‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos joursChapitre 34 sur 180 · Voir, ci -dessus, au chapitre u · texte numérisé non relu

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le mérite et la fortune ont placé au-dessus de lui, au lieu de conspirer, comme un esclave perfide, contre la vie de son maître. »

Marcien. — Marcîen, que Pulchérie élève au trône à la mort de Théodose, parvient par sa fermeté a affranchir TOrienl des Huns, qui se détournent sur TOccident. Ce sauveur de TEmpire, dont les contemporains célèbrent les vertus, est vieux, cassé par les infirmités. Il manque d'instruction. Du moins est-il modéré, désireux de rétablir Tordre. Il rappelle les victimes des proscriptions de Théodose IL II chercne à mettre fin aux dissensions de TEglise par le concile de Chalcédoine (451). Avec lui disparaît la maison théodosienne (457). Marcien ne s'y rattache d'ailleurs que par son mariage avec Pulchérie, qui lui avait fait jurer de respecter sa virginité.

Léon V^ le Thrace. — Comme aucune loi ne règle la transmission du pouvoir, les avènements ont un caractère tumultueux. La dignité impériale est à la merci des pires aventures. Un général alain tout-puissant, le patrice Aspar, la donne à son ancien intendant, le tribun thrace Léon, et gouverne sous son nom. Au bout de longues années de servitude, Léon s'affranchit par le meurtre d'Aspar (471). A l'extérieur, la situation de l'Empire n'est pas moins misérable. L'Italie demande un empereur à Léon, qui lui envoie Anthémius (467); mais Anthémius, lui aussi, est l'esclave d'un Barbare, le patrice Ricimer; quand il veut agir en maître, il succombe (juillet 472), sans que Léon l'ait défendu. Julius Nepos, mari de sa nièce, dont il veut faire ensuite un empereur d'Occident (474), est «basse par un autre chef barbare, le patrice Oreste. De Carthage, le Vandale Genséric lui dicte des ordres, ravage les €Ôles de l'Empire, et, en 468, lorsque Léon se décide à envoyer contre lui une flotte, son beau-frère Basiliscos fait traîtreusement 'échouer l'entreprise.

Zenon. — L'Empire tombe plus bas encore, lorsqu'à Léon * succède son gendre Zenon (février 474). Deux femmes intri-

i. Léon l" avait laissé un petit-fils âgé de quatre ans, né de sa fille Ariadne et de son gendre Zenon. Mais cet enfant, proclamé sous le nom de Léon 11, disparut bientôt pour faire place à son père.

pintes et corrompues, Vérine, belle-mère de Zenon, Zénonide, femme de Basiliscos, le gouvernent au gré de leurs caprices. Renversé par Basiliscos (janvier 415), Zenon s'enfuit dans la montagneuse Isaurie dont il est originaire, et ne parvient à rentrer à Constantinople qu'après plus d'un an et demi (476). Dans la suite, de nouvelles révoltes compromettent un pouvoir dont il n'use que pour donner libre cours à sa cruauté et aux plus grossières passions. Lorsqu'il veut intervenir dans les troubles religieux par VHénoticon * ou Édit d'union^ il n'arrive qu'à les augmenter (482). Cependant, au nord, grandit la puissance des Ostrogoths. Nous avons vu la politique que Zenon a suivie à leur égard •.

Anastase. — Après Zenon, c'est un obscur personnage, Anastase, investi au palais des modestes fonctions de sileniiaire (huissier), que la faveur d'Ariadne, veuve de Zenon, élève à l'empire (août 491). Il vaut mieux que son prédécesseur : les bonnes intentions ne lui manquent pas; il veut empêcher les exactions des fonctionnaires, il se préoccupe des classes inférieures. Mais les intrigues de palais, les troubles ne cessent pas. D'ailleurs, Anastase entend gouverner l'Eglise. Il déchaîne la guerre civile en voulant introduire une nouvelle formule, le Trisagiofiy dans la liturgie.

L'Église. — Pendant celte triste période, TÉglise grecque, dont l'influence est si grande sur la politique, ne vaut guère mieux que rÉtal. Tandis que TEglise d'Occident, active et pratique, sert dlnlermédiaire entre le monde ancien et les Barbares, celle d'Orient dépense son intelligence et ses forces dans de subtiles discussions sur le dogme et de misérables querelles. D'intrigants ambitieux, des anachorètes exaltés, des sophistes la remplissent et la gouvernent. Les meilleurs de ses chefs ne savent exercer aucune action utile. Sous Arcadius, saint Jean Chrysostomc, arraché à la solitude où son imagination s'est exaltée par les longues méditations mystiques et les abstinences, devient patriarche de Constantinople sans dépouiller l'esprit monastique. Incapable de gouverner les hommes en comptant

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