‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos joursChapitre 94 sur 180 · Dont le nom arabe, Djerdjer, esl resté au Djur^jura · texte numérisé non relu

Dont le nom arabe, Djerdjer, esl resté au Djur^jura

marché des Berbères. A la puissance de Kocéîla avait succédé celle de la Kahina ou magicienne Damiah, reine des Djeraoua de TAurès ^ Elle défit Hasan et le rejeta dans le désert de Barka. Il ne put reprendre roflensive que cinq ans plus tard. Cette fois, la Kahina succomba. Ses fils, dont elle avait elle-même préparé la 'soumission, passèrent aux vainqueurs. Ce fut avec leur concours et celui des contingents berbères que Hasan, puis son successeur Mouça-ben-Nocéir purent achever la conquête. Les tribus des indigènes furent une à une vaincues et soumises. Les places où des garnisons grecques tenaient encore se rendirent. Tanger ouvrit ses portes. Seul le comte Julien ne put être forcé dans Ceuta. A cette exception près, en 708, toute TAfrique du nord-ouest était aux Arabes. Des garnisons tenaient les points stratégiques, des missionnaires parcouraient les tribus pour propager l'Islamisme. C'était le moyen de rapprocher les conquérants et les masses indigènes, et de fonder quelque chose de plus durable qu'une simple occupation militaire, comme avait été celle des Vandales et des Byzantins.

État de TEspagne. — De Tanger, les Arabes découvraient l'Espagne, ce pays « qui valait la Syrie pour la douceur du climat et la pureté de l'air, l'Yémen pour la richesse du soi, l'Inde pour les fleurs et les parfums,... l'Aden pour les ports et les^beaux rivages ». Le royaume barbare qui s'y était fondé, à la suite des grandes invasions, était déjà en décadence. Los Wisigoths avaient fusionné avec l'ancienne aristocratie hispanoromaine, le clergé catholique *. Tous ensemble formaient une classe dominante qui détenait la propriété foncière, accaparait le pouvoir politique et pesait lourdement sur le reste de la population : habitants des villes depuis longtemps ruinés et comptés pour rien dans l'Etat, indigènes des campagnes soumis au servage et beaucoup plus maltraités depuis la chute de l'Empire romain, Juifs poussés à la révolte par d'intolérables vexations, par l'interdiction de leur culte, le rapt de leurs biens et de leur liberté. L'aristocratie comprimait à grand'peine les colères que

1. Elle était de religion juive, comme beaucoup des Berbères à cette époque.

Page 1