‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 101 sur 176 · L'ANNAM · texte numérisé non relu

L'ANNAM

explorée par notre compatriole Henri Mouhot. Dès 1865, le marquis de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine, et président de la Société de géographie, annonçait son intention d'organiser une mission scientifique en Indo-Chine; au mois de décembre de la même année, Tamiral de La Grandière en offrait le commandement au capitaine de frégate Doudart de Lagrée. La commission d'exploration fut définitivement constituée le 1" juin 1866. Le lieutenant de vaisseau Francis Garnior, inspecteur des affaires indigènes, en faisait partie. L'expédition quitta Saigon le S juin 1866; elle visita les ruines d'Angkor, qu'elle laissait le 5 juillet pour se rendre à Siem-reap; le 16 septembre, elle était à Bassac, se rendait dans Fancienne capitale Vien-chang, puis à Luang Prabang; elle répara le tombeau de Mouhot et pénétra dans le Yun-nan après avoir constaté la non- navigabilité du Me-Kong. On sait que de nouveaux voyages ont fait prévaloir d'autres idées. Garnier, à deux reprises, se sépara de l'expédition principale, descendit le Ho-tikiang, à partir de Yuen-kiang en novembre 1867, jusqu'à ce qu'il fût arrêté par les rapides; il devinait la future route du Tong-King. A gauche, il se rendait à Ta-li, capitale du sultan musulman Tou-wen-sieou, où Sladen l'avait précédé ; mais là il fut obligé de revenir en arrière. La mission arrivait le 16 janvier 1868 à Tong-tchouen ; c'est là que Lagrée, épuisé par son long séjour au Cambodge et en Cochinchine, non moins que par le dur voyage qu'il venait d'accomplir, mourut le 12 mars. Garnier ramena l'expédition au Kiang, où il s'embarqua; il arriva à Chang Haï le 12 juin 1868, et à Saigon le 29 du même mois. Ainsi se termina ce voyage mémorable, si considérable au point de vue géographique, et qui devait avoir une importance énorme au point de vue politique.

L'amiral de La Grandière. — Le contre-amiral Pierre- Paul-Marie de La Grandière, nommé gouverneur de la Cochinchine et commandant en chef par intérim le 28 janvier 1863, en remplacement de l'amiral Bonard, était rentré en France en mission spéciale le 31 mars 1865. L'intérim fut fait par le contre-amiral Roze. Le vice-amiral La Grandière, de retour en Cochinchine le 28 novembre 186S, y organisait la mission

d*cxploration du Me-Kong. Les agissements des Annamites d'une part, notre protectorat sur le Cambodge, d*aulre part, nous obligèrent à annexer les trois pro%nnces à Touest de notre colonie. Dans une courte campagne, Vinh-luong (20 juin), Chau-doc (22 juin), Da-tien (2i juin 1867) tombèrent sans difficulté entre nos mains. La Grandière ayant ainsi complété la conquête de la Basse-Cochinchine, partit pour la France, en congé, le 4 avril 1868.

Saigon. — Saigon, sur un affluent du Don-Naî, forme une circonscription dont la ville même (Thanh-Pho Saî-Gon) et cinq arrondissements (hal) (Giadinh, Tay-ninh, Thu-Dau-Mot, Bien- Hoa et Ba-ria), comprenant 63 cantons {iong)y et 635 communes (lang). Le tracé du plan de la ville fut fait le 13 mai 1862; un arrêté de l'amiral La Grandière (i avril 1867) oi^anisa une commission municipale constituée définitivement par ramiral Ohier (8 juillet 1869). Depuis le 8 mai 1867 jusqu'en 1871,1e médecin de la marine Louis Turc remplit les fonctions de maire.

Le Siam. — Nous avons vu les efforts faits par la France au xvn* siècle * pour établir des relations avec ce pays, et sa lutte avec la Birmanie au xvm^ siècle '. La capitale Juthia, fondée par Phaja-Uthong, qui prit le nom de Phra-Rama-Thibodi, en 1350 (712 de l'ère siamoise), avait reçu à sa naissance l'appellation de Krung-Thep-Maha-Nakhon-Si-Ajulhaja; elle fut réduite en cendres par les Birmans. Le Siam avait eu déjà plusieurs capitales, dont la plus ancienne, construite en 520 avant Jésus-Christ par le premier roi Bathamaràt, se nommait Savanthevalôk ou Sangkhalôk. Cependant un patriote siamois, Phaja* Tak (1767), réussit à chasser des ruines de Juthia l'envahisseur birman, et vint s'installer à Bangkok, qu'il appela Thanaburi. C'est sous son règne que Gia-Long se réfugia au Siam '.

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