RÈGLEMENTS TERRITORIAUX SECONDAIRES EN OCÉANIE
et suivra ensuite le 24° degré jusqu'à sa rencontre au nord du IS"" parallèle de latitude avec la frontière du Darfour telle qu'elle sera ultérieurement fixée. » (Art. 3.)
Par l'article P' les deux gouvernements se sont engagés à « n'acquérir ni territoire ni influence politique )> soit, pour l'un à l'est, soit, pour l'autre à l'ouest de cette ligne frontière.
Ces stipulations n'ont préjugé en rien un règlement territo-
rial de la question d'Egypte. M. Delcassé, ministre des Affaires étrangères, l'a formellement spécifié dans sa lettre à M. Paul Gambon, notre ambassadeur à Londres, du 7 mars 1898. « C'est pour éviter de traiter la question d'Egj^pte, y disait-il, que j'ai dès le premier moment voulu rattacher à la convention du 14 juillet 1898 la convention à intervenir. Il s'agit simplement de nous borner à l'est. »
///. — Règlements territoriaux secondaires
en Océanie.
Les règlements territoriaux que nous venons d'exposer ont été de beaucoup les plus importants des deux dernières années avec ceux qu'a amenés la guerre hispano-américaine.
Mais cette dernière a eu par ailleurs une autre conséquence.
Acquisition par rAllemagne des Carolines, des Palaos et des Mariannes. — Après la perte des Philippines et de Guam, l'Espagne conservait encore en Océanie un dernier débris de son empire colonial, les trois archipels des Carolines, des Palaos et des Mariannes. Mais comme leur conservation lui aurait imposé des charges hors de proportion avec les profits qu'elle aurait pu en retirer, elle a pris fort sagement le parti de s'en défaire. Par un traité signé avec TAUemagne le 12 février 1899, l'Espagne a cédé à cette puissance <( les îles Carolines avec les îles Palaos et les îles Mariannes à l'exception de Guam, moyennant une indemnité de 25 millions de pesetas. » (Art. P^)
L'Allemagne a en outre accordé aux Espagnols les mêmes
avanlages qu*à ses nationaux au point de vue commercial et reli^eux (art. 2) et la faculté d'établir un dépôt de charbon dans chacun des trois archipels, « dépôts qu'elle pourra conserver même en temps de guerre. » (Art. 3).
Conformément à son article 4, le traité du 12 février 1899 a été approuvé par les Parlements des deux Etats au mois de juin de la même année et ratiOé par les deux gouvernements peu de temps après.
Annexion par la France des lies Sous-le-Vent de Tahiti. — L'Océanie se voit ainsi, comme TAfrique, partagée par les puissances européennes. Gomme dans l'Afrique également, la France y a réglé, durant ces deux dernières années, certaines questions en litige touchant son domaine colonial. Une loi du 19 mars 1898, en effet, a déclaré c les îles Sous-le- Vent de Tahiti partie intégrante du domaine colonial de la France ». Cette loi, publiée au Jouirai officiel trois jours après, était la dernière conséquence de Tannexion prononcée le 16 mars 1888 parle gouverneur des Établissements français de TOcéanie et de la défaite définitive du chef insurgé Teraupoo le 16 février 1897.
BIBLIOGRAPHIE
Outre les recueils spéciaux {Archives diplomatiques, Mémorial diplomatique, Revue de droit inteimational public [publiée par MH. Pillet el Fauchillej, on pourra consulter :
Sur les conséquences de la guerre hispano-américaine, avec les Livres jaunes français, le Livre rouge espagnol (Documentas diplomdticos presentados à las Cartes en la legislalura de 4898 por el ministro de E$tadOj duque de Almodovar dcl Rio; Madrid, 1898 et 1899, 2 vol. in-8), la publication officielle américaine (A treaty of peace between the United States and Spain. Message from the Président of the United States and Spain, signed in the City of Paris, on dccember 40, 4898; Washington, Government Printing Office, 1899, in-80) :
i<^ Précis de quelques campagnes contemporaines. La guerre hùipanoaméricaine, par le C* Bujac, Paris, s. d., ia-8.
2° Ch. Bride, La guerre hispano-américaine de 4898, Paris, 1899, in-8.
Sur les règlements territoriaux anglo-français, les Livres jaunes français et les Blue-Books anglais.