Voir, ci-dessous, chapitre vi, les missions en Germanie
formule est la même que celle du serment que prêtent les évêques suburbicaires, soumis à Tautorité immédiate du pape. Mais il n*y est plus question, naturellement, de l'empereur. Le pape, sujet de l'empereur en Italie, n'a pas à compter avec lui dans la Bretagne que les Romains ont évacuée au v* siècle, encore moins dans la Germanie qu'ils n'ont pu conquérir. Il y est, par droit de conquête spirituelle, un véritable souverain. Les églises d'Orient se regardent comme les égales de Rome; les vieilles églises d'Occident, églises d'Espagne et de Gaule, lui concèdent une primauté surtout honorifique, mais ce sont des églises sœurs peu disposées à se subordonner à une monarchie, ecclésiastique effective. Les nouvelles églises d'Angleterre et de Germanie sont des églises filles, dociles à l'autorité des papes.
Autres faits qui préparent la suprématie du pape. ^ — Or de grands événements vont déplacer le centre de gravité du christianisme. Les vieilles églises d'Orient, Jérusalem^ Antioche, Alexandrie, tombent au pouvoir des Musulmans; de ce côté il'rje subsiste que Gonstantinople, la rivale déclarée "de Rome. Les Musulmans occupent aussi l'Afrique et l'Espagne. D'autre part les missionnaires anglo-saxons, d'accord avec le* princes des Francs Carolingiens, rangent l'église de Gaule sous l'obédience effective de Rome. Le pouvoir impérial achève de s'écrouler en Italie, de telle sorte qu'au milieu du vni* siècle,, le pape, chef spirituel incontesté de la chrétienté d'Occident,, indépendant de fait de l'Empire romain, profitera d'un conflit avec l'empereur pour rompre le lien de sujétion qu'il avait respecté jusque-là. Rarement une révolution historique fut plus longuement préparée. On en peut grouper les causes sous, trois chefs : développement de l'autorité pontificale en Occident; émancipation du pape en Italie; ruine du christianisme en Asie et en Afrique. Nous avons exposé la première série de faits; nous exposerons ci-dessous les deux autres *.