DERNIERS ESSAIS D*EMPIRE CAROLINGIEN
Valence) avec le concours des archevêques d'Aix, Arles, Lyon, Vienne, Tarentaise, Besançon, des évêques de Marseille, Toulon, Riez, Apt, Valence, Grenoble, Vaison, Die, Gap, Orange, Avignon, Viviers, Uzès, Belley, Lausanne, Maurienn^, Màcon et Chalon. Il était donc maître de presque tout le bassin du Rhône. Les princes légitimes s'entendirent alors. Louis III et Carloman, qui venaient de se partager l'héritage paternel, le premier régnant sur la Neustrie, le second sur l'Aquitaine, Bourgogne et Septimanie (mars 880), eurent une entrevue, à Gondeville, avec Charles le Gros et les délégués de Louis le Jeune. Ensemble ils marchèrent contre Hugue, puis contre Boso (juillet 880). Màcon fut pris et Vienne assiégée. Charles le Gros partit bientôt pour se faire couronner empe^ reur à Rome (février 881). Carloman fut rappelé au nord par la mort de son frère Louis' III (4 août 882); mais Richard, duc de Bourgogne et frère de Boso, acheva le siège; le 4 décembre 882, Vienne se rendit. Boso ne fut pas cependant terrassé; il se maintint dans son royaume, et rentra à Vienne avant sa mort, survenue le H janvier 887. Moins heureux, Hugue de Lorraine finit par succomber (mai 885). On lui creva les yeux et on l'enferma à Priim. Louis le Jeune ne jouit pas de ce triomphe. Il était mort le 20 janvier 882. Charles le Gros, déjà empereur, roi d'Alamanie et d'Italie, recueillit le reste de la Germanie, Franconie. Saxe et Bavière. Le 6 décembre 884, la mort de Carloman de France (âgé de dix-huit ans) lui donna le reste de la monarchie franque. Le fils môme de Boso se soumit en 887. D ne restait plus de la famille carlovingienne que Charles lo Simple, un fils posthume de Louis le Bègue, et Arnulf, un bâtard de Carloman de Bavière, duc de Carinthie. Charles le Gros, reconnu roi des Francs occidentaux à l'assemblée de Ponthion (juin 885), réunissait presque tout l'empire de Charlemagne. Faible d'esprit et dépourvu de courage, il ne sut même pas le conserver jusqu'à sa mort. Il ne pouvait défendre ses sujets contre les Normands. Sa lâcheté vis-à-vis de ceux qui assiégeaient Paris (886), ses efforts pour assurer sa succession à son bâtard Bernard, décidèrent sa ruine. Arnulf de Carinthie se souleva et ne rencontra nulle résistance. Charles le Gros fut
déposé à la diète de Tribur (novembre 887) et mourut deux mois après (janvier 888). Le démembrement de la monarchie carolingienne fut consommé. Arnulf eut Tancien royaume de Louis le Germanique. Les Francs occidentaux choisirent pour roi le comte Eude, fils de Robert le Fort, que finit par reconnaître Rainulf, comte de Poitiers, le principal seigneur d'Aquitaine. Louis TAveugle, fils de Boso, se trouva roi de Bourgogne cisjurane ou Provence (janvier 890). Rodolphe, chef de la famille rivale des Welfs, également alliée à celle des Carolingiens, se fit reconnaître roi de la Bourgogne transjurane (Franche-Comté et Suisse occidentale) avec Saint-Maurice pour capitale. Bérenger de Frioul et Gui de Spolète se disputèrent la couronne dllalie. Le second se fit couronner empereur le 21 février 891.
Avant de suivre les destinées ultérieures des Etats fondés sur les ruines de TEmpire de Charlemagne, c'est-à-dire l'histoire de l'Europe chrétienne presque entière, il est nécessaire Je revenir un peu sur le passé et de faire sa place à une race d'hommes dont le nom a été déjà prononcé dans cet ouvrage, et dont l'apparition a modifié profondément l'aspect d'une grande partie de l'ancien monde romain, influé sur le sort de jrfusieurs peuples chrétiens et favorisé indirectement les progrès de la papauté elle-même. II nous faut parler des Arabes et de l'Islamisme.
BIBLIOGRAPHIE
Dciciinicntii. — La bibliographie dans Waite et MonocL — Mômes recueils que pour les chapitres iv, vif, viii. — Les historiens principaux sont Thegan, VUa Sancti Ludovici; — L'Astronome, SancH Ludovici imperatoris vUa, biographes de Louis le Débonnaire, tous deux trad. dans Goizot, Mémoires; — Nithard », Historiœ, qui raconte les guerres entre les fils de Louis le Débonnaire; — les Annales de Salnt-Bertin, sur le règne de Charles le Chauve; — les Annales de Saint-Vaast; — Régine, Chronique^ pour la région allemande.
Le recueil des Capitulaires (voir chap. vn) contient les actes des rois carolingiens; les capitulaires de Charles le Chauve sont particulièremeot instructifs; ils montrent le désordre général et Timpuissance du roi. — On trouve des renseignements épars dans les biographies des personnages
1. Nithard est le premier historien du moyen Age qui soit un laïque.
de celte période, surtout dans Paschase Radbert, Vie (TAdalard et de WaUij abbés de Corbie (ces abbés ont joué un rôle politique comme conseillers des rois), et dans les œuvres des personnages ecclésiastiques, Hincmar, évéque de Reims (Opéra, dans Migne, Patrologie), et Servat Loup, abbé de Ferrières, Epistolœ, éd. 1888.
Uvrcfl. — Bibliographie dans Waitz et MonocL
Tous les faits sont réunis et classés dans Simson, Jahrbûcher des Prankischen Reiches untcr Ludwig dem Frommen, 2 vol., 1870-74. — Dflmmler, Jahrbûcher des osifrànkischen Reiches, 2 vol., 1862-65, qui continuent, l'un de 814 à 840, pour tout TEmpire, l'autre de 840 à 918, mais pour l'Allemagne seulement, le travail de compilation et de critique fait pour les périodes précédentes. Le travail analogue n'a pas été fait en France pour le règne de Charles le Chauve. — En dehors des histoires générales (Bordier, H. Martin, Michelet), insuffisantes par cette période, il n'existe en français que des monographies : — A. Himly, Wala et Louis le Débonnaire, 1849; — E. Bourgeois, le Capiiulaire de Kiersy -sur-Oise, 1885, étude sur l'état de la société à la un du règne de Charles le Chauve.
Sur Hincmar, Von Noorden, Hincmar, 1863; — Schroers, Hinkmar, 1884.
Pour l'histoire d'Allemagne, depuis 843, Zeller, Histoire d'Allemagne, t. 11, 1873.
Sur les invasions des Normands, Depping, Histoire des expéditions maritimes des Normands, 1844; — Steenstrey, Introduction à l'histoire des Normands et de leurs invasions, 1876, trad. du danois, 1881, fragment d'un ensemble de travaux en danois.
Les transformations de l'organisation sociale sont étudiées dans Waitz et Fustel de Coulanges (déjà cités aux chapitres vu et vin). — Il existe trois monographies importantes sur les bénéfîces et la vassalité : P. Roth, Geschichte des Beneficialwesens, 1850; — Feudalitât und Unterthanenierband, 1863; — Faugeron, les Bénéfices et la Vassalité au ix® siècle, 1868.
Pour l'histoire de l'organisation ecclésiastique, outre Loening, Hauck, Funk, Hefele, déjà mentionnés aux chapitres v et vi, on trouve des textes bien choisis dans un ouvrage qui peut être encore consulté malgré son âge : Thomassin, la Discipline de f Église, 3 voL in-fol., 1725.
» Os,
"'Ci
sa." 1-8.