LIVRE III. — CHAPITRE III
près d'Auxerre, au mois de juin de l'an 841. LfOtiis et Charles étaient considérablement les plus forts 9 el cependant ils hésitèrent à livrer une bataille où allait couler le plus beau sang de l'empire. Us tentèrent des propositions d'arrangement que l'intraitable Lothaire repoussa avec hauteur.
Le lendemain de la Saint-Jean , le samedi, vingt-cinquième jour de juin, Charles et Louis ayant déclaré qu'ils s'en remettaient au juge- '^ent du Dieu des armées , la bataille se donna P»*ès de Fontenay. Elle fut opiniâtre, sanglante (1), long-temps disputée. Enfin la for- ••une se déclara contre Lothaire. Les deux rois ^^înqueurs arrêtèrent le carnage , s'opposèrent ^ la poursuite des fuyards, firent enterrer les '^orts et panser les blessés sans distinction des "^ligs où ils avaient combattu , et Ton donna la **oerté aux prisonniers : exemple de.modéra- *^n dans les guerres civiles, bien remarquable Ï^Ur l'époque où il fut donné et rare dans tous '^^ temps.
Lothaire , après sa défaite , au lieu de retour- ^^r dans la Lombardie qui n'était plus qu'une •^^ovince de son empire , se rendit à Aquisgrana
1^ (i ) Plusieurs historiens préleiideiit qu'il y |>érit cent niiUe -^«Umes.
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pour réparer ses perles ; mais il ne lui lut plu possible de recouvrer son ancienne supérioril sur ses frères.
Enûn , après tant de sang répandu ^ après d longues et irritantes conférences ^ des traités d paix furent signés à Verdun (1) entre les tro: (ils de Louis -le -Débonnaire, et l'empire d Gharlemagne fut pour jamais démembré.
Charles-le-Chauve eut la France, moins que ques provinces ; Louis le royaume de Germanie et en prit le nom de Germanique; Lothaire eu avec le titre d'empereur, la Provence, le Dauph né, le Languedoc, la Suisse, la Lorraine, TAlsao la Flandre , la Lombardie et ses dépendance! enfin, et en termes exprès, la ville de Rome{i
Cette paix ne fut qu'une trêve pour Tefifusic
(1) Année 8^3.
(2) Voltaire fait observer qu'à cette époque les sava dans rhistoire commencent à donner le nom de Fratfi aux Francs.
« Ce fut alors, dit-il , que l'Allemagne eut ses lois pari » culières : ce fut l'origine de son droit puMic et en mêii •> temps l'origine de la haine entre les Français et les AD » mands. »
Florus, diacre de Lyon sous Louis - le - Débonnaire (j|iarles-lc-(]hauTe , a déploré ce démembrement de Tei! pire dans une sorte de complainte dont M. GuizoT , JXi loirc de la Civilisation, T. H , leçon XXI v , page 266 , 00 donne la traduction (pii suit :
« Un bel empire florissait sous un brillant diadème , il i • <nai( qu'un prince et qu'un peuple : toutes les \ille8 avah