‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 138 sur 203 · INDES NÉERLANDAISES ET PRESQU'ILE MALAISE · texte numérisé non relu

INDES NÉERLANDAISES ET PRESQU'ILE MALAISE

Spirok, était tombée entre les mains des Hollandais. Ils avaient, en 1840, chassé les gens d'Atjeh de Singkelet de Baros;le traité de 1871 avec l'Angleterre leur permit de faire la conquête du reste du territoire. Atjeh était une ancienne dépendance du royaume de Pedir; en 1507, le fils du gouverneur s'était déclaré indépendant et, sous le nom d'Ali Moghayat (1507-1522), était devenu le premier souverain d'une dynastie qui dura jusqu'à la guerre entreprise par les Pays-Bas pour châtier les indigènes. < Jamais, dit G. -M. Kan, ils n'ont eu à soutenir dans l'archipel de guerre aussi sanglante et aussi coûteuse contre un adversaire aussi obstiné ». Le sultan Ala ed-din Mahmoud III, qui régnait à Atjeh depuis 1870, fut déposé en 1874 par les Hollandais, et son territoire annexé.

Bail et LiOmbok. — Ces îles, placées entre Java et Soum bawa, étaient des dépendances du Madjapahit javanais; à la chute de ce royaume (1478), Dewa Agung Kctut, qui s'empara aussi de Lombok, créa un Etat indépendant à Bali. Le prince de Mataram s'empara de Lombok en 1839, et lorsque le souverain de Karang-asem eut été déposé par les Hollandais en 1849, il prit aussi Bali avec l'assentiment de ces derniers. La dynastie de Mataram à Lombok n'a eu d'ailleurs que deux princes, Anak Agung Ngurah Kelut Karang-asem (1839- 1870) et Ratu Agung Gedé Karang-asem. Lombok, qui possède la plus haute montagne de l'archipel, le Gaunoung Bindjani (3 800 m.), s'appelle aussi Sassak et Salaparang. Ses chefs, qui souffraient du joug des gens de Bali qui les opprimaient, écrivirent, le 9 décembre 1891, une lettre de plaintes contre eux au résident hollandais de Bali et Lombok. En 1843, le prince de Mataram, qui se proclamait seul prince de Salaparang (Lombok), avait signé (7 juin) un arrangement avec H.-J.-H. Koopman, agent du gouvernement des Indes néerlandaises, par lequel il reconnaissait la suzeraineté du roi des Pays-Bas représenté par le gouverneur général des Pays-Bas. Malgré ce traité, un envoyé hollandais en 1892 ne fut pas. reçu par le gouvernement de Lombok. La guerre fut décidée. Les troupes hollandaises débarquèrent à Lombok le 5 juillet 1894 ; elles s'emparèrent successivement de Mataram (28-29 sep-

lembre) et de Tjakra-Nagara (18 novembre); le Rajah s*enfuit au nord-est de cette dernière ville, à Sasari, où il tomba enire les mains des Hollandais; transporté à Batavia, il y mourut en mai 1895; sa dynastie finit avec lui.

Bornéo. — Successivement les Hollandais avaient signé des traités avec les princes indigènes de Pontianak et Sambas, de Mampawa et Landak (1818-1819) chez lesquels ils installèrent des agents. Les colons chinois, qui étaient turbulents, furent définitivement réduits en 1853-1856. Dans le sud-est, des traités en 1817, 1823 et 1826 réduisirent le sultan de Banjarmasin aux bassins de la Nagara et de la Martapoura. En un mot les Hollandais annexèrent tous les Etats de la côte orientale jusqu'aux possessions de la North Bornéo Company. — Le sultan de Bruneï, au nord-ouest de File, qui est encore indépendant, céda en 1841, moyennant une rente annuelle, la partie méridionale de ses EtatsàTÂnglais James Brooke, qui en fit la principauté indépendante de Sarawak et prit le titre de Rajah; il eut pour successeur en 1868 son neveu sir Charles Johnson Brooke, qui se plaça, le 14 juin 1888, sous la protection du gouvernement britannique; en 1877 et 1878 les sultans de Bruneï et de Soulou (Soloh) cédèrent un grand territoire dans le nord de Tîle à sir Alfred Dent, qui constitua pour l'exploiter la Brilish North Bornéo Company, laquelle reçut une charte royale le 1" novembre 1881 et est placée depuis 1888 sous le protectorat britannique. — Enfin le sultan de Bruneï a cédé à TAnglelerre, au large de la côte, Tile de Labuan (1846), qui est administrée par un gouverneur.

Timor. — Par le traité de Lisbonne (20 avril 1849), le Portugal ne conserve que le nord-est de Hle; il abandonne également à la Hollande ses droits sur la pointe orientale de Florès.

Ce magnifique domaine colonial verrait sa prospérité s'accroître encore, si la crainte de créer d'importants intérêts étrangers et de servir par suite de prétexte aux convoitises de grandes puissances ne modérait pas outre mesure l'afflux de capitaux.

Presqu'île Malaise. — Par suite des conquêtes de 1793, puis par le traité de 1824 avec la Hollande, la Grande-Bretagne

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