‹ Histoires d'autrefoisChapitre 28 sur 37 · MADAME DE LÉVALLE, ERNEST · texte numérisé non relu

MADAME DE LÉVALLE, ERNEST

Madame de Lévalle. — Ah ! c'est toi, Ernest? Ernest. — Oui. Le colonel vient de te quitter ? Madame de Lévalle. — A l'instant.

Ernest. — Eh bien ?

Madame de Lévalle. — Eh bien ! je suis tout à fait revenue sur son compte.

Ernest, vivement et avec joie. — En vérité ?

Madame de Lévalle. — Oh ! c'est un homme...

Ernest. — N'est-ce pas ?

Madame de Lévalle. — Un homme... très-estimable...

Ernest, désappointé. — Ah ! tu trouves ?

Madame de Lévalle. — Il a l'air de connaître parfaitement sa profession.

Ernest, étonné. — Ah ça ! mais de quoi avez-vous donc parlé ?

Madame de Lévalle. — Mon Dieu ! il m'a lu la

Gazette.

Ernest. — Le colonel? (A part.) C'était bien la peine de lui ménager un tête-à-tête. Haut.) Mais, enfin, tu l'as prié de rester.

Madame de Lévalle. — Et il reste.

Ernest. — A la bonne heure. (A part.) Il faudra bien qu'ils causent et qu'ils se fassent connaître

LES PREVENTIONS. 1 9 5

l'un à l'autre. (Haut.) A propos, tu as écrit à notre tante, madame de Neuville ?

Madame de Lévalle. — Quoi ! tu sais?

Ernest. — J'ai vu la lettre tout à l'heure entre les mains d'Etienne. Tu t'excuses sans doute de ne pouvoir recevoir M. de Massol ?

Madame de Lévalle. — Au contraire.

Ernest. — Comment?

Madame de Lévalle. — Je permets à ma tante de l'amener.

Ernest. — Que dis-tu ? Mais tu n'as pas réfléchi que c'était presque une promesse.

Madame de Lévalle. — Mon Dieu ! je le sais.

Ernest. — Mais songe...

Madame de Lévalle, vivement. — Je songe que vousmême, mon frère, vous me donniez, il y a quelques jours , d'excellentes raisons pour recevoir M. de Massol.

Ernest. — Sans doute, mais depuis...

Madame de Lévalle. — Depuis, rien n'est changé. J'ai été persécutée par ma tante, par vous, par toute la famille, enfin, pour ce mariage; je veux en finir, et, puisqu'on l'exige, je consens atout.

Ernest. — Mais non. ,

Madame de Lévalle. — J'épouserai M. de Massol.

Ernest. — Toi !

Madame de Lévalle, émue. — Et si... je suis malheureuse...

Ernest. — Ma sœur !

Madame de Lévalle. — Ce sera votre faute !

Ernest. — A moi ! Ah! par exemple, Agathe!...

(Madame de Lévalle sort.)

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