésil) l'empereur détient le pouvoir exécutif (mais ce sont les ministres qui sont responsables); il possède le droit de grâce, convoque les Chambres dans l'intervalle des sessions; ce pouvoir et celui de sanctionner les lois constituent le pouvoir modérateur. Le pouvoir législatif appartient : 1"* à un Sénat de 58 membres nommés à vie; les princes de la famille impériale sont membres du Sénat â l'âge de vingtcinq ans; 2^ â la Chambre des députés^ composée de 122 membres élus pour quatre ans. La Chambre des députés est élue à deux degrés : les citoyens désignent les électeurSy qui nomment

les députés et présentent à Fempereur une liste de. trois candidats au Sénat, parmi lesquels le souverain choisit. La Chambre des députés a Tinitiative en matière d*inipôt, de recrutement militaire, de mise en accusation des ministres. Les deux cham^ hres coUaboi*ent à la confection des lois. La sanction impériale est indispensable pour donner force de loi aux décisions des Chambres. .

Le pouvoir judiciaire est dévolu : 1"^ à des juges de paix élus par le peuple dans chaque paroisse et chargés de la conciliation ; 2^ à des juges qui appliquent la loi, à des jurés qui se prononcent sur le fait. La liberté individuelle, la liberté de conscience, rinviolabilité des propriétés sont garanties par la constitution. L'enseignement public est gratuit. L'esclavage est toléré, mais n'est pas reconnu par la constitution.

Les provinces ont à leur tète un président nommé par le pouvoir central et qui fait exécuter les décisions de l'assemblée provinciale. Au-dessous des provinces sont les paroisses, subdivisées en districts. Les conseils municipaux administrent les flnances et assurent la police dans les territoires qui dépendent de la paroisse.

Chaque province a sa recette particulière, qu'elle gère à son gré. En réalité, le Brésil a trouvé un régime qui combine le fédéralisme des États-Unis avec la forme de la monarchie constitutionnelle.

L'ère des grandes luttes parlementaires (1862- 1870). — L'impossibilité d'une entente entre les partis conservateurs et libéraux déchaînés et l'empereur amena la dissolution des Chambres (12 mai 1863). Les conservateurs, durant la précédente législature, avaient été acharnés contre le ministère; dans les pays, l'union se fit contre les conservateurs. Cette coalition (les ligueiros) triompha le 8 septembre des conservateurs presque complètement écrasés. Les libéraux abandonnèrent après la victoire le ministère Olinda, qu'ils avaient soutenu dans la lutte électorale (janvier 1864). Zaccarias de Goês et Yasconcellos essayèrent de faire un cabinet de conciliation représentant tous les partis; ils ne surent satisfaire personne et passèrent la main à Furtado, qui fît réussir une combinaison plus libérale. Ce

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