‹ Histore de la maison de Saxe-Cobourg-GothaChapitre 15 sur 28 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Députa la uluauer d'Erneat I, feu due regaant de Naie-l'obourg-

a princesse Auguste-Sophie-Caroline, épouse du duc François {Antoine), prince héréditaire du duché de Cobourg-Saalfeld, avait déjà donné le jour à trois princesses, quand, le 2 janvier de l'an 1784, le canon de l'antique forteresse qui domine la ville de Cobourg annonça la naissance du prince dont nous allons esquisser la biographie.

A l'époque que nous venons d'indiquer, le duc Ernest-Frédéric (mort en 1800), grand-père du nouveau-né, régnait encore.

Dès son enfance, le prince Ernest annonça une intelligence heureuse ; il ne tarda pas à répondre aux espérances de ses parents et de ses professeurs '.

1 Son éducation fut successivement conduite par le conseiller Ilucbf n et le colonel de Seigncut .

Ce fut en 1802 que le prince héréditaire Ernest, déclaré majeur, en conformité des lois de la famille des princes de Saxe, entra dans la carrière de la vie publique. Dès 1795, le jeune prince avait accompagné sa mère et ses sœurs aînées à Saint-Pétersbourg, dans un voyage où se nouèrent les relations d'amitié et de parenté qui depuis n'ont pas discontinué d'exister entre la maison de Gobourg et les cours de Russie et de Prusse, relations qui exercèrent une influence puissante non-seulement sur la vie du duc Ernest, mais encore sur le pays qu'il était appelé à gouverner. Nous rappelons ici que la princesse Julien ne-Henriette-Frédérique (Antia-Féodorowna) devint l'épouse du grand-duc Constantin (1796), et qu'en 1798 la princesse Anloinette-Ernestine- Amélie, épousa le duc Alexandre, frère de l'impératrice-mère, général de la cavalerie et gouverneur-général de plusieurs provinces au service de la Russie

L'Europe entière était sous les armes. Catherine, désireuse de s'attacher la maison de Cobourg, donna au jeune prince le grade de colonel dans les grenadiers de Saint-Pétersbourg; l'empereur Paul, à son avènement, le fît passer dans la garde dlsmaïlow, et l'empereur Alexandre le nomma (24 mars 1801) général dans les gardes à cheval.

Le prince Ernest suivit avec zèle l'étude des sciences militaires, et profita de toutes les occasions qui pouvaient s'offrir d'apprendre les détails du service dans

* Le duc Alexandre de Wurtemberg, mort à Gotba en 1 83-3, cet père du duc Alexandre de Wurtemberg, gendre de LouivPhilippe, roi de» Français.

toutes ses branches ; ce fut dans ce but qu'il se rendit, en 1803, à Berlin, pour assister aux grandes revues de l'armée prussienne ; il y retourna encore au printemps de Tannée suivante, après avoir visité les provinces du Rhin et de l'Alsace. La même année, il se rendit au camp qu'une partie de l'armée autrichienne avait établi aux. environs de Prague, et on le vit, en 1805, à la grande revue de l'armée prussienne,, qui, par suite des événements politiques, se tenait prête à marcher contre la France. Vers la fin de l'année 1805, il alla en Moravie pour rejoindre l'armée russe ; cependant, la paix ayant été faite après la victoire d'Auslerlitz, il rentra dans Berlin, où se trouvait son beau-frère le grand-duc Constantin. Chargé de pleins pouvoirs de son père, il accéda à la confédération projetée alors par les princes du nord de l'Allemagne, dans le but de faire face à la confédération du Rhin, que Napoléon avait fondée sur les ruines de l'Empire et dont il s'était déclaré le protecteur par le traité du 12 juillet 1806.

La marche rapide des événements fit avorter le projet, et la Prusse se vit forcée de paraître plus tôt qu'elle ne l'aurait voulu sur le champ de bataille; le prince Ernest se rangea sous ses drapeaux en qualité de volontaire.

On était au 10 octobre : le quartier-général du roi était aux environs de Blankenhain , quand le canon annonça le commencement des hostilités. Nous ne rappellerons pas ici les suites de cette campagne; nous nous bornerons à dire que le prince Ernest, après avoir pris une part active à la bataille sanglante d'Auersladt

et aux combats qui la suivirent, ne quitta point d'un moment le roi dans cette retraite désastreuse, où le monarque se trouva séparé de presque toute sa suite, qui ne le rejoignit qu'à Custrin, sur les bords de l'Oder.

Après l'affaire de Pultusk, les débris de l'armée prussienne s étant réunis aux troupes de la Russie accourues aux bords de la Vistule, le quartier-général s'établit à Kônigsberg , et ce fut dans cette seconde capitale de la Prusse que le prince héréditaire voulut attendre les ordres de l'empereur Alexandre, au service duquel il était en sa qualité de général russe. Il y fut atteint, par suite des fatigues de la guerre et de l'influence du climat, du typhus des camps, qui le mit au bord delà tombe. La maladie était dans son fort, quand les Français menacèrent d'envahir Kônigsberg ; il fallut exposer le prince agonisant aux dangers d'un transport et d'un voyage périlleux en lui-mémo, car la débâcle imprévue du Niémen, couvert de glaçons, rendait le passage presque impossible. Le duc arriva cependant à Memcl et s'y rétablit lentement, sans pouvoir prendre une part active aux combats qui terminèrent cette guerre \

A cette époque, le duc François son père mourut (9 décembre 4806), et ses États envahis, traités en pro-

s Le doc o 'était accompagné 4*u* cotte triste situation que du colonel Harden* hroek, qui so »oua avec courage à la Ucbe difficile de veiller tur l'auguste malade. Le» médecin» qui traitèrent S. A. S. à Nemel, furent ». Guerike,et le fameux auteur de la macrobiotique, M. Hufeland, alors conseiller Intime de 8. M. le roi dr Prusse.

vince conquise \ furent frappés d'une énorme contribution, dont le premier tiers dut être versé au bout de dix jours dansie trésor de l'armée française. Enfin, le 7 juillet 4807, fut signée la paix deTilsitt, et par l'entremise de l'empereur Alexandre, la maison deSaxe- Gobourg fut réintégrée dans ses possessions le jeune duc se rendit à Dresde, pour être présenté à lempe-

• Le 37 janrler, la déclaration mirante fut promulguée à Cobourg, par Augustin Pariant, chef de bataillon, membre de la Légioo-d'liooneur, el commandant au nom de S. M. l'empereur et roi, la principauté de Cobourg; et Pierre-François Vlllain , sous-inspecteur aux rerues , membre de la Légion d'Honneur, au nom de Sa Majesté, Intendant de la principauté de Cobourg :

« Habitants du pars de Cobourg,

• Le duc, que roui renez de perdre, vous arait donné la plus précieuse marque de ion affection, en procurant à ce pays l'avantage inappréciable d'être admit parmi le* membres.de la confédération du Rhin et placé sons la puissante protection de Napoléon le Grand.

• Vous n'avez pas pu vous réjouir longtemps de ecl avantage. Le prince, que la naissance lui arait désigné pour successeur, est au service de la Russie, et comme il se troure être, dans ce moment, personnellement notre ennemi, il est à considérer comme hostile à la France et aux États confédérés.

» Par ordre de S. X. l'empereur et roi, notre illustre souverain, nous arons pris possession de rotre pays, qui sera gourerné et administré au nom de S. M.

• Vos personnes et vos propriétés seront garanties : vos autorités conserveront leurs fonctions; l'uniou et la police seront maintenues; l'administration paternelle continuera sa marche régulière el celle de la justice ne sera point troublée.

» Nous comptons sur ce que les pouvoirs constitués nous secondent de leur zèle, et les citoyens de leur bonne rolonté.

• Tout perturbateur de l'ordre sera arrêté el puni selon la rigueur des lois militaire».

. Cobourg, le 27 janvier 1807.

» Aioistis Psbisot ; Vntnx. -

» Voyez l'article 12 de la paix de Tilsitt.

Une ordonnance impériale, slguée Berlhter, enjoignant ans autorités fran eaises d'évacuer le duché et de lever le séquestre rois sur les propriétés du duc, Anil par les termes suivants :

. La volonté de Tempercur est que le duc de Cobourg soit réintégré dans la

reur des Français. — Cette entrevue eut lieu, et le duc obtint de Napoléon la promesse d une indemnité qui déjà avait été stipulée par les conventions de la paix de Tilsitt, pour les perles que sa maison avait éprouvées pendant la guerre.

Le 28 juillet de la même année, le duc fit son entrée à Cobourg ; peu après, il vint à Paris, où il passa sept mois jusqu'en avril 1808, dans le dessein de régler les affaires de son pays ; il fut accueilli avec distinction, mais les négociations, malgré la bienveillance qu'on lui témoignait, n'aboutissaient à rien. Toutes les vues de Napoléon étaient tournées du côté de l'Espagne, où les événements prenaient une tournure grave. On ajournait tout ce qui ne tenait pas à celte question. L'empereur réitéra cependant les promesses qu'il avait faites à Dresde, en ajoutant que les arrangements à prendre au sujet des indemnités, dépendant d'autres questions de la même nature, allaient cire réglés par ses ministres, auxquels il en avait transmis l'ordre.

Peu satisfait de ces promesses vagues, mais conservant des espérances fondées pour l'avenir, le duc revint à Cobourg où il trouva une invitation de l'empereur Alexandre de se rendre à Saint-Pétersbourg. Il y passa huit mois, après lesquels, de retour dansscs Etats(1809), il s'occupa de la réorganisation de son pays, qui avait souffert non-seulement de l'invasion étrangère, des réquisitions de loul genre et des contributions que lui

pleine < l entière |K>»s«Mion de se* Étal*, el »oil coutidt-ré désormais comme un souverain, pour lequel Sa Majesté ert animé d'une estime loulc particulière . « * Il *-»6«**»it d'une grande partie de l'ancienne principauté de Bairciitb.

avaient imposées les vainqueurs, mais encore de l'administration d'un ministre (M. de Kretschmann) qui avait peu justifié la confiance que feu le duc François lui avait témoignée, en l'appelant à remplir les hautes fonctions qu'il lui avait conférées.

Cependant le duc Ernest faisait des efforts presque inutiles pour assurer le bien-être de ses sujets ; c'est que le prince, « ami et allié à la France, » membre de la confédération du Rhin, devait mettre sur pied et tenir au complet un assez fort contingent T , tandis que des marches continuelles de troupes étrangères (de 1809 à 1812) pesaient sur le pays, qu'on épargnait d'autant moins que l'empereur des Français était revenu des intentions bienveillantes qu'il avait plus d'une fois témoignées au duc,- qu'il soupçonnait d'entretenir des intelligences secrètes avec l'Autriche et la Russie. Il avait même exigé que le prince Ferdinand de Gobourg, frère du duc, se détachât du service autrichien, comme il voulut plus tard que le prince Léopold quittât l'armée russe; aussi les affaires concernant l'indemnité demandée et promise allaient-elles de mal en pis, et l'empereur finit par déclarer qu'il ne* se croyait plus obligé à remplir ses promesses, « parce que *, » dit-il au prince Kourakin en propres termes , « je trouve

7 Ce contingent, quia combattu en 1809 dans le» rangs français contre le Tyrol, y fut presque entièrement anéanti, et le duc fut obligé de le réorganiser pour aller combattre en Espagne. En 1812 de nouvelles levées eurent lieu, et nous voyons encore un contingent du duc de Cobourg combattre, souffrir et mourir dans les ueiges de la Russie.

* Il fui prouvé parla suite que les soupçons de l'empereur avaient été injustes; le duc avait en effet rempli fidèlement les ru.le» obligations que lui immxaieut ses relations involontaires avec la France.

partout te nom de Cobourg dans les rangs de mes ennemis. »

La bataille de Leipzig ayant délivré l'Allemagne du joug étranger (octobre 1813), le duc s'empressa de se réunir à la coalition européenne. Le duc avait passé Tété de 1812 à Tôplitz, auprès du roi de Prusse, et l'hiver à Potsdam. Il se rendit d'abord auprès de l'empereur Alexandre à Arnsladt, et de là à Francfort, quartier général des monarques alliés. Il y fut reçu avec effusion, et on lui confia le commandement du cinquième corps d'armée '.

Ce corps que le duc organisa, ayant reçu l'ordre de relever le général Langeron, chargé du blocus de Mayence, défendu par le général Morand, ne prit point

* Ce corps se composait :

I. Des troupe* du grand -duché de Berg, consistant eu une brigade d'infanterie de ligne, une brigade de milices, un régiment de hussard» a six escadrons , deux batteries d'artillerie i pied et une batterie d'artillerie votante;

II. Des troupes des ducs de Saxe, savoir : le troisième raniment a deux bataillon» et un détachement de chasseurs volontaires;

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