‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 123 sur 203 · LES FINANCES · texte numérisé non relu

LES FINANCES

être de nombreuses critiques, s*il demande à coup sûr certaines réformes, il a fait preuve pendant les vingt-cinq dernières années d*une qualité remarquable : c*est son élasticité qui a permis de satisfaire à toutes nos exigences financières, dont le poids augmente chaque année.

Au lendemain de la guerre, la France eut à faire face à une augmentation immédiate de dépenses de plusieurs centaines de millions. Il fallait satisfaire aux intérêts de la dette nouvelle contractée pour payer l'indemnité et les frais de la guerre; pourvoir à la réfection de notre matériel de guerre et de Toutillage économique détruits ou détériorés pendant les hosti* litcs. Cette lourde tâche du rétablissement de nos finances fut entreprise par TAssemblée nationale, sous Thabile direction de M. Thiers. Grâce à Ténergie du pays, qui sut se soumettre aux dures exigences imposées par cette situation exceptionnelle, elle put être menée à bonne fin.

Le dernier budget de TEmpire avait atteint le chiffre de

2 milliards de francs; le budget de 1874 avoisina celui de

3 milliards. Après de vives et nombreuses discussions, au cours desquelles furent proposées sans succès des mesures radicales pour la réforme de notre système fiscal, l'Assemblée décida de demander les ressources nécessaires à une augmentation des impôts existants, et à une série d'impôts temporaires : droits sur les papiers, les huiles minérales, les savons, etc., que l'on se proposait d'abolir aussitôt que l'on pourrait. En cinq années, de 1871 à 1875, on demanda ainsi près de 750 millions à la taxation sur la propriété et sur la consommation. A partir de 1875, l'élévation du rendement des impôts permit d'effectuer certains dégrèvements et de se débarrasser des multiples taxes indirectes créées dans un moment de nécessité et qui entra* vaient l'exercice du commerce et de l'industrie.

Malheureusement, bien que nous ayons eu vingt-cinq années de paix consécutives, nos charges budgétaires, en dépit des conversions qui ont allégé le poids des intérêts de la dette, loin de diminuer, ont continué à s'accroître, dans une proportion véritablement inquiétante. Le budget pour l'année 1900 dépasse 3 milliards et demi de francs, dont 3 milliards sont demandés

Histoire oênérale. XII. oO

i la taxation. Au ralentissement de la progression du rendement de certains impôts, on peut s'apercevoir que ce fardeau fiscal commence à peser lourdement sur les contribuables. De cette somme colossale, 43 p. 100 sont demandés à la propriété, 42 p. 100 aux taxes de consommation et à Fimpôt sur les transports, 15 p. 100 aux monopoles.

Quant aux dépenses, le service de la dette publique absorbe à lui seul plus de 1 milliard 1/4, dont un peu plus de moitié pour la dette consolidée, réduite aujourd'hui à deux types seulement : la rente 3 p. 100 et la rente 3 1/2 p. 100. Les ministères militaires, Guerre et Marine, absorbent à eux deux 1 milliard; en déduisant les frais de perception des impôts, c'est à peine s'il reste 1 milliard disponible pour les services réellement productifs.

Et, dans ce total des dépenses, aucun crédit n'est compris pour l'amortissement de la dette, qui dépasse le chiffre de 30 milliards. Le seul amortissement opéré est compris dans l'annuité affectée à la rente 3 p. 100 amortissable, dont la création remonte à 1878.

Cet état de notre situation financière est d'autant plus à regretter que le xx* siècle parait devoir amener avec lui un développement nouveau des dépenses publiques. On ne peut guère espérer voir diminuer le fardeau des charges militaires, au moment où l'orgueil national des peuples semble de nouveau s'exaspérer, et maintenant surtout où la France ayant reconstitué son empire colonial se trouve obligée de veiller à la fois à sa sécurité sur le continent et de s'assurer une force maritime importante. D'autre part, le développemeut des idées démocratiques amènera certainement une augmentation de plus en plus grande des dépenses destinées à améliorer le sort des classes laborieuses. Celte même idée est l'origine d'un certain nombre de réformes fiscales qui rencontrent d'ardents défenseurs depuis quelques années, et que leurs auteurs préconisent en invoquant l'exemple souvent mal interprété des législations étrangères.

Un double problème se pose : la nécessité de redonner de l'élasticité à nos finances pour accroître les ressources budgé-

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