‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 106 sur 203 · L'INDO-CHINE · texte numérisé non relu

L'INDO-CHINE

dans la nuit du 4 au 5, attaquer à Fimproviste nos soldats. Il dut fuir, emmenant dans les montagnes le jeune empereur Hàm- Nghi. Courcy proclama la déchéance de Ham-Nghi et installa un nouvel empereur (19 septembre 1885). Plus tard Ham-Nghi dut se rendre à discrétion et fiit interné dans une villa d*Algér. Pendant ce temps, l'évacuation du Tonkin était misé en' discussion devant notre Chambre des députés, et n'était repoussée qu'à une voix de majorité (décembre 1885) !

Organisation de la conquête. — Là Chine et la cour de Hué renonçant à la lutte, on n'eut plus à combattre au Tonkin que le brigandage et la piraterie. Ces opérations « de gendarmerie » furent brillamment conduites par le général Jamont, puis par les généraux Warnet, Borgnis-Desbordes, Reste, Voyron, Gallieni, etc. Dès lors on put, tout en réservant des territoires militaires, introduire dans le pays le régime civil, représenté par un résident général, puis par un gouverneur général de l'Indo-Ghine, chargé de l'administration de la Cochinchine et du Tonkin, du protectorat sur le Cambodge et sur TAnnam, et qui eut pour auxiliaires des résidents supérieurs et dos vice-résidents. Cette haute fonction fut occupée par Paul Bert (1885-1886), Bihourd (1886-1887), Constans, puis Richaud (1888), Piquet, de Lanessan, Le Myre de Viiers, Rousseau, Paul Doumer (depuis 1897). L'œuvre accomplie fut considérable : organisation, développement économique, instruction publique à tous ses degrés. Grâce surtout à la richesse acquise de la vieille colonie de Cochinchine, le gouvernement de ITndo- Chine, même sans avoir besoin de la garantie de la métropole, put souscrire de 1897 à 1898 des emprunts de 80 millions pour travaux publics, de 200 millions pour le réseau ferré (décembre 1898).

DifGleiiltés avec le royaume de Slam. — Jules Ferry avait compté que le royaume de Siam tomberait sous le protec; torat du nouvel empire français d' Indo-Chine et que le royaume de Haute-Birmanie formerait un Etat-lamp6n entre nos posses* sions et l'empire anglo-indien. Ces espérances s'évanouirent à la chute de Jules Ferry. Le vice-roi des Iiides, lord Dufferin, en profita pour opérer la conquête de la HauterBirmanie

Histoire oi&KiRALE. XU. ^^

(1885-1886). Dès lors ce fut le royaume de Siam qui fut appelé à jouer le rôle d'État-tampon. Le roi Chu4a-loiig-Korn, lÎTré presque enlièremeot à l'influence de rAnglelerre, nous suscita les plus graves difficultés à propos de nos protégés cambodgiens et surtout à propos des États Ghang situés sur les deux rives du haut Mékong. Les canonnières françaises durent, en 1893, remonter le Méïnam, jeter l'ancre devant Bangkok, et imposer à la cour le traité du 3 octobre, qui reconnut nos droits sur le Laos et la rive gauche du Mékong.

Relatioiis avec la Chine. — Après notre intervention de concert avec la Russie et l'Allemagne en vue de pacifier le conflit sino-japonais de 1895, la France obtint en Chine d*importants avantages. Notre frontière, de plus de 1000 kilomètres, fut délimitée et rectifiée, beaucoup à notre avantage; quatre villes chinoises du voisinage furent ouvertes à notre commerce; nos postes consulaires furent portés de huit à quatorze; la compagnie Fives-Lille fut autorisée à pousser jusque dans le Yun-nan et le Kouang-si des lignes de chemins de fer; Texploitation des mines de ces régions nous fut réservée; des garanties furent assurées aux églises catholiques. Une mission dite lyonnaise, patronnée surtout par la chambre de commerce de Lyon, parcourut les provinces chinoises avoisinant le Tonkin. Après la prise de possession de Kiao-tchéou par les Allemands, notre ambassadeur à Pékin, M. Pichon, obtint le traité du 5 avril 1898 : la Chine s*engageait à ne céder à aucune autre puissance, sous quelque titre que ce fût, les provinces de Yun-nan, Rouang-si, Kouang-toung (Canton), non plus que la grande ile de Hainan; elles constituaient désormais notre c zone d*influence ». Elle nous donnait à bail la baie de Kouang-tchéou, sur la côte orientale de la presqu'île de Leï-tchéou. Elle nous concédait les chemins de fer et les mines du Yun-nan. Elle s'engageait à choisir toujours un Français comme directeur général des postes impériales. Par le traité du 7 juin 1898, elle nous accordait une nouvelle ligne de chemin de fer aboutissant à Nanning-fou. Depuis lors, le soulèvement des « Boxeurs » et les révolutions de Pékin ont ouvert une crise imprévue, d'une extrême violence, dans les rapports de la Chine avec toutes les puissances européennes.

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