Mollah Tcheragh AU, Critical exposition of Jihad
Pacha Zadeh, dont les Nouvelles « Kutchuk Cheïler — Petites choses 9 et le roman ^Serguzceht — Une Aventure », — dirigé contre l'esclavage des femmes, mériteraient d'être traduits, Ahmed Midhat et ses excellents livres surTéducation, M"** Fatma Alia, etc., etc., n*ont commencé à écrire qu'après 1870.
C'est également après cette date, et surtout dans ces dernières années, qu'on a commencé à publier en Turquie de véritables ouvrages traitant de sujets scientifiques, soit traduits, soit adaptés, soit même originaux. Les premiers volumes originaux de physiologie, par le D' Bessim Omer, sont de 1880; de la même époque, le premier cours méthodique de littérature turque ^ La philologie, la critique et la publication des anciens textes, avec Ahmed Djevdet, Nedjib Acem, leur société des anciens textes < Athar i Eslafdin — Vestiges des ancêtres », leur revue le Mekteb et leur journal Ylkdam viennent encore plus tard. L'archéologie a été crée par Hamdi Bey, directeur du Musée de Constanlinople, un peintre, élève de Gérôme. C'est Gérôme qui ouvrit le premier un atelier à Constantinople, et forma quelques peintres turcs.
L'imprimerie s'est développée lentement, avec la littérature. Jusqu'en 1870, les éditions sorties des presses turques sont franchement mauvaises, mal composées, mal tirées, pleines de fautes. Peu à peu, elles s'améliorent, malgré les entraves de la pénurie économique (elle est telle qu'on ne coud même pas les livres brochés). En 1889, un juge compétent, M. Barbier de Meynard, parlant d'un dictionnaire turc-français (par R. Yousouf) récemment imprimé par l'imprimerie turque d'Abou- Zia, peut écrire : < L'élégance des caractères turcs et français, la correction du texte, font honneur à l'imprimerie que Abou- Zia Tevfiq dirige habilement, et au grand profit de la littérature ottomane ». J'ai sous les yeux des journaux illustrés, des livres scientifiques à figures et à vignettes provenant de l'imprimerie impériale de Constantinople, dont les types, la composition, le papier, le tirage ne laissent rien à désirer, et M. Barbier de Meynard qualifie déjà de « bijou typographique » un médiocre
\, Cours de littérature otiomaney par Mahmoud-Ëkrem, 1882.
volume de vers {Zenizémi, les Murmures) imprimé à Constanti- Dople en 1882.
Ce mouvemeot des esprits se concentre dans la capitale et dans quelques rares villes de province, Salonique, Smyrne, Âlep, Bagdad. Il n*y a pas de vie provinciale turque en Turquie. La vie provinciale à Alep, à Bagdad, est arabe, antiturque; en Albanie, où elle cherche à naître, à Elbassan, à Bérat, elle est albanaise. Le mouvement intellectuel, en Turquie, a bien été créé par des provinciaux jusqu^à 1870 et après (Zia, d'Amasia, d*origine circassienne ; Tahsin, Kémal, Albanais; Khaiali, de Bagdad, d*origine arabe; Midhat Pomak, Bulgare musulman; Ali-Suavi, Tatare Turcoman; actuellement, Nedjib Acem, d*Alep; Bessim Omer» Albanais), mais ce mouvement 8*est produit à Gonstantinople, et il ne pouvait se produire que là.
//. — L'Inde.
La société musulmane. — On peut estimer actuellement le nombre des musulmans dans ITnde à plus de 50 millions; il était, au recensement de 1881 *, de 40867 145, et en 1871, de 30 millions en nombre rond. DansTInde, c*est la population qui s*accroit le plus rapidement. En dehors de leur accroissement naturel, les musulmans font des prosélytes : « L*islamisme continue à faire des progrès dans ITnde. On s'imagine généralement que les femmes y sont opposées, et que ce sont plutôt les hommes qui l'adoptent. Le contraire est récemment arrivé dans le Sind, car nous apprenons que dans cette province, la plupart des femmes ont adopté l'islamisme' ]>. C'est d'ailleurs du prosélytisme que provient la majeure partie des musulmans de l'Inde, qui sont des rayas indigènes convertis; les immigrés d'origine turque, persane, afghane, ou s'attribuant une origine arabe sont en minorité, et de sang très mêlé, c Sur toute cette longue bande de pays, presque partout médiocrement peuplée,