‹ Histore de la maison de Saxe-Cobourg-GothaChapitre 17 sur 28 · Une brigade de troupes de la Hesse grand-ducale · texte numérisé non relu

Une brigade de troupes de la Hesse grand-ducale

une part active à la campagne; cependant la lâche que le duc avait à remplir n'était point sans difficultés : il devait veiller à la sûreté des communications de la grande armée confédérée avec les dépôts, et était en outre chargé de pourvoir à l'approvisionnement de cette armée.

A la suite des événements de Paris, un ordre du jour du i\ avril annonça aux troupes du cinquième corps la conclnsion d'un armistice, et le lendemain la garnison de Mayence évacua la forteresse pour rentrer en France '•.

Le duc Ernest, nommé gouverneur de Mayence, fit son entrée dans cette place, et après avoir pris les mesures que le service exigeait, s'empressa de rejoindre les souverains alliés à Paris, où il prit part aux négociations politiques qui eurent lieu.

Louis XVIII accueillit leducavec une paternelle bienveillance : « Tous ceux qui appartiennent à la maison de Saxe, lui dit-il en le présentant à tous les membres de sa famille, sont mes plus chers parents. »

La paix avant été signée, le duc retourna à Mayence, où, par suite des décisions prises dans le conseil des souverains alliés, il licencia les troupes du cinquième corps, qui devaient rentrer dans leurs foyers, mais rester mobiles et sur le pied de guerre ; il fit distribuer à tous les volontaires de ces troupes, sans égard à la différence des nations, une médaille en fer, bordée d'ar-

19 Le 4 mai, la eleison, extrêmement affaiblie par le* maladie» épUlémiquea, ie montait a 19,000 hommes. On usure qoe pendant le blocus il était mort dans la ville 3.41R habitants, et îl ,000 soldats. Voyez Schaab, Gescbichte d«r Buude*fcstunt Nainz, Mainz, ISSS, pages 4K2-494.

gent, portant l'inscription : La concorde fortifie, l'amour de la patrie rend invincible, et sur le revers : Aux défenseurs de la patrie du cinquième corps d'armée, leur gé~ néial en chefE. D. de S. C. 4814. Cette médaille se. porte appendue à un cordon rayé de noir, d'orange et de vert.

Il parut au congrès de Vienne et n'y traita pas seulement avec succès de ses propres intérêts, mais défendit d'accord avec le prince Léopold son frère, les droits du roi de Saxe contre les puissances qui prétendaient priver ce monarque, victime de son dévouement à l'empereur Napoléon, de l'héritage de ses aïeux ; le roi de Saxe garda la plus grande partie de ses Etats, et le duc obtint une augmentation de territoire avec 23 mille âmes, en compensation des sacrifices qu'il avait faits à la cause commune et des services qu'il avait rendus pendant cette campagne.

La même année, le duc, placé à la tête de l'armée saxonne, dont il avait été nommé général en chef, rentra en France, où la guerre s'était rallumée ". Après avoir établi son quartier général à Colmar , il vint à Parts " rejoindre les souverains alliés ; plus tard il se rendit à

11 II dirigea le blocutdcSchleltstadtetdeNeuf-Brisach. Le 99 juillet la garniton de Schleltttatd se soumit à Louis XVIII. Le 15 aoat , celle place, commandée par le général St. Suzanne, fui cernée par des troupes savonnes, mai» le blocus cr«sa, par ordre, le 31 tcplcrabre. Ncuf-Mrjsach avait d'abord été cerné par le général Volkmann, a la léte de troupes autrichiennes et badoises, jusqu'au 16 août, ou 10 bataillons et 4 escadrons de Saxons, sons les ordres du général Leyter, se chargèrent du blocus, levé le W septembre.

»* Le duc de Cobourg quitta Colmar, ic 29 octobre, aprAs avoir remis le commandement du corps d'armée tatou (composé de 543 officiers, 101,774 soldai', et 5,404 chevaux), au lieulenant-géiiéral Lecocq.

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Berlin en passant par Vienne dans le dessein d'y effectuer les échanges des territoires qui lui étaient échus en partage sur le Rhin contre d autres domaines qui auraient pu lui mieux convenir, sous le rapport de leur situation. Cependant les négociations entamées à ce sujet échouèrent, et le 1 1 septembre 1846 le duc prit possession de la principauté de Lichtenberg (12 milles carrés) dont le chef-lieu Saint- Wendel, sur la Blies, est situé entre Trêves et Saarbruck. Ce ne fut qu'en 1831 que le duc, déterminé parla difficulté d'administrer une propriété si éloignée du reste de ses Etats, la céda à la Prusse en échange d'autres domaines de la valeur de 8 millions de francs.

Depuis 181 S le duc s'est attaché à réorganiser l'administration de son pays, auquel il a donné (1821) une constitution fondée sur des bases libérales; il est parvenu, par des lois sages et une surveillance active et continuelle des finances, à ramener le bien-être et l'aisance dans un pays entièrement épuisé à l'époque où le duc avait succédé à son père.

Cette prospérité ne tarda pas à s'accroître encore. La maison des ducs de Saxe-Gotha-Àltenbourg setant éteinte, le H février 1835, par la mort du duc Frédéric IV, le duc de Cobourg, par le traité du 12 novembre 1826, obtint le duché de Gotha (28 milles carrés, 102,000 habitants dont 13,000 habitent la capitale), à l'exception de la seigneurie de Kranichfeld, en cédant la principauté de Saalfeld et la seigneurie de Thcmarau duc deSfeiningen, l'un des trois cohéritiers,

qui lui céda les domaines de Kahlenberg et de Gauer-

so

starit; il obtint en même temps du duc de Hildburghausen les bailliages de Sonnenberg et de Kônigsberg.

Le 26 novembre de la même année, il (il son entrée solennelle dans la nouvelle résidence de Gotha, et prit le titre de duc de Saxe-Cobourg-Gotha.

Le duc Ernest laissa au duché de Gotha les anciens régimes, réforma cependant les municipalités, auxquelles il fît adopter l'ordre usité en Prusse. 11 établit un ministère commun aux deux duchés, réorganisa les autorités supérieures, simplifia la marche des affaires, encouragea le commerce et l'industrie, abolit les monopoles, traça de nouvelles routes, et adhéra (1854-) au système des douanes prussiennes. Il établit des sociétés industrielles dans les villes, et des écoles d'industrie dans divers villages. Il fonda une école polytechnique à Gotha, qui possède depuis des siècles un célèbre collège.

Le duc Ernest s'est surtout livré à l'architecture. Les voyageurs admirent le délicieux château de Reinhardsbrunn (à deux lieues de Gotha), si intéressant par son site au milieu des montagnes de la Thuringe et par les souvenirs historiques qui s'y rattachent ; ils gravissent le Kahlenberg prés de Gobourg, pour visiter le château gothique élevé naguère par ses soins sur les ruines de l'antique manoir.

Deux théâtres, l'un à Gotha, l'autre à Cobourg, modèles de goût et d'élégance, sont du nombre des édifices que le duc a fait bâtir récemment. Lies reconstructions du château de Gobourg et de l'antique forteresse qui, sur un pic élevé, domine la ville, sont des ouvrages

remarquables. De cette forteresse, une route pittoresque conduit au petit château de Rosenau, nouvelle création du duc, vrai bijou de la nature et de l'art, et retraite que ce prince parait aimer de préférence.

Comme souverain, le duc Ernest a de tout temps déployé une grande activité, beaucoup de prudence et un véritable amour pour tout ce qui est juste et bon. En politique, il a gardé le vrai juste milieu, sans adhérer partout aux nouvelles théories ; il ne s'est pas obstiné à persister dans des principes surannés, il a au contraire accordé à ses sujets une liberté compatible avec les lois, qui font la base des monarchies limitées.

Pour terminer cette esquisse, nous ajouterons que le duc Ernest III fut décoré de presque tous les grands cordons des ordres institués en Europe, dûs en partie à ses services dans les campagnes de 1814 et 1815, et en partie à l'estime que lui portèrent les souverains auxquels il fut attaché par des liens de parenté ou d'amitié.

Lui-même, de concert avec les ducs de Saxe-Altenbourg et de Saxe-Meiningen, a rétabli l'ancien ordre de la sincérité germanique, avec la devise : Fideliier et constanter, fondé par Frédéric I, duc de Saxe-Gotha Altenbourg M , sous le nom d'ordre de la maison Ernestine de Saxe (26 décembre 1835).

Les brillantes alliances qui, par un rare concours de circonstances, se sont établies entre la famille de Cobourg et les premières maisons royales de l'Europe, pendant le règne d'Ernest I, jetèrent sur le ci-devant lieu mxan de h Franconie, un lustre qu'il n'avait point

» Voy« p. -200, note 10.

encore eu depuis son apparition dans les annales de la Saxe, et l'on peut prétendre que l'histoire moderne n'offre pas un second exemple d'une maison souveraine qui dans l'espace d une génération a si considérablement agrutidi ses Etats héréditaires et a pris plaee sur trois trônes européens, la Belgique, la Grande-Bretagne et le Portugal. Le duc Ernest, qui formait le centre de ces relations étroites avec les cours, contribuait par ses qualités personnelles , à concilier à sa famille ( estime tant de la société élevée que des peuples en général. 11 savait fort bien représenter; ses manières, toujours pleines de dignité, étaient en même temps d'une grâce et d'une aménité parfaites. Pour ce qui est de sa personne, il avait une taille haute, un port majestueux, des traits réguliers, une figure avenante, un regard doux et spirituel.

Aimé de ses sujets, chéri de sa famille, il fut l'objet d'un deuil sincère et général, lorsque la nouvelle de sa mort vint frapper les esprits. Il mourut à Gotha le 29 janvier 1844, en présence de son fils, de son épouse et du duc Ernest de Wurtemberg, son beau-frère, à l'âge de GO ans. Ses dépouilles furent provisoirement déposées à l'église du château.

Le duc Ernest avait épousé en premières uoces, le 3i juillet 4817, Louise, fille du duc Auguste de Saxe-Gotha- Al teubourg, dont il fut séparé en 1826 ", et en secondes noces, le 23 décembre 1853, Antoinette- Ftvdéiiqtte-siugu8te-Miirie-/lHne, sa nièce, fille du

" Elle mourut le 30 «nU 1831 à Pari», où elle vivait sou» le nom de comlewc Ar Prvljtitf Bajcrwlorf.

duc Alexandre de Wurtemberg, actuellement duchesse douairière de Saxe-Gobourg. Le duc eut du premier lit les deux fils suivants :

S. A. ERNCST-Augii$te-(^harles-Jean-LéopoId-Alexandre-Édouard, actuellement régnant, né à Gobourg le 24 juin 1818, et S. A. R. ALBERT-François-Auguste- Charles-Emmanuel, époux de S. M. la Reine d'Angleterre, né à Roeenau le Sî6 août 1819.

Après avoir reçu l'instruction élémentaire et classique à Cobourg, sous la direction de M. Florschùtz, ils franchirent pour la première fois les limites de leur pays en 1835, lors d'une visite auprès de leur parent, le grand-duc de Mecklembourg-Schwérin u , qui célébrait alors le jubilé demi -séculaire de son règne. Ils visitèrent la même année les cours de Berlin, de Dresde et de Schônbrunn. De Vienne ils firent, sons la conduite du baron de Garlowitz. une excursion en Hongrie jusqu'à Pesth. Le jour de la proclamation du mariage entre le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg- Kohary et S. M. Dona Maria de Portugal, au château de Gotha, le i* janvier 1836, les princes Ernest et Albert reçurent la grand'croix de l'ordre de la branche Ernestine ; quelques mois après ils partirent, en société de leur père, pour l'Angleterre, où ils furent présentés au Roi et à la Reine, le 25 mai. Au mois de juillet, après un court séjour auprès de la famille de France à Neuilly, les princes vinrent en Belgique, où ils passèrent neuf mois à la cour de leur oncle, se livrant

'* Frédéric-François, né I75fi. avait é»ou*é en 1808 la «Ile <lu prince Jian- Aogtwtc de Saxe-Guiha cl nièce de Frédéric III, duc réunaut de Saxe-GoUu.

à l'étude sous la conduite de MM. Quctelet, Fétis, Bergeron et autres, et gagnant, par l'aménité de leurs mœurs, la variété et la solidité de leurs connaissances, l'estime et l'affection de tous ceux qui eurent l'honneur de les approcher.

Après une courte visite à Berlin, Gotha et Cobourg, ils se rendirent, accompagnés de M. Florschùtz et du lieutenant-colonel von Wichrnann, à Bonn, où ils furent immatriculés, pour le semestre d'été 1837, parmi les étudiants de cette université, dont ils ne dédaignaient point les coutumes, quand elles ne compromettaient pas la décence en général et la dignité de leur rang. Ils fréquentaient les cours publics ou privés de MM. Auguste-Guillaume de Schlegel, Lôbell, Fichte, Waller, Gartner, Bôcking, etc., et réunissaient autour d'eux un cercle choisi d'étudiants et de professeurs, où la culture des belles-lettres et des arts alternait avec les jeux et les causeries familières. Leur séjour à Bonn se prolongea, avec quelques interruptions, jusqu'à la tin de l'été 1838, qu'ils retournèrent à Reinbardsbrunn, résidence d'été près de Gotha.

Au mois de décembre, le prince Albert, dont la rumeur publique proclamait déjà les hautes destinées, fut présenté par son père à la famille royale de Munich, d'où, accompagné du baron de Slockmar, il partit pour l'Italie. Ayant passé l'hiver à Florence simultanément avec le prince royal de Bavière, il arriva le 17 mars 1839 à Komc, où son enthousiasme pour les

«■ Cet à la mime époque ,,u« muurul il Pise S. \. R. la diitluwc <lc Wurtem- UrB, prince»* «l'OrUïans, i janvier I85U.

beaux-arts, son jugement exquis sur des questions de science, excitèrent l'étonnement même des hommes du métier, et lui valurent l'honneur d'être nommé membre de YJcademia Tiberina. Le l avril il fut reçu à la cour de IN a pies. Après avoir rejoint le duc, son père, à Milan, visité sa tante, S. A. I. la grande-duchesse Anne-Féo- <lorowna,à son château d'Elfenau, près de Berne, et la famille royale de Wurtemberg à Stuttgart, il revint à Cobourg.

Le 21 juin, les deux princes de Saxe-Cobourg-Gotha furent déclarés majeurs et entrèrent en possession de la fortune qui leur revenait de leur mère. Le 6 octobre de la même année, ils partirent pour Londres, où le prince Albert était déjà généralement considéré comme destiné à faire te bonheur domestique de la reine Victoria, sa cousine, et à donner un héritier au trône de la Grande-Bretagne.

Nous renvoyons aux journaux de l'époque, et surtout à l'ouvrage intitulé : Queen Victoria from Her Hrth to Her bridai (London, 2 vol., 4840), sur les détails qui précédèrent et accompagnèrent le mariage de S. M. la reine d'Angleterre avec le prince de Saxe- Cobourg : il nous suffît de retracer sommairement les dates principales de cet heureux événement.

Immédiatement après le départ du prince, S. M la reine assembla son conseil privé le 25 novembre, au palais de Buckingham, pour lui faire part de son intention de s'unir par les liens du mariage au prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. La nouvelle de cette communication officielle étant arrivée à Cobourg, la

proclamation solennelle des fiançailles de S. A. S. le prince Albert et de S. M. la reine Victoria eut lieu, dans la salle du trône au château d'Ehreobourg, par le ministre de Carlowitz, en présence de toute la cour, des hauts fonctionnaires de l'État et des députations du pays.

Le 46 janvier 18i0. la reine Victoria ouvrit en personne la session du Parlement, et informa les représentants de son peuple de son prochain mariage, et les 21 et 27 du même mois les bills de naturalisation du prince et d'une annuité de 50,000 livres sterling, à continuer en cas de survivauce de Son Altesse, furent successivementadoptés par la Chambre des Communes.

Entretemps avait eu Heu à Gotha, avec une pompe extraordinaire, l'investiture du prince Albert comme chevalier de l'ordre de la Jarretière. Au bruit du canon, S. A. S. le duc régnant et le prince de Linange, assistés de lord Torrington et du colonel Grey, envoyés de la reine, revêtirent le royal fiancé des insignes de cet ordre. Quelques jours après, le prince Albert, auquel b reine avait conféré le titre d'Altesse Royale, fut nommé feld-maréchal de l'armée anglaise. Le 7, le contrat de mariage fut signé ; le 9, le prince arriva au palais de Buckingham, pour être uni le lendemain, devant l'autel de la chapelle royale du palais de Saint- James, à la reine du vaste empire britannique.

Sont nés de cette union :

I. f^ctotre- Adélaïde-Marie-Louise, princesse royale, née 21 novembre 1840.

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