Voir, ci-dessus, le chapitre i
la préture, la questure, le tribunal, subsistent, niais ne sont également que des magistratures honorifiques.
L'armée est commandée par cinq maîtres de la milice, magistri militum, deux pour la préfecture d'Orient, un pour celle d'IUyrie, deux à Constantinople auprès de l'empereur (de là leur nom de magistri militum prœsenlales). Au-dessous, sont les comtes militaires, comités rei militarisa et les ducs. Nous avons vu plus haut ce qu'étaient les scolae ou gardes du palais, les protectores et domestici ou gardes du corps, les légions, les vexillationes ou ailes de cavalerie, les troupes auxiliaires. On a calculé que l'ensemble des troupes aurait dû théoriquement s'élever à 420 000 hommes, mais, dans la pratique, les effectifs devaient s'éloigner beaucoup de ce chiffre. Les Barbares, soit enrôlés, soit établis comme alliés (fœdet^ali) dans certaines régions, contribuaient pour une large part à la défense de l'Empire. Quatre flottes, celles de la mer Noire iavec Constantinople pour centre, de Carpathos (à mi-route entre Constantinople et Alexandrie), de Séleucie ou de Syrie, de l'Egypte, assuraient la défense des côtes et le transport des troupes. Une flottille spéciale était affectée au Danube. ^^^
//. — Les empereurs de la maison de Théodose et de la maison de Thrace.
Arcadius. — Si l'Empire ne succombe point, au v'^ siècle, il ne le doit pas à l'habileté des empereurs, dont l'intelligence est médiocre, l'autorité précaire. Arcadius (395-408), lâche et inepte, du reste à peine âgé de dix-sept ou dix-huit ans à son avènement, n'est qu'un prête-nom impérial dont dispose quiconque a la chance de s'en emparer. A la mort de son père, il trouve auprès de lui l'Aquitain Rufin, parvenu, grâce à ses intrigues, à la préfecture du prétoire; il le déteste, mais n'ose s'en débarrasser. Cependant, au moment de faire épouser sa fille à l'empereur, Rufin s'éloigne imprudemment. L'eunuque Eulrope prend sa place et marie Arcadius avec Eudoxie, la fille
du général franc Bauto (août 395). A son retour, Rufîn, pour se venger, aurait, diaprés une accusation d'ailleurs fort contestée, attiré lui-même les. Barbares dans Tempire. On a vu plus haut rinvasion d'Alaric ^ A Constantinople, Rufin avait été assassiné par le général goth Gainas, au moment où il allait se faire proclamer César par Arcadius (novembre 395). L'eunuque Eutrope gouverne. De naissance servile, ayant pratiqué les plus vils métiers, chassé par tous ses maîtres comme trop vieux et trop laid, il est entré au palais pour commencer à y être la^isée des derniers esclaves, pour y finir en maître de l'Empire. Tandis qu'il amuse Arcadius par des festins, des jeux, des courses, il trafique de tout, soulève l'Afrique contre Stilicon, aflame l'Italie. En 399, l'eunuque est proclamé consul. Une conspiration se forme au gynécée, dans laquelle l'impératrice Eudoxie a pour allié le patriarche de Constantinople, saint Jean Chrysoslome. Eutrope est renversé (399). Le Goth Gainas hérite de son pouvoir. Enfin, après de nouveaux troubles, commence le règne d'Eudoxie, et l'Empire tombe en quenouille jusqu'à ce que sa mort (404) vienne enfin délivrer Arcadius de cette longue tutelle. Il meurt quatre ans après (408).
Théodose n. — Sous son fils, empereur à l'âge de sept ans, le palais, comme le dit avec enthousiasme l'historien ecclésiastique Socrate, devient un véritable monastère que dirige Pulchérie, la sœur et la tutrice de l'empereur. On y prie, on y jeûne, on y chante des hymnes, mais on y gouverne peu et mal. « Sous le règne de Pulchérie, écrit le païen Eunape, qu'on pourrait, il est vrai, soupçonner de partialité, les nations étaient mises en vente pour ceux qui désiraient acheter des préfectures; on se les disputait sur des tables publiques comme des marchandises au marché. » L'éducation puérile que donna Pulchérie à Théodose en fait, non pas un empereur, mais un fantôme de parade. < Elle lui apprit à avoir dans les cérémonies un maintien grave et digne d'un empereur; elle lui apprit aussi comment il devait porter son costume, s'asseoir et marcher, comprimer son rire, et, selon le temps et le lieu, se mon-