‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 351 sur 380 · LIVRE m. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE m. — CHAPITRE V

armée de soixante mille combattans sur les bords de ÏÀdige, Mais là, les comtes, les gouverneurs, tous les chefs de l'armée, entourant un jour le jeune prince , lui déclarent qu'ils sont las dii joug de son père ; que toute l'armée est décidée à s'affranchir de cette intolérable oppression; que toute domination leur sera meilleure que celle de Bérenger, et qu'ils vont prononcer sa déchéance. Cependant ces hommes dont la plupart peut-être ont hâté de leurs vœux et de leurs instances la venue d'Othon , soit qu'une honte secrète les ait subitement saisis à la veille de voir leur patrie envahie de nouveau par des troupes étrangères, soit qu'ils aient été touchés par les remontrances ou les prières d'Adalbert, ces chefs de l'armée, au moment d'effectuer leur menace, semblent vouloir mettre de la mesure dans l'explosion même de leur mécontentement.

Le souvenir de ce qui fut fait en faveur de Lothaire lors de l'expulsion de Hugues, leur revient à la mémoire. Si leur haine poursuit Bérenger, elle ne veut point atteindre son (ils. Qu'Adalbert se rende à Pavie ; qu'il obtienne de Bérenger une abdication immédiate, sans réserve; qu'Adalbert prenne en main les rênes de l'État , et, à ce prix, le concours de leurs ar-

mes est garanti au nouyeau rm. Qae ce voeu s'accompUsse^ et tous promettent de combattre quiconque viendrait disputer la couronne à leur jeune monarque.

Âdalbert se rend à la cour de Pavie.

Bérenger, sur le rapport de son fils y se montre disposé à un sacrifice dont il sent l'inévitable nécessité. Mais Willa, la perverse ^ ambitieuse Willa, triomphe de ce qu'elle appelle la lâche condescendance de son époux. Adalbert rapporte à l'armée un refus formd au roi. Aussitôt les chefs irrités replient leurs tentes y déclarent que Bérenger n'est plus leur mattre, et désertent le camp avec tous leurs guerriers. Le plus grand nombre court au devanl d'Othon et va se ranger sous ses drapeaux.

Ce monarque pénètre en Italie, la traverse sans rencontrer ni obstacle, ni résistance, et les portes de Pavie s'ouvrent à son approche.

Bérenger et sa famille avaient quitté la capitale sans chercher à la défendre.

Les princes et les prélats italiens accourent de toutes parts. Une diète se réunit à Milan (1). On y déclare Bérenger et son fils Adalbert

(1) Lam>olpiie le vieux, Hist. MedioL , liv. ir, c. xvi, T. W.Rerinn Italie., Mm, 961.

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