Albaniay 30 juillet i
Histoire oéiiinALB. XII. 31
paix, à de courtes périodes d'iostructioa ; le maintien des hommes dans leur pays ; Tadaptation des formations militaires à l'organisation des tribus et Tattribution d'une partie des grades aux chefs indigènes » '. La création de cette milice, en dehors des services militaires qu'on en attend, a eu surtout pour but de tenir les chefs kurdes et arabes par les grades qu'on leur distribue, l'avancement qu'on leur fait espérer, et de les osmanliser par le contact avec les officiers de l'armée régulière.
En somme, le parti nationaliste turc concentre ses efforts sur l'Asie Mineure, où l'immigration des musulmans dépossédés dans les provinces européennes, l'assimilation des petits groupes musulmans provenant de la désagrégation des tribus organisées, Turcomanes, Yuruks, Tatares, Kurdes, et de l'afflux des Gircassiens, la détresse des Arméniens et le courant d'émigration qui s'est produit parmi les Syriens chrétiens, lui permettent d'arriver à des résultats sensibles.
Avortement du parlementarisme ; transformation et divisions de la Jeune-Turquie ; nationalisme et panislamisme. — J*ai indiqué ' qu'on avait confondu, sous le nom de Jeunes-Turcs, deux partis dont l'un, plus ou moins sincère, croyait à la panacée des réformes sur le papier, des constitutions, de la copie servile de l'Europe et du parlementarisme; l'autre, très sincère dans ses enthousiasmes révolutionnaires, < très turc, très national, très anti-européen parce qu'il était national », revint très vite de son engouement pour les choses européennes, et de sa confiance dans les réformes constitutionnelles. L'avortement du parlementarisme, suffisamment absurde dans un pays où l'on parle cinq langues différentes, et où la population est divisée non seulement par races et par langues, mais par communautés confessionnelles et par castes professionnelles, cet avortement qui éclatait aux yeux de tous dès la première réunion du parlement ottoman (1877) et qui fut suivi à courte échéance de la guerre avec la Russie, acheva d'ôter leurs illusions à ceux des Jeunes-Turcs révolu-
1. Capitaine Lamouche, L'Ori^anixa/ion militaire de V Empire ottoman,