‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 202 sur 380 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

^ ioires, non par les excommunications du pape » ou des évoques. Si les pontifes romains veulent » ainsi disposer de TËtat^ disent-* ils encore , » qu'ils le soutiennent contre les attaques des » Normands y et qu'ils ne nous demandent pas n de les défendre eux-mêmes. Puisque le pape n Adrien ne peut être évéque et roi, puisque ses » prédécesseurs se sont contentés du gouverne- ]> ment de l'Église , et n'ont point entrepris sur » l'Ëtat qui appartient aux princes, qu'il ne )» nous ordonne pas de reconnaître pour roi ce- » lui qui, se tenant éloigné de nous, ne peut » nous soutenir contre les barbares ; qu'il ne )» prétende pas nous assujettir à un joug que ses » prédécesseurs n'ont pas imposé à nos ancé- » très : nous ne pouvons le supporter (1). »

Adrien, loin de se rendre à ces raisons puissantes , plus irrité du mépris de son autorité que rfu froissement des droits qu'il revendique pour f-ouis II , ose prendre ouvertement parti pour fils rebelle de Charles-le-Chauve , et écrit e nouvelle lettre impérieuse et menaçante à monarque.

Charles, doublement offensé comme père et mme roi , répond au pape sous l'inspiration

<1) UUl de l'EgL, B.-B., T, v.

tO PRËAUÈRK ÉPOQUE.

d'Hincmar : a Nous avions bien voulucroîre que » la première épttre n'était pas de vous ; mais » la seconde ne nous permet plus de la méoon- » nattre. Vous nous traitez de pariure, de tyran, D d'usurpateur. Si vous exigez des manfues de » reconnaissance et de dévouement, écrivezy> nous comme les papes voe prédéoesseois <mt » écrit aux rois nos ancêtres. Êcrivesr-Bous d'un » style qui convienne à votre sainteté et à notre » majesté...«è...

» Les rois de France ne sont pas les servi- )> teurs des évéques ^ mais les maîtres de l'État. » Les menaces d'excommunication contraires i x> l'Écriture y à la traditiim, aux canons^ sont » sans force comme sans effet. Votre îUiistre et » saint prédécesseur Léon a dit que le privilège » de Pierre subsiste quand ce jugement est seloa » l'équité ; il ne subsiste donc plus quand et » jugement est injuste. »

Ainsi la fausse démarche de l'empereu' Louis 9 imprudence dont l'ambition de Rom croyait pouvoir profiter y avait fait se fourvoy< la puissance pontificale , et donné un sujet ^ ^ triomphe à l'usurpation qui, confondant sa cau^' avec la cause de la royauté , s'était armée de ^^ double autorité de la force et de la raison.

De hrillans succès contre les Sarrasins vinri^^

LIVIIE IV. — CHAPITUE IV. H

A peu dédommager l'empereur du mauvais rédtat de la malencontreuse médiation du pontife nain dans les affaires de France, et de Taffroni çn à la cour de Constantinople.

Les princes lombards et d'Italie avaient réuni utes leurs forces , sous les ordres de Louis H , mr une expédition décisive : les troupes ve- I6B de Lorraine étaient un bon renfort pour innée impériale. Oihon . comte de Bergame y •mmandait en chef sous l'empereur. Quelques tinbâts partiels, sans importance cœnme sans ré- Ital, ouvrent la campagne et exaltent l'ardeur )9. deux camps. EnQn le signal d'une attaque inérale ébranle toute l'armée de Louis qui amhe, pleine de confiance et d'enthousiasme , ntfe les remparts de la place. Les Sarrasins , m des succès de l'année précédente', comptant irde nouveaux triomphes , trop impatiens pour tendre l'ennemi derrière des murs crénelés, se rteot à la rencontre des troupes impériales, r dioc fut impétueux , la bataille meurtrière, victoire long-temps indécise ; mais , secondé r l'habileté d'Othon , par la bravoure et h •c^fdîne de ses bataillons impénétrables cette ^ aux charges désespérées des mahométans. uis II triomphe enfin de toute résistance. Les rrasins , mis en déroule , fuient de toutes

parts. Bari et Canosa-Matera (1) ouvrent leu/^ portes à l'empereur.

Louis poursuit les Maures jusqu'à Tarente : pendant qu'une partie de- ses troupes &it le siège de cette place , il parcourt en vainqueur les contrées voisines infestées encore par quelques restes épars des hordes musulmanes qu'il chasse devant lui j et il châtie en passant qudques comtes d'une fidélité plus que douteuse. Ce qu'il perd en. Lorraine et en Provence , la victoire semble vouloir le lui rendre en Italie. Profitant de l'éclat de soo triomphe^ il cherche à étendre sur presque toute la Péninsule y sinon ouvertement son autorité , du moins sa tutélaire influence ; Amalfi , le duché de Naples méme^ entraînés par le prestige de sa gloire , semblent prêts à se livrer au monarque victorieux. Mais l'empereur Basile^ l'œil ouvert sur des provinces qu'il veut conserver, tout en laissant à d'autres le soin de les défendre , se plaint hautement de la conduite de Louis II et de ses projets ambitieux sur l'Italie toute entière.

Le vainqueur de Bari , qui a intérêt à ne pas rompre ouvertement avec les Grecs, et pour qui, du reste , le bien général parle plus haut q^^

(l) Ml'RATORI, Ann. d'hal. , anii. 871.

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