Voir ci-dessus, t. XI, p
la persécution habituelle contre les Polonais avait recommencé : 9 évoques, 500 prêtres (dont plusieurs périrent de misère ou de mort violente), 80 000 laïques furent déportés en Sibérie. Aucun évêque russe ne put se rendre au concile du Vatican. En 1872, rintervention de Pie IX amena une détente; le tsar accorda une « amnistie » aux laïques, consentit a remplacer les évèques morts, mais maintint ses décrets contre le clergé. En 1875, Alexandre II reprit à l'égard des Grecs-Unis, ou Uniates, la cruelle politique de son père. Après avoir déporté Tévèque de Ghelm, Mgr Kalinski, et Tavoir remplacé par un homme à tout faire qui lui prépara les voies, il ordonna d'ins-
crire d'offlce sur les registres de TEglise orthodoxe tout ce qui restait d'Uniates et substitua aux prêtres catholiques des popes. Le tsar rencontra dans la population ruthène une résistance énergique, dont les violences, les déportations, les supplices ne purent avoir raison. Il se passa des scènes hideuses. En 1880, cent mille chefs de famille avaient été envoyés en Sibérie; on ne laissait dans le pays que les femmes et les enfants, considérés comme plus faciles à c convertir ». A cette date, Léon XIII tenta, par deux fois, de rétablir les relations diplomatiques avec la Russie; il se heurta à Tinfluence hostile de M. PobiedonostzeCf, procureur général du Saint-Synode. Ce n'est qu'en 1889 que les rapports officiels furent repris. L'avènement de Nicolas II (nov. 1894) fit concevoir quelques espérances; mais, si le tsar est personnellement disposé à se montrer plus clément, le procureur général du Saint-Synode ne désarme pas. En 1898, un nouvel oukaze a reproduit contre les Uniates celui de 1875. Il contient toutefois une atténuation : les Uniates, incorporés de force dans l'Eglise orthodoxe, sont autorisés, moyennant de fastidieuses formalités, à rester catholiques en passant au rite latm, transaction qu'avaient demandée quelques Russes libéraux et une partie des Ruthènes.
A l'égard des Polonais et des autres catholiques latins, la persécution sourde continue. En 1882, un accord était intervenu entre le tsar et le pape au sujet de leurs évèques ; mais depuis, un grand nombre de sièges sont restés vacants, le gouvernement russe refusant tout candidat suspect de n'être
pas assez docile. En 1896, le nouvel évèque de Plocz, agréé cependant par le tsar, a été exilé à Odessa sans avoir pu prendre possession de son siège. Malgré tout, il reste encore huit millions de catholiques dans TËmpire russe.
//. — Etat intérieur de l'Eglise.
Avènement de Léon xm (1878). — Ce qui précède prouve combien les rapports de l'Eglise et de FEtat ont changé de nature dans le dernier tiers du xix° siècle. Jusqu'alors les gouvernements, restés plus ou moins fidèles aux conceptions du gallicanisme et du joséphisme, s'étaient surtout efforcés de diminuer l'autorité du pape sur l'Eglise afin d'augmenter la leur; mais ces conceptions régaliennes n'étaient plus celles du clergé et des fidèles. Tous, maintenant, comme jadis, se tournaient vers Rome, et l'autorité pontificale, raffermie et précisée par les canons du concile du V^alican, reprenait son ancien empire. De là une attitude nouvelle de la part des gouvernements; ce n'est plus le pape qu'ils combattent, c'est le catholicisme luimême. Ils ne cherchent plus à dominer l'Eglise et par elle les masses; ils cherchent au contraire à arracher les masses à l'influence de l'Eglise, à leur inculquer des doctrines à eux, des doctrines d'Etat; en un mot, ils luttent pour substituer la culture a laïque » à la culture chrétienne : c'est ce qu'exprime bien le mot KuUurkampfy par lequel Virchow a désigné cette forme nouvelle de la persécution religieuse. L'Eglise a suivi les gouvernements dans cette évolution. Tout en maintenant, en thèse, l'union de l'Eglise et des pouvoirs publics comme formant la constitution idéale des Etats chrétiens*, elle s'adresse directement aux masses, qu'elle cherche à la fois à éclairer par ses enseignements et à soulager par ses œuvres. Trop longtemps alliée de gouvernements qui se servaient d'elle plus
qu'ils ne la servaient, l'Eglise est redevenue ce qu'elle était à ses origines : démocratique et sociale.
i. Voir sur ce point l'encyclique Immortale Dei (De civUatum consfUutione chrisliana), 1" novembre 1885.
C'est avec Léon XIII que ce mouvement s'est nettement accusé. Pie IX était mort le 7 février 1878, brisé par les angoisses multiples qui avaient assailli ses derniers jours, après avoir gouverné TEglise trente et un ans et huit mois. Le conclave ouvert le 18 février élut à la presque unanimité des voix, dès le troisième jour (20 février), le cardinal Vincent-Joachim Pecci, qui fut couronné le 3 mars suivant sous le nom de Léon XIII. — Le nouveau pape, né le 2 mars 1810 à Carpinetto, avait été distingué par Grégoire XVI, qui l'avait nommé successivement délégat à Bénévent et à Pérouse, puis bientôt archevêque de Damiette et nonce à Bruxelles (1843). Le climat de la Belgique ayant altéré sa santé, Mgr Pecci sollicita son rappel. Au consistoire du 19 janvier 1846, Grégoire XVI le nomma archevêque-évèque de Pérouse et le réserva in petto comme cardinal. Mgr Pecci prit possession de son siège le 26 juillet 1846, mais ne reçut effectivement la pourpre qu'en décembre 1853. En 1877, Pie IX lui avait confié la charge difficile de camerlingue de l'Eglise romaine. Dans ses fonctions de délégat le cardinal Pecci avait montré une grande énergie; dans ses fonctions diplomatiques, une grande finesse; dans ses fonctions épiscopales, une grande intelligence des temps modernes. Ses lettres pastorales sur VEglise et la civilisation (1876-1878) avaient été fort remarquées.
Les encycliques de Léon Xm. — Sur la chaire de saint Pierre, Léon XIII ne démentit pas les espérances que son passé faisait concevoir. Par ses nombreuses encycliques, dans lesquelles il touche aux questions les plus ardues, il s'est efforcé de rappeler renseignement catholique traditionnel et de le dégager des exagérations ou des atténuations qui pouvaient le compromettre. Il s'est montré véritablement « pasteur et docteur de l'Eglise universelle ». — Au point de vue religieux et philosophique, on peut citer les encycliques ou constitutions apostoliques .^ terni Patris (août 1879), qui détermine les rapports de la philosophie et de la foi et recommande l'étude de saint Thomas d'Aquin; Humanum genus (avril 1884), qui condamne les doctrines et dénonce les progrès des sectes maçonniques; Providentissimus Deus (nov. 1893), sur Tétude de
oi2 L'ÉGLISE ET LES CULTES
rÉcriture sainte; Divinum illud (mai 1897), sur Taction de l'Esprit saint. — Au point de vue disciplinaire, il faut signaler les bulles de 1892 et 1897, qui rétablissent Funité dans Tordre des Trappistes et dans Tordre des Franciscains; les lettres de septembre 1896, qui déclarent nulles les ordinations anglicanes; la constitution Officiorum (février 1897), qui remanie la législation de TIndex; les lettres de janvier 1899, qui condamnent la doctrine désignée sous le nom d* « américanisme ». — Au point de vue politique, on trouve tout un cours de droit public chrétien dans les encycliques Diutxumxim (juin 1881), sur Torigine et les limites du pouvoir cWiX; Immortale Dei (novembre 1885), sur
la constitution chrétienne des Etats; Libertas prœstantissimum (juin 1888), sur la liberté humaine et accessoirement sur les principales libertés publiques : liberté de conscience, liberté d'enseignement, liberté de la presse; Sapientiœ christianœ (janvier 1890), sur les principaux devoirs civiques des catholiques. A cette dernière, il faut joindre Tencyclique française « Au milieu des sollicitudes * (février 1892), et la célèbre lettre aux cardinaux français (du 3 mai suivant), qui ont complété et précisé les enseignements pontificaux sur les rapports de TEglise
et des Etats. — Au point de vue social, on peut signaler Tencyclique Arcanum (février 1880) sur le mariage chrétien, où le divorce se trouve de nouveau condamné dans les termes les plus énergiques, la lettre contre Tesclavage (septembre 1890), et surtout Tencyclique Rei^tim novarum (mai 1891), qui traite de la condition des ouvriers.
Nous n'avons signalé jusqu'ici que les encycliques offrant un intérêt général; mais Léon XIII n'a jamais perdu de vue les intérêts particuliers des différents peuples. Fréquemment et à plusieurs reprises, s'il le faut, il adresse des conseils ou des instructions aux évêques de tel ou tel pays, pour leur indiquer le danger à prévenir, la direction à suivre, le but à atteindre. Depuis quinze ans, les évêques de France, d'Irlande, d'Allemagne, de Hongrie, de Portugal, de Bavière, du Brésil, d'Arménie, d'Autriche, d'Italie, des Etats-Unis, des Indes, d'Espagne, de Pologne, d'Angleterre, de Belgique, du Canada, d'Ecosse, ont tour à tour reçu des lettres apostoliques appropriées aux
besoins présents de TEglise dans leurs nalions respectives. — Depuis les fêtes de ses deux jubilés sacerdotal (1888) et épiscopal (1893), à Toccasion desquels Léon XIII a reçu des ambassades et des présents de tous les gouvernements, catholiques, schismatiques, hérétiques, infidèles même (sauf lltalie), une préoccupation se remarque chez lui, celle de ramener à Tunité catholique les Eglises dissidentes. En juin 1894, il adresse un premier appel à toutes les nations de Tunivers dans l'encyclique Prœclaray bientôt suivie de la constitution Orientalium dignitas (novembre) qui maintient et confirme les rites orientaux, de diverses lettres relatives à TEglise copte (1895-1896), d'un appel particulier au peuple anglais (1895), et enfin de l'encyclique Saiis cognitum (juin 1896), qui traite ex p*ofe$so, d'après l'Ecriture et les Pères, la question de l'unité de l'Eglise. Le but final est loin d'être atteint; mais certains résultats sont acquis.
Le mouvement social catholique. — Léon XIII a donné également son attention et ses encouragements à la a question sociale » ; et sous ce rapport, l'encyclique Rerum novarum, signalée plus haut, est à la fois « une conclusion et une préface » (Turmann). Elle a en effet confirmé le mouvement d'action sociale qui a commencé chez les catholiques au milieu du XIX* siècle, et lui a donné une impulsion nouvelle. — L'initiateur de ce mouvement a été le baron Guillaume-Emmanuel de Kelteler, évêque de Mayence de 1860 à 1877. C'est lui qui le premier a donné aux catholiques leur programme économique. Presque sur tous les points, il a devancé les enseignements de l'encyclique Rerum novarum, et Léon XIII a pu l'appeler un jour « son grand prédécesseur ». L'influence de Mgr de Ketteler a été considérable en Allemagne et a contribué au succès du « Centre », qu'il a longtemps inspiré. En France, les promoteurs du mouvement ont été des laïques, en tête desquels il faut placer le comte de Mun et le marquis de La Tour du Pin-Chambly, qui au lendemain de la guerre et de la Commune, dans la nuit de Noël 1871, fondèrent les Cercles catholiques d'ouvriers. Ils avaient alors < plus de dévouement que d'idées » ; mais ils ne tardèrent pas à élaborer un programme social, qu'ils développèrent dans une revue spéciale, Y Association catholique. C'est ainsi que les
Cercles d'ouvriers donnèrent naissance à une école, dont les doctrines ont été en grande partie consacrées par Léon XIII. A la différence de la France, le mouvement social catholique n*eut rien de spontané en Autriche et en Suisse. Il y fut au contraire le produit d'une élaboration savante; l'étude a précédé Taclion. En Autriche, le mouvement a pris, avec le baron de Vogelsang, et a gardé, avec le parti dit des < féodaux », une allure aristocralique. En Suisse, au contraire, le docteur Decurtins lui a imprimé un caractère démocratique très prononcé. — Le mouvement social catholique n'a donc pas suivi partout la même marche et n'est pas le résultat d^un apostolat international. Un jour vint cependant où les « catholiques sociaux » des divers pays cherchèrent à s'entendre. Ils prirent d'abord contact à Rome, puis transportèrent leur centre d'études à Fribourg en Suisse (1884). C'est là que les différents problèmes économiques furent discutés et résolus conformément aux principes posés par saint Thomas d'Aquin. Les mémoires rédigés par r « Union de Fribourg » furent transmis par Mgr Mermillod à Léon XIII, qui les médita et s'en servit pour préparer l'encyclique Rerum novarum.
Depuis l'apparition de l'encyclique (mai 1891), le mouvement social a pris une grande extension, en Europe et en Amérique. Parmi les propagateurs, se trouvent à la fois des prêtres et des laïques, et la participation du clergé est ici indispensable, parce que le mouvement social catholique s'appuie, non seulement sur l'économie politique, mais aussi sur la morale et la théologie traditionnelle; il plonge par ses racines au cœur du moyen âge et répudie la plupart des doctrines sociales adoptées par Tancien régime et la Révolution. L'encyclique Rerum novanuii a fait l'unité sur les points fondamentaux, qu'il est facile d'indiquer en quelques mots : — 1° en ce qui concerne la propriété privée, elle en reconnaît la légitimité et repousse nettement sur ce point le socialisme collectiviste; mais elle n'admet pas qu'on puisse en abuser sans profit pour la société et se sépare alors de l'école économique « libérale » ; — 2'' fidèle à la doctrine canonique sur l'usure, elle en condamne les formes nouvelles désignées sous le nom générique
de capitalisme; — 3^ à Tégard du régime du travail, elle n'admet pas, contrairement à Técole « libérale », qu'il soit uniquement soumis à la loi de l'offre et de la demande; elle considère que le travailleur, étant un homme et non une machine, a des droits que le contrat de travail doit absolument respecter, et notamment : droit à la vie, ce qui oblige celui qui lui prend tout son temps à lui donner un salaire suffisant; droit à la sauvegarde de sa santé, au maintien de son foyer, à Taccom plissement de ses devoirs religieux, ce qui implique une certaine réglementation du travail. Les moyens préconisés par Tencyclique pour aboutir à ce résultat sont : la restauration des mœurs chrétiennes chez les patrons et chez les ouvriers, l'organisation professionnelle par les associations libres, et subsidiairement, à titre exceptionnel, l'intervention des pouvoirs publics et une entente internationale entre les différents Étals. — Ces principes généraux posés par l'encyclique Rerum novarum sont aujourd'hui admis par tous les catholiques sociaux. Depuis que la déclaration d'infaillibilité a « rassuré leur orthodoxie )>, ils obéissent en effet plus volontiers aux directions ponliflcales en matière politique et économique, certains qu'ils sont que les erreurs que le pape pourrait commettre à cet égard n'entameront « ni la foi, ni les mœurs ».
Les missions catholiques. — Tel est chez les nations de civilisation européenne l'aspect nouveau présenté par l'Église catholique à la fin du xix*" siècle; mais le mouvement social qui se développe en Europe et en Amérique ne contrarie pas, loin de là, son mouvement d'expansion dans les pays de missions. Il s'est même fondé de nouvelles congrégations prati-* quant l'apostolat sous cette double forme : par exemple en France les Assomplionnistes, institués en 1850 par le P. d'Alzon, approuvés par Pie IX en 1867, et en Italie les SalésienSy établis par Dom Bosco en 1857, approuvés par Pie IX en 1874, etc. — L'activité des nouveaux et des anciens missionnaires e§t telle, qu'ici encore, comme dans la période précédente, nous sommes obligé de nous borner à des indications sommaires.
Dans le Levant, quelques difficultés s'étaient produites après 1870. Une partie des Arméniens -unis avaient refusé
HlSTOIRB OÉMÉRALC. XII. 35
d'admeltre le patriarche nommé par Pie IX, Mgr Hassoun, et en avaient élu un autre, Mgr Kupelian, que la Porte se hâta de reconnaître. Mgr Kupelian se soumit en i879; mais le schisme ne prit fin qu*en 1888. — Le patriarche chaldéen de Babylone, Mgr Audou, était de même entré en conflit avec Pie IX au concile du Vatican, et, de retour en Orient, avait rompu l'union : elle a été rétablie en 1877. — L'épiscopat syrien a tenu en 1888 un concile au séminaire de Charfet, sur le Liban. — En Perse, le siège dlspahan a été rétabli en 1874.
En 1884, l'organisation religieuse de TÂfrique du Nord a été complétée par le rétablissement du siège primatial de Carlhage, dont le premier titulaire a été le cardinal Lavigerie (f 1892). — En 1879, les Pères Blancs de Mgr Lavigerie donnèrent une impulsion nouvelle à Févangélisation de l'Afrique australe. Ils y possèdent aujourd'hui six vicariats apostoliques. — A Madagascar, où plus que jamais catholique est synonyme de Français et protestant synonyme d'Anglais, la reine Ranavalo II avait profité de la guerre avec la France pour expulser tous les missionnaires (1883). Us reprirent leur ministère après la prise de Tananarive par le général Duchesne (1886). En 1896, sous le gouvernement de M. Laroche, les protestants anglais suscitèrent contre eux une persécution qui coûta la vie au P. Berthieu et amena l'incendie de 115 églises ou chapelles. Mais l'arrivée du général Gallieni et l'exil de la reine permirent aux missionnaires de réparer rapidement leurs pertes. Le mouvement de conversions devint tel qu'à l'unique vicariat apostolique confié aux Jésuites, Léon XIII en ajouta coup sur coup deux autres, l'un au sud pour les Lazaristes (1896), l'antre au nord pour les Pères du Saint-Esprit (1898).
Dans les Indes-Orientales, à la suite d'un arrangement conclu avec le Portugal, Léon XIII, en décembre 1886, remplaça les vicariats et les préfectures apostoliques par une hiérarchie canonique, comprenant huit provinces ecclésiastiques : Goa (qui resta le siège patriarcal), Agra, Bombay, Verapoly, Calcutta. Madras, Pondichéry, Colombo. En 1893, il prescrivit l'institution de séminaires pour former un clergé indigène. — En Extrême-Orient, en dépit d'une persécution violente qui fit
35 000 victimes dans les deux vicariats de la Cochinchine septentrionale et orientale (1885-1886), de grands résultats ont été atteints. L'Indo-Ghine entière comprend aujourd'hui un diocèse et 13 vicariats apostoliques, avec 700 000 catholiques. En Chine, où Thostilité sourde des mandarins amenait de temps à autre des massacres de missionnaires, les gouvernements européens ont fini par s'émouvoir. En 1898, Guillaume II a occupé la baie de Kiao-Tchéou en réparation de la mort de deux missionnaires allemands. La même année — à la suite du meurtre de deux prêtres français des Missions étrangères, MM. Mazel et Berthollet — , le représentant de la France à Pékin adressa au Tsong-li-Yamen des représentations énergiques. Grâce à Finfluence que Tévêque lazariste de Pékin, Mgr Favier, a su acquérir à la cour, elles aboutirent à un résultat inespéré. Le 15 mars 1899, un décret impérial a reconnu officiellement la religion catholique en Chine, et attribué aux évêques le rang de vice-rois. Mais l'espoir que ce décret a pu faire concevoir n'aura pas été de longue durée. De nouveaux massacres de missionnaires et de chrétiens viennent d'avoir lieu; la plupart des missions sont détruites, et tout est remis en question (septembre 1900). — Au Japon, après une persécution qui n'a pris fin qu'en 1873, la liberté religieuse a été accordée. Moins de vingt ans après, Léon XIII a pu rétablir la hiérarchie : en 1891, la ville impériale de Tokio a été érigée en métropole avec trois sièges suffragants.
En Océanie, les missions ont continué à se développer. Les Pères du Sacré-Cœur d'Issoudun se sont établis en 1885 dans la Mélanésie, où deux vicariats apostoliques leur sont attribués (Nouvelle-Guinée et Nouvelle-Poméranie). En 1888, ils ont été également chargés du vicariat des îles Gilbert, oii le protestantisme avait été introduit en 1857 par des ministres américains et où n'existait encore qu'une cinquantaine de catholiques; en 1898, il y en avait dix mille. — En 1887, des capucins espagnols ont entrepris d'évangéliser les îles Carolines. — Les Pères Maristes possèdent maintenant quatre vicariats : Océanie centrale, Nouvelle-Calédonie, archipel des Navigateurs, îles Fidji. — En Nouvelle-Zélande, un quatrième diocèse a été
créé en 1887 par Léon XIII, qui a érigé en même temps le siège de Wellington en siège métropolitain. — Il faut mettre à part TAustralasie, où existe aujourd'hui (1900) 21 sièges épiscopaux répartis en six provinces, avec le siège de Sidney comme siège primatial. L'Eglise en Australie est séparée de rÉtat et jouit de la plus complète liberté.
Il en est de même aux Etats-Unis, où la hiérarchie comprend aujourd'hui 14 archevêques et 78 évoques, avec 11000 prêtres, 14000 églises ou chapelles, 10 millions de fidèles. Un nouveau concile plénier a été tenu en 1884 à Baltimore, sous la présidence du cardinal Gibbons, primat. En 1889, le même prélat a réuni au même lieu un double congrès d'évêques et de laïques pour fêter le centenaire de l'Eglise aux Etats-Unis, et a inauguré à cette occasion l'Université catholique de Washington. On compte aux Etats-Unis environ 30000 conversions au catholicisme par an. — Dans le reste du continent, la situation ne change guère. Les sociétés secrètes et principalement la francmaçonnerie y luttent toujours contre l'Eglise. En 1873, elles ont suscité une persécution au Mexique, où l'Eglise compte 21 évêchés : les religieux ont été emprisonnés, les religieuses expulsées, et l'Eglise complètement séparée de l'Etat, qui se déclare neutre entre les difTérents cultes. En 1872, les religieux ont été chassés de même des Républiques de l'Amérique centrale. Dans l'Amérique du Sud, après la présidence catholique de Garcia Moreno, assassiné en 1875, l'Equateur a été par deux fois agité par une persécution sanglante; en 1899, une loi dite
du Patronat a soumis l'Eglise à l'Etat. La Colombie, au contraire, a conclu un concordat avec Léon XIII (1887), et se félicite « de jouir de l'unité de foi ».
///. — Les cultes non catholiques.
Le protestantisme en Allemagne. — Dans la période qui nous occupe, le morcellement du protestantisme s'est encore accentué; mais nous continuerons pour la clarté de l'exposi^
tien à Tétudier dans ses trois manifestations principales : luthérienne, calviniste, anglicane.
C*est en Allemagne que le luthérianisme a conservé le plus grand nombre d* adhérents; mais Tantinomie entre la foi et le rationalisme s*y révèle sous les formes les plus diverses, et le nombre des sectes s'accroît chaque jour. Dans le seul royaume de Prusse, on comptait, en 1890, sur 1000 habitants (outre 41 catholiques et 38 juifs) : 40 évangéliques, 37 moraves, 33 mennonites, 73 baptistes, 119 apostoliques, 106 adhérents de sectes britanniques diverses, 38 dissidents et 475 habitants « sans confession p, c'est-à-dire s'étant déclarés : partisans de la libre intelligence, confesseurs de la vérité, cogitants, déistes, libres-penseurs, humanistes, mysticistes, théosophes, sécularisles, monothélites, cosmopolites, athées, etc.
Dans ce chaos de doctrines, une unité apparente est maintenue par TEtat, non sans peine; car parmi ceux qui se rattachent encore à la Landeskirche, il y a des courants très distincts. D'un côté, les luthériens orthodoxes, qui dominent encore dans les consistoires, veulent le maintien des croyances positives. De Tautre, les luthériens < libéraux », qui gagnent chaque jour du terrain dans les Universités, ne considèrent la théologie que comme une ébauche de la philosophie, n'admettent pas qu'une Eglise ou l'Etat puisse en rien restreindre les droits de la critique, et aboutissent au pur rationalisme. Entre les deux, un tiers parti (Mittelspartei), qui s'accommode volontiers de la 1 théologie moderne » d'Albert Ritschl, imprécise et fuyante, se déclare partisan des Églises d'État, mais reproche au gouvernement prussien de tourner « au césaro-papisme byzantin ». En dehors de ces trois groupes, une école nouvelle, celle des chrétiens-sociaux, à laquelle appartient l'ancien prédicateur de la cour, M. Stocker, considère « que tout l'édifice de l'Église d'Etat est en contradiction avec la nature de l'Eglise », et cherche à détourner l'activité des pasteurs des questions de théologie et de critique pour la dériver du côté des questions sociales. Il s'est formé, sous l'action de cette dernière école, un mouvement « évangélique social », analogue au mouvement catholique social que nous avons signalé plus haut. Vu d'abord
avec faveur par Guillaume II, le mouyement social protestant a encouru sa disgrâce en 1896.
Les divergences entre ces différents groupes se manifestent surtout dans les revues théologiques ou historiques; mais elles se révèlent de temps à autre au grand public par quelques affaires retentissantes. Telle a été notamment celle de la revision en 1892 du rituel (Agende) publié par Frédéric-Guillaume IIP. Celte re vision a soulevé la question du symbole de foi, que les orthodoxes voulaient rendre obligatoire dans la cérémonie de Tordination et les libéraux éliminer complètement. Une violente polémique s'ensuivit, chaque parti accusant Tautre de vouloir détruire TEglise. Guillaume II y mit un en signant une nouvelle Agende, qui ne tranchait pas clairement la question et que chaque parti accepta. Le jour où TEtat se retirera, le protestantisme allemand cessera de former une
Eglise et ne sera plus, selon Texpression de M. G. Monod, que « la collection des formes religieuses de la libre-pensée ».
Outre sa politique « protestante », l'empereur a encore sa politique « catholique », spécialement dirigée contre le protectorat que la France exerce depuis des siècles sur tous les chrétiens du Levant et de TExtrème-Orient. En 1885, escomptant la politique religieuse du gouvernement français, Guillaume I" essaya de faire nommer un nonce à Constantinople : ce nonce aurait dépossédé l'ambassadeur de France de ses prérogatives et n'aurait pas eu évidemment sur le sultan la même influence. Léon XIII sentit le danger et refusa de souscrire aux vues intéressées du Kaiser, Ce dernier renouvela peu après (1886) la même manœuvre en Extrême-Orient. Poussé par Mgr Anzer, chef des missionnaires allemands en Chine, il a soustrait ces derniers au protectorat français et demandé au pape la nomination d'un nonce à Pékin. La Propagande a répondu en maintenant « tous les droits de la France » (22 mai 1888). Une nouvelle tentative faite en 1899 par Guillaume II a également échoué.
Le protestantisme en Suisse, France, Hollande. —
{. Voir ci-dessus, t. X, p. 789.
£d Suisse et en France, les événements qui ont suivi la guerre de 1870 et ont déterminé dans ces deux pays le Kulturkampf retracé plus haut, ont donné au protestantisme une importance politique plus grande. En Suisse notamment, il a longtemps dominé et a maintenu les catholiques dans une situation d'infériorité notoire. En France, 1' « anticléricalisme » préconisé par Gambetta, visant uniquement le catholicisme, a par contrecoup favorisé les dissidents. En 1884, lors de la suppression des Facultés de théologie catholique, les Facultés de théologie protestante ont été conservées. Mais cet accroissement au point de vue politique n*a pas arrêté la décadence au point de vue religieux. La portion croyante parmi les calvinistes francosuisses est maintenant la minorité; la majorité est acquise au rationalisme. Il semble même depuis quelques années que les protestants français se désintéressent des questions purement religieuses, et, comme le pasteur allemand Stocker, se tournent vers les questions sociales. La fondation dun certain nombre d'oeuvres post-scolaires, imitées des œuvres catholiques, et la collaboration active qu'un grand nombre d'entre eux fournissent aux récentes « Universités populaires » sont des indices de cette évolution.
En Hollande, le calvinisme, qui a encore pour lui le nombre (2 millions d'adhérents) et l'importance politique, décline également au point de vue religieux. Il tend à devenir une simple opinion philosophique dans les hautes classes et même dans les classes moyennes de la société, où l'indifférence est aujourd'hui générale. Les calvinistes restés croyants gémissent de cet état de choses. Sous le nom de Dolcerenden et sous la direction du docteur Abraham Kûyper, ils ont formé un groupe à part et luttent, vainement, contre les progrès du rationalisme. — Quant aux Jansénistes^ qui ont en Hollande leur principal établissement, ils ne sont plus guère que cinq à six mille, répartis en quinze paroisses et trois évêchés : Ulrecht, Haarlem, Deventer. Ils ont naturellement repoussé le dogme de l'infaillibilité pontificale et même fait alliance avec les vieux-catholiques; mais ils reconnaissent encore la primauté du pape et continuent à lui notifier les nominations épiscopales qu'ils font :
le pape répond toujours en excommuniant le nouvel élu. — Toutes les autres nuances du protestantisme sont représentées en Hollande, mais atteignent à peine, au total, un quart de la population. — Les catholiques, au contraire, atteignent maintenant les deux cinquièmes (un million et demi). Depuis 1853, date à laquelle Pie IX a rétabli la hiérarchie, 400 églises ont été consacrées. Les évêques sont nommés directement par le pape sur la présentation des chapitres cathédraux. Le gouvernement est simplement « informé » : c'est là une des libertés auxquelles les catholiques néerlandais tiennent le plus.
Le protestantisme en Angleterre et aux États-Unis. — C'est en Angleterre que la division religieuse est aujourd'hui poussée à l'extrême. Plus de 200 « dénominations » sont inscriles sur les registres de l'Etat; mais une seule, l'Eglise éiablie^
a un caractère officiel. Cette Eglise est en communion avec les
Eglises épiscopales d'Ecosse et d'Irlande, TEglise « protestante épiscopale » d'Amérique, et les nombreuses Eglises anglicanes fondées dans les colonies anglaises d'Asie, d'Afrique, d'Océanie; mais ces dernières ne sont pas < établies » et sont absolument distinctes de l'Eglise d'Angleterre. L'Eglise établie a conservé l'aspect extérieur qu'elle avait avant la Réforme, c'est-à-dire qu'elle est toujours divisée en deux provinces indépendantes : Canlerbury et York. Le chef de l'Eglise établie est la reine, qui en nomme les évêques. Ces derniers siègent à la Chambre des lords, possèdent certains privilèges, et n'ont aucunes relations avec les nombreuses sectes dissidentes {Dissenters)^ qui forment des sociétés complètement séparées. Tous les ministres anglicans doivent adhérer aux 39 articles et adopter le rituel liturgique officiel {the Book of common prayei') ; mais cette obligation commune ne réussit pas à maintenir l'unité. Chaque jour s'accentuent la crise qui agite l'Eglise anglicane depuis le mouvement « traclarien » et la lutte entre les trois partis dont nous avons signalé précédemment la formation : le parti anglo-catholique ou High Churchy le parti évangélique ou Low Church^ le parti libéral ou Broad Church *. Ce dernier parti, par sa compo-
\. Voir ci-dessus, tome X, p. 790; tome XI, p. 993.
«ition et sa doctrine même, ne peut avoir aucune consistance. Le parti de la Low Church est le moins divisé et manifeste une hostilité croissante contre la High Church^ dont il attaque le « romanisme ». C'est en effet au sein de la High Church que l'union avec TEglise romaine rencontre le plus de partisans. En attendant, les Highchurchmen se rapprochent des pratiques et des rites catholiques. La restauration de la liturgie romaine est un des points essentiels de leur programme; d'où le nom de riiualistes qu^on leur donne souvent.
En avril 1895, Léon XIII écrivit son appel au peuple anglais, et les efforts persévérants de lord Halifax, qui avait gagné M. Gladstone à la cause de Tunion, semblèrent devoir aboutir. Mais une grave question surgit : celle de savoir si le pape reconnaîtrait ou non la validité des ordinations anglicanes. Pour les catholiques anglais, l'invalidité ne faisait aucun doute, et pratiquement, chaque fois qu'un ministre anglican converti désirait entrer dans le clergé catholique, il était réordonné. La question fut tranchée en septembre 1896 par IdiXMTQ Apostolicœ curœ, qui déclare nulles les ordinations anglicanes, pour des raisons à la fois historiques et dogmatiques. Les évèques anglicans essayèrent, dans une lettre collective, de défendre contre le pape la validité de lè'urs ordinations : ils s'attirèrent une réponse, courtoise, mais nette, des évèques catholiques anglais. Le mouvement de retour s'est trouvé par là, sinon arrêté, au moins ralenti. Depuis la mort de Gladstone, se dessine même un mouvement de réaction protestante. Mais les conversions individuelles continuent et viennent chaque jour augmenter le nombre des fidèles. Aujourd'hui, la population catholique du Royaume-
Uni s'élève à cinq millions et demi (Angleterre, 1 SOO 000 ; Ecosse, 365 000; Irlande, 3 550 000). Pour l'ensemble des possessions britanniques, elle est de 14 millions de fidèles, répartis entre ni diocèses ou vicariats apostoliques ^ Par la force des choses, la protestante Angleterre est redevenue, au sens étroit du mot, une puissance catholique.
1. En 1878, Léon XHI a rétabli la hiérarchie catholique en Ecosse. En 1895, il a créé le vicariat apostolique du pays de Galles, érigé en diocèse en 1898. Cela porte à quinze le nombre des évêchés sufTragants de Weslminsler.
Aux Etats-Unis, la diversité n'est guère moindre qu*en Angleterre. L'anglicanisme domine dans le Sud; le puritanisme dans le Nord-Est; le méthodisme et le baptisme dans le Centre et le Far-West. En laissant de côté les minor sectSy voici quelle était, en 1890, la situation. En dehors des 10 millions de catholiques, on comptait : 4 millions 200 000 presbytériens, 3 millions et demi de baptistes de nuances diverses, presque autant de méthodistes, 1 million de luthériens, 435 000 congrégationalistes, 430 000 adhérents à TEglise épiscopale, etc.
Les Juifs en Europe. — Il nous reste à dire un mot de la condition des Juifs en Europe. De 1848 à 1870, leur émancipation politique et religieuse avait fait de grands progrès. Le mouvement continua dans les années qui suivirent. C'est ainsi qu'en 1870, un décret, inspiré et signé par leur coreligionnaire Crémieux, membre du gouvernement de la Défense nationale en France, naturalisa en bloc tous les Juifs d'Algérie, et provoqua une insurrection des Arabes. — La Suisse, jusquelà réfractaire, suivit cet exemple en 1874 : la nouvelle constitution fédérale reconnaît en cfTet aux Juifs la qualité de citoyens. — En 1878, le traité de Berlin imposa aux Principautés danubiennes Tégalité des droits civils et politiques sans distinction de religion. Cette disposition, favorable aux Israélites, fut appliquée en Serbie et en Roumanie, mais éludée en Bulgarie» où l'influence russe prédomine. — Or, en Russie, les lois restrictives subsistaient. Les Juifs étaient notamment parqués dan& un < territoire » déterminé, d'où ils ne devaient pas sortir et où ils ne lardèrent pas à devenir trop nombreux. Alexandre II, usant de bienveillance, les autorisa souvent à « essaimer » au dehors. Mais sous son successeur, Alexandre III, une vive réaction, inspirée par la crainte du nihilisme, fut déterminée par le procureur général du Saint-Synode, M. Pobiedonostzeff. La condition des Juifs de Russie fut réglée par de nouvelles lois (mai 1882), exécutées d'abord partiellement, puis d'une façon rigoureuse en 1892. Les Juifs étrangers furent expulsés; les Juifs sortis du « territoire » y furent refoulés. — L*Empire ottoman a maintenu de même sa législation restrictive.
Il n'y a plus guère aujourd'hui que la Russie et la Porte dont
la législation tienne ainsi compte de la nationalité et de la religion particulières des Juifs. Mais, à défaut des lois, un retour en arrière se manifeste en ce moment dans les mœurs. Dans divers pays, les Juifs émancipés ont manqué de prudence. Très portés vers le commerce de l'argent, beaucoup d'entre eux ont acquis sur le terrain financier et économique une prépondérance estimée dangereuse, qu'ils ont cherché à acquérir aussi sur le terrain politique. De là ce réveil des anciennes hostilités, qu'on désigne sous le nom d'antisémitisme, et qui a gagné dans ces dernières années beaucoup de terrain en France, en Suisse, en Allemagne, en Autriche. Mais ce mouvement a surtout un caractère économique et politique et n'a pas, comme on dit aujourd'hui, de caractère « confessionnel » : ce qu'il vise chezlesJuifs,c'esllaploutocratieoularacc;cen'estpaslareligion. Telle est aux approches du xx"" siècle la situation générale de l'Eglise et des cultes non catholiques dans le monde. Sous divers rapports, elle laisse à désirer. L'heure n'a pas encore sonné où, en matière religieuse, on pourra voir régner sur la terre la liberté et Vunité.
BIBLIOGRAPHIE
Sur le vleux-catbolleliiiiie : Friedberg, Aktenslûcke der altkathoL Bewegiing, Tubingue, 1876. — Bfihler, Der AUkatfioL, Leyde, 1880. — Schulte, Der Altkathol., Gesckichte seiner Entwicklung , etc, 1887.
Sur le Kttlturkainpr en Priuvse : Kirchmann, Der KuUurkampf in Preussen und seine Bedenken, Leipzig, 1875. — Salmond, Exposition and defence of Prince Bismarck' s anti-ultramontane Policy, Edimbourg, 1876 (hostile au cathol.). — F. X. SchuUe, Gesckichte der ersten 7 Jahre des preiiss, Culturk., Essen, 1879. — "Wirnich, Die Centrumsfraction und der Culturk., MaycDce, 1879. — Mgr Janiszewski, Hist. de la persécut, de rÉglisc cathol. en Prusse, trad. Lescœur, Paris, 1879. — Hahn, Gcsch, des Culturk., Berlin, 1881 (hostile au cathol.). — R. P. Kannengieser, Les catholiques allemands, Paris, 1891 ; et Windthorst, dans le Correspondant, année 1891. — Lefebvre de Béhaine, Léon XUI et Bismarck, Paris, 1898.
Sur le Kulturkampr en Bavière, Bade, SuLuse : J. Verus, Der Culturkampf in Bayern, Berlin, 1890. — Friedberg, Der Staat und die kathol. Kirche im Grossherzogthum Baden, 2« édit., Leipsig, 1874. — Heiner, Gesetze die kathol, Kirche hetreffend, Fribourg, 1890. — aarels et Zorn (prolest.), Staal und Kirche in der Schiceiz, 3 vol.,'»1877 et suiv. — De IVœBte, Hist, du KuUurkampf en Suisse, 1887.
Siir l'B^lLue en Belgricfue et en France : Mgr Dûment, La Belgique et le Vatican, Paris, 1881. — Paguelle de Follenay, Vie du card.
Guibert, Paris, 1896, 2 vol. — Mgr Lagrange, Vie de Mgr Dupanloup, Vaiis^ plus, édit., 3 vol. — Mgr Baunardy Hisl. du card. Pic, Poitiers, 1893, 2 vol., et Vie du card. Lavigerie, Paris, 1895. — Paul Nourrisson, Le club des Jacobins svtis la troisième République, Paris, 1900.
Sur rÉgUme en Italie : Marco Minghetti, Stato e Chiesa, 2* édit., Milan, 1880. — F. Carry, La lutte actuelle entre le Quirinal et le Vatican, dans le Correspondant, années 1888 à 1890. — Soderini, Rome et le gouv, italien (1870-1894), Paris, 1895.
Sur TÉgUme en Pologne et en Roaifvle : Lescœur. V Église cathoL en Pologne sous le gouv. russe, 2® édit., Paris, 1876. — R. P. Pierling, La Russie et le Saint-Siège, Paris, 1896.
Sur Pie IX et Liéon XIII : Stepischnegg, Pougeols, Vies de Pic IX, citées stiprà, tome XI, p. 905. — O'Reilly, Vie de Léon XIll, 1887. — Mgr de T'Serdaes, Vie de Léon XUl, Paris-Lille, 1894, 2 vol.
^^;Ar le mouvement soelal cathoUcine : "Weber, Die sociale Organisation des rômischen KathoUcismus in Deutschland, Halle, 1890 (hostile au cathol.). — R. P. Kannengieser, Kettclcr et Corganisat. sociale en Allemagne, Paris, 1894. — Albert de Mun, Discours sur les questions sociales, publics par Geoffroy de Gr.and maison, Paris, 1 vol. — Card. Pecci (Léon XIII), L Église et la civilisation, Irad. Lapeyre, Paris, 1878. — SpuUer, Évolution politique et sociale de V Église. — Nitti, Le socialisme cathol.^ Irad. française, Paris, 1894. — Léon Grégoire (G. Goyau), Le pape, les cathol. et la question sociale, 3« édit., Paris, 1899. — Max Turmann, Le cathol. social, dans la Quinzaine, années 1898 à 1900.
Sur leii miiMiious eatliollciue» : Wemer, Orhis tcjTarum calhoticus, mmiones cathol., 1892. — Paul Fournier, La Constit. de Uon XI H sur les Églises unies d*Orient, dans la Revue de droit internat, public, année 1895. — Abbé Duchesne, Les schismes orientaux, dans la Quinzaine, année 1895. — "*, Les missions cathol. en Chine, dans la Revue des Deux Mondes, décembre 1886. — *", La politique allemande et le protectorat des missions cathol., ibid., sept. 1898. — F. Marnas, La relig. de Jésus ressuscitée au Japon, Paris, 1897, 2 vol. — Abbé Achille Lemire, Le cathol. en Australie, dans le Correspondant, année 1894.
Sur l^EgrlIse en Amértcine : V"* de Meaux, VÉglise cathol. et la liberté aux Etats-Unis, Paris, 1893. — Card. Gibbons, L'esprit religieux aux États-Unis, dans la Quinzaine, année 1897. — Jules Tardivel, La situation relig. aux Ét'its-Unis, illusions et réalités, Paris, 1900.
Sur le |>rote«tAnti«me en Allemn^ne : Lichtenberger, lUst. des idées relig. en Allemagne, Paris, 1888. — Hermann, Der evangelisrhe Glatibe ujul die Théologie Albrecht Ritschls, Marbourg, 1890. — Kûbel, Veber den Unterschied zwischen der positiven utid der libcralen Richtung in der modernen Théologie, 2° édit., Munich, 1893. — G. Goyau, V Allemagne religieuse. Protestantisme, 2° édit., Paris, 1898. — Sur le mouvement social protestant en Allemagne : Naumann, Das soziale Programm der evangel. Kirche, Leipzig, 1891. — Schultze, Die Prage der evangel. Arbeitervereine, Leipzig, 1895. - Gôhre, Die evangel. soziale Beivegung, Leipzig, 1896.
Sur le protestantisme en Angleterre : Abbé Delisle, L Anglicanisme et les sectes dissidentes, 1893. — Gladstone, Les ordin. anglicanes, dans la Revue anglo-romaine, année 1896. — R. P. Ragey, Jm crise relioen Angleterre, Paris, 1896. — Edm. Sch. PurceU, Life of card. Manning (t 1892), Londres, 1896, 2 vol. — p. de Pressensé, Le card. Manning, Paris, 1897. — Louis Robert, Vévolut. relig, contemp. en Angleterre, dans la Revue du Monde cathol., année 1900.