LIVRE 11. — chapitrk: u
Uàméme dénomination fut donnée à Tune des plus singulières folies de ces temps barbares , à l'épreuve de Veau froide^ de Veau bouillantey du f^u ou de la croix.
Éùenne Baluze a rassemblé toutes les anciennes cérémonies de ces épreuves : elles commençaient par la messe; on y communiait l'accusé; on bénissait, on exorcisait Veau et le feu.
Dans l'épreuve de Veau froide j quand il s'agissait d'un procès criminel, on garrotait le préveiiu et on le jetait dans l'eau. S'il tombait au fond, il était jugé innocent ; s'il surnageait , ou le considérait comme coupable.
Dans les procès civils , la défaite était pour qui surnageait. Cette épreuve ayant donné lieu à des ruses qui faisaient éluder le châtiment ou triompher une mauvaise cause, Louis-le-Débonnaire la fit supprimer (1) en 829, par le con- <^ile d'Attigny (2) qui crut devoir y substituer l épreuve de Veau bouillante.
(l)« Celte triste coutume, » dit Voltaire, * « proscrite de-^ ^ pois dans lés grandes villes , s'est conservée jusqu'il nos 'jonrsdans beaucoup de provinces. »
^''est à nos yeux une des mille preuves que les usages , lii^Ique abfturdes qu'ils puissent être , sont souvent plus forts ^^^ les plus sages lois.
(2) Cette première injonction fut insuffisante , car Lo- 'naire dut encore prononcer l'abolition de cotte coutume
252 PREMIÈRE ÉPO(iUE«
L'épreuve de i'eau bouillante ou du feu consistait , pour le prévenu ou les plaideurs , à mettre la main dans une chaudière d'eau bouillante ou sur un fer rougi par le feu.
On enveloppait la main dans un sac que Ton cachetait ; si j trois jours après , il ne paraissait pas de marque de brûlure , on sortait vainqueui et purgé de l'accusation dans les causes criminelles. Cette épreuve était plus particulièrement destinée à la conviction de l'adultère. Au civil, celui dont la main avait le moins souffert , gagnait sa cause.
EnLombardie^ l'individu qui était accusé d'un (*rime capital j subissait l'épreuve du feu quand il n'avait pas d'autre moyen de se disculper. Dans cette épreuve, l'accusé marchait les pieds nus, sur neuf barreaux de fer rougis par la flamme ; si ses pieds restaient intacts, son innocence était proclamée. On sait qu'il y a des secrets pour soutenir l'action du feu , sans péril, pendant quelques secondes. Ces secrets, comme le dit Voltaire , étaient alors d'autanl plus connus qu'ils étaient plus nécessaires. Que devenaient donc ces absurdes jugemens éludés:
daii5 sa conslitulion iiiscrcc au Code des lx*mbards , liv. n . T. l.v, S 31.