LIVRE IV. — CHAPITHE II
TroKitières par d'innombrables hordes d'enva* liisseurs , mutilée , morcelée sur tous les points^ la oour du Bosphore était encore moins en me* sure que la France de jeter un regard ambitieux sut* ses anciennes possessions d'Italie ; et l'Italie y de son côté , ne pouvait guère , dans ses P^essans périls , fonder sur elle quelqu'espoir de secours. Disons-le, toutefois , les empereurs d'Occident purent concevoir un moment quelles inquiétudes.
A lamortdeThéophile, l'impératrice, sa veuve^ ^'^ît pris en mains , comme régente de son fils Michel III, âgé de trois ans , les rênes de l'empîre , pt , à l'exemple de la veuve de Léon , de *^ célèbre Irène, elle avait mis sa gloire à réta- Wîp les images. Le sang coula pour ce rétablis- ^^ntient comme il avait coulé pour la prohibition. ^ï^e procession solennelle fut instituée pour appeler tous les ans le souvenir de cette grande ^cioire obtenue sur une hérésie qui comptait ^Ht vingt ans de durée. On appela cette solen- *té la Fête de l'orthodoxie. Rome, on le confît, ne put qu'applaudir à ce triomphe, mais He fut que passager. La politique de Théo- »*o eut-elle pour but secret de réparer les per- • que l'hérésie de Léon-r Isaurien avait en-
tnées pour le trône d'Orient? Le triomphe T. I, 29
des iconoclastes avait été la première cause la perte de l'Italie ; la ruine de cette mémehérfi^sie devait-elle, dans l'esprit de Timpératric^ ^ comme autrefois l'avait pensé Irène, ramener ces belles contrées sous la puissance de Con^ — tantinople? De mystérieuses intrigues, de secr< tes intelligences , soigneusement ménagées les bords du Tibre , préparaient-elles de longi main le grand événement que la présence d^ Louis II à Rome (it avorter ? Le fils de Lothai re fut-il aidé dans cette victoire par les nouveaux troubles survenus à la cour du Bosphore, par l'exil de Théodora et par le règne brutal de son fils Michel, dont la débauche et la cynique licence neutralisèrent tout ce que Texpérience et le zèle de Bardas eussent pu amener d'heureux résultats pour l'empire? Tous ces douter peuvent s'élever ; les concevoir est chose pli^^ aisée que les résoudre.... Dans tous les cas, /^ rapport de Daniel ne put que vivement impres^ sionner Louis IL
Le jeune empereur avait d'autant plus d'intérêt à s'assurer du plus ou moins de fondement des craintes qu'on lui avait inspirées ; il lui im> portait d'autant plus de faire échouer les projets de Théodora , s'ils avaient été conçus réellement, que cette Italie, que l'on disait con-