LIVRE III. — CHAPITRE l
tre l'humeur intraitable de Lothaire et la lK>iité de leur victime. H laisse entrevoir aux plus ambitieux, les effets d'une gratitude qui ne ^s^era {)as stérile. Bientôt , les rois de Bavière et d'Aquitaine, la plupart des prélats et detseiç^eurs n'aspirent plus qu'au moment de réparer leurs torts.
Le jeune roi de Lombardie , parvenu de feit ^ cet empire, objet de sa coupaMe et impatiente ambition , est l'obstacle le plus sérieux à renverser. L'habileté deGrondebaud tend à Lothaire, <iui le croit tout à lui , un piège où sa crédule présomption le fait tomber.
A l'instigation de ce moine rusé ^ le jeune empereur convoque un parlement à Nimègue , pour faire légalement reconnaître son autorité m présence de son père lui-même. A la vue du fils rayonnant de tout l'éclat de la puissance , et du père plongé dans l'avilissement et l'abandon , A s'élèvera , luiditGondebaud , une voix unanime peur déclarer de nouveau le vieil empereur indigne d'exercer l'autorité souveraine , et pour remercier le ciel d'avoir mis le sceptre impérial dans de jeunes et habiles mains !.... Gomment résister à de si flatteuses insinuations ?
L'empereur Louis est conduit au milieu de cette assemblée où Lothaire lui réserve le der-
nier oulrage et la dernière humiliation. Les troi fils de Louis sont présens... Le monarque chu f que rassurent les dispositions secrètes d deux de ses enfans et de la grande majorité d l'assemblée y prend tout à coup Tair et le toi du maître , déconcerte l'audace de Lothaire sa parole fière et impérieuse^ le fait tomber su pliant à ses pieds , se venge de l'ingratitude ses trois fils par la clémence^ punit de V quelques chefs de la révolte, et fait déposer 1' vêque d'Amiens par ses collègues dans Tépi s copat.
Toute la vengeance que Louis tira de Lothai i fut de ne plus le traiter comme empereur ; ma. il lui rendit son royaume de Lombardie , où jeune prince alla cacher sa honte et ourdir nouvelles trames.
Quelques scrupules firent un moment hésit'^^ l'empereur Louis à rappeler l'impératrice, qu'elle avait pris le voile. Les évéques et le so verain pontife décidèrent que l'engagement de Judith était nul. Judith vint à Aquisgrana C pour se justifier, devant une assemblée sole nelle, des crimes qu'on lui avait imputés : p9 sonne ne se portant son accusateur, elle
(1) Aimée 831.