CHAPITRE XXVI
Caractère de la dernière période de Thistoire de l'Afrique. — L'histoire de l'Afrique est entrée depuis une vingtaine d'années dans une phase toute nouvelle : celle du partage. D'ailleurs elle est en elle-même fort récente et singulièrement vide. Au xv* siècle les Portugais découvrirent le pourtour de ce continent et poussèrent même à l'intérieur des explorations dont ils gardèrent jalousement le secret. Et l'Europe, occupée de l'Amérique, de l'Asie, présentant une richesse plus immédiate et plus éclatante, et encore plus de ses interminables querelles intestines, n'eut guère le temps de songer à l'Afrique, située cependant presque en vue de ses rivages, que pour acheter aux roitelets du littoral des millions d'esclaves. L'Afrique ne l'attirait pas; ses contrées du nord, occupées par des musulmans belliqueux, presque aussi bien armés et oi^anisés que les Européens de l'époque, repoussaient ces derniers par la force. Quantau reste du continent, il ne présentait ni des villes comme Delhi ou Bénarès, ni des eldorados tels que le Pérou ou le Mexique, étonne le considérait guère que comme apte à fournir le « bois d'ébènc » nécessaire au travail des plantations d'Amérique. Aussi les stations des Portugais, puis des Français, des Hollandais et des Anglais sur les côtes ne furent-elles que des postes de traite, n'ayant pas d'influence directe sur les immen-