CHAPITRE r'. — PREMtÈRE ÉPOQUE
D'abord» une faute d'étiquette^ disons-mieux, Foubli d'un devoir que lui a imposé une autorité plus forte que la sienne , devient un crime dont on a l'air d'absoudre le jeune prince repentant y mais dont on le punit en lui enlevant ses deux plus sages ministres. Privé de ce puissant secours , Bernard n'en continue pas moins à se rendre l'idole de son peuple ; mais la haine qui le poursuit, veille persévérante près du trône impérial. On veut le pousser à la révolte, sorte de moyen et de prétexte pour le fort d'opprimer le faible ; chacune de ses attributions comme roi tombe une à une , offerte en holocauste à l'implacable impératrice. Enfin, pour comble d'outrage, un partage de l'empire se fait à Âquisgrana. L'empereur ose disposer de la Lombardie , et la destine , après sa mort , à Lothaire , comme si Bernard n'en occupait pas le trône. Le jeune roi s'indigne de cette cruelle insulte : poussé par les seigneurs et les prélats d'Italie , dont une pensée patriotique sert cette fois l'esprit inquiet et turbulent, il ose recourir aux armes. Louis vient à lui avec une armée formidable : le fils de Pépin se soumet, est jeté dans les fers et meurt, bientôt après, dans les tourmens.
L'Italie avait pleuré le père, elle pleura le
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fils. La domination des Francs^ depuis un quart de siècle y s'était résumée dans ces trois moiDs de glorieuse mémoire : Chariemagne, Pépin et Bernard, auxquels la gratitude dv peuple mèbit les noms d'Âdhélard, d'Angilbert et de Walh.
Les résultats de cette domination avairai été la réconciliation de la Lombardie avec le Saint- Siège, la soumission de quelques grands vassaui rebelles , tels quo les ducs de Frioul et de Bénévent, la défaite des Maures dans les ttes de la Méditerranée qu'ils étaient venu ravager, A d'où ils commençaient à menacer l'Italie ; la résurrection momentanée des arts et des lettres; enfin, la réintégration progressive des Italiens, naguère traités presqu'en tlotes par les Lmnbards, dans leur indépendance et leur dignité de citoyens.
Quelque temps après la mort de Bernard , Louis , à l'exemple de Charlemagne , laisse inoccupé le trône de Pavie ; mais l'ambition de Lothaire , mécontente du stérile titre d'empereur que son père lui a octroyé sans la puissance , obtient enfin cette belle couronne lombarde que lui avaient dès long-temps ménagée les intrigues de sa mère.
Fils ingrat et rebelle, frère dénaturé, fléau de Tempire qu'il couvrit de sang et de ruines.