LIVRE IV. — CHAPITRE III
écuyer et premier secrétaire d'Ëtat^ possédant iie grandes richesses, homme d'une science universelle, d'une éloquence entraînante et persuasive y d'un esprit souple et artificieux , et d'un génie aussi vaste qu'entreprenant , tel était l'am^ t>itieux qui convoitait en silence la chaire dignement occupée par le vertueux Ignace.
Une occasion se présente.... Bardas, aban^ dconé aux passions les plus dissolues, chasse S2I femme pour vivre publiquement avec une concubine, et> dans cet état de scandale^ se pré^ s^nte un jour de solennité pour participer à la ^^on^munion : le patriarche Ignace la lui refuse*. I^jà , une première fois , le saint homme avait b^avé la colère de Bardas et de Michel > en ref^ssuit de couper les cheveux et de donner l'ha- ^H nionastique à l'impératrice Théodora et à ^^s filles. La nouvelle résistance d'Ignace 'met *6 oomble à la fureur de Bardas. Photius profite ^^ cette irritation qu'il excite sourdement; il S^gne Bardas par sa soumission et ses promes- ^^^ ; les évoques sont gagnés à leur tour ; on ^^piilse Ignace , on le relègue dans l'île de Té- ^^bînthe sans pouvoir obtenir un acte de re- '^^ïiciation à son siège , et on lui donne Photius I^U.T successeur. Un laïque, qui n'a encore connu ^l^^ la guerre et les intrigues politiques , devient
tout à coup patriarche. Le premier jour, on \i fait moine (1); le second jour, lecteur; le troi sième, sous-diacre; le quatrième, diacre; lecîn quième jour, prêtre ; puis enfin , patriarche l jour de Noël de Tannée 858.
Le pape Nicolas, malgré les protestation perfides de Tintrus, et une ambassade de quatr évoques que lui envoie l'empereur d'Orient prend le parti dlgnace et excommunie Pbotiufl Taccusant des violences exercées contre le vn patriarche, et lui reprochant d'avoir francli avec une insolite rapidité tous les degrés de 1 hiérarchie ecclésiastique. Photius répond qu saint Ambroise , gouverneur de Milan et à pein chrétien (2), est arrivé avec plus de rapidité d la position d'un simple laïque à la dignité d'é vôque; il proteste qu'on lui a fait violence
(i) Les moines étaient alors regardés comme faisant p» tie de la hiérarchie.
(2) « En 374 , Auxence , évéque de Milan , arien d'opi »nion, venait de mourir; on s*était réuni dans la cathedra » pour élire son successeur. Le peuple, le clergé , les M » ques de la province, tous étaient là , et tous très animé » Les deux partis , les orthodoxes et les ariens^ voulalei » chacun nommer Févêque. Le tumulte aboutit à un désoi » dre violent. Un gouverneur venait d'arriver à Milao i "nom deTempereur : c'était un jeune homme; il s'appda •> Ambroise. Informé du tumulte, il se rendit dans l'élis •pour le faire cesser; ses paroles, son air plurent an peu » pie. Il avait bonne renommée ; une voix s'élève du milie >' de l'église , la voix d'un enfant : selon la tradition , ell