Voir ci-dessus, t. X, p. 99i
qu'en 1834 jusqu'au Battambang. Pour tenir les Siamois en respect, Minh-Mang fît construire une citadelle à Pnom-Penh, où il installa le général annamite Truong Minh-Giang. Sur ces entrefaites, Âng-Chan mourut après vingt-huit ans de règne. Il eut pour successeur sa fîUe cadette, Ngoc-vân, âgée de vingt ans, sous le nom de Neac Ang-Mey. Cependant, les Annamites menaçaient d'absorber le Cambodge qui était divisé en 33 phn avec une administration semblable à celle de la Cochinchine dont le chef-lieu était Tran-Tay-Thànk (ancienne citadelle d'An-man). Les Siamois intervinrent, la reine Ang-Mey fut obligée de se réfugier à Chaudôc (1841), et le frère de l'ancien roi, Pre-Ang- Duong, proclamé roi. Toutefois, il ne reçut l'investiture qu'en 1847, après un traité signé en juin 1846, qui terminait les hostilités entre l'Annam et le Siam. Ce dernier pays reprenait aux dépens de l'Annam l'influence qu'il avait perdue sur le Cambodge à l'époque de Gia-Loug.
Relations étrangères. — La première ambassade au Siam depuis le xvii' siècle fut celle de John Crawfurd qui arriva à Paknam sur le John- Adam le 26 mars 1822, et à Bangkok le 28, chargé de demander une diminution de droits d'entrée sur les marchandises et le libre commerce dans les ports siamois. Reçu en audience du roi le 28 avril, Crawfurd ne put obtenir la signature d'un traité : les Siamois faisaient observer que les Portugais avaient signé un traité deux ans auparavant et que cependant aucun de leurs navires n'avait encore paru à Bangkok. Les Anglais essayèrent vainement de faire comprendre que leurs intérêts commerciaux étaient infiniment plus importants que ceux des Portugais. Crawfurd s'embarquait le 14 juillet 1822 et arrivait à Pak-nam quatre jours plus tard, en route pour l'Annam *, sans avoir rien obtenu. En 1826, le gouverneur général de l'Inde, lord Amherst, désireux d'obtenir l'aide des Siamois contre les Birmans, et d'apaiser l'inquiétude causée à leur établissement de Penang par l'occupation par les Siamois des territoires de leur allié Ahmed P' Sadj-ed-din-Alim, roi de Quedah, occupation qui dura jusqu'en 1842, envoya le