ADDITIONS
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Ciraml à la iluekeaae Loula<-I»or«tbée 4e Maie-C:olha '.
A Leipzig, le 19 janvier 1/iM.
La crainte que mes lettres ne fussent interceptées, m'a fait jusqu'ici supprimer mes sentiments , lorsque le frère du Mercure arrive à l'imprnviste, et me rend la lettre dont vous avez en, madame, la bon lé de le charger. Je vous rends grâce de la manière affectueuse dont vous daignez faire des voeux pour le bien des conjonctures et pour ce qui me regarde. Je vous assure, ma dame, que sans vous le dire à vous-même, je vous ai- souhaité et vous souhaite tous les jours de ma vie tout le bonheur que mérite votre vertu distinguée et vos grandes qualités ; ce sont des sentiments qui me resteront
* Vof' P> 906 et s., note 11. J'ai cru devoir abandonner l'orthopraphe presqn'inintelligible de l'original et de la copie de M. Stanford, et faciliter, par
Les lettres ont été placées dans l'ordre chronologique, tel qu'il m'a paru «er de leur contenu.
pour la vie, parce qu'il m'est impossible d'estimer les personnes ou de donner mon eccur à demi; vous pouvez juger, par conséquent, que j'aurais tout fuit de moi-même pour contribuer à ec qui vous peut être utile et agréable, mais comme cette matière me parait trop délicate pour être confiée an papier, j'en charge votre émissaire qui sous votre bon plaisir pourra vous rapporter verbalement ce qui concerne cet article. Je suis ici depuis quatre semaines dans le pays latin , j'ai pour m'amuscr passé en revue tous les professeurs de cette université : j'en ai trouvé trois ou quatre remplis de mérite cl de belles connaissances, entr'autres un professeur Grec, qui m'a semblé avoir plus de jugement et de goût qu'il n'est commun d'en rencontrer dans les savants de notre nation ; mais dans la foule j'en ai déterré un qui n'aurait pas échappé à Molière, s'il avait vécu de son temps; cet homme admirable m'a dit avec une gravité magistrale, qu'il avait accouché de fit) volumes in-folio , et qu'il en avait publié deux tous les trois mois. Je lui dis : • Mais, monsieur, vous possédez donc la science universelle. Oh ! si fait, ■ repartit-il. « Mais, monsieur, touslcs trois mois deux, comment donc avez-vous pu les composer? • «Cela partait de là, • mcdit-il, mettant le doigt sur son front. Un de ses confrères charitables ajouta: « et du Dictionnaire de Bayle, de Moréri, de Cbambcrs, et de tous les dictionnaires connus que monsieur a fondus ensemble. • «Oui je les ai refondus ensemble, dit le savant, mais je les ai rendus excellents, car je les ai corrigés tous.» Puisse le ciel, madame, vous et moi nous préserver cette année et toutes les autres de notre vie, d'auteurs qui sont pères de 60 volumes in-folio. J'en ai jusqu'à ce moment l'imagination si frappée que je tremble à l'aspect d'un livre, h moins que ce ne soit un in-douze. Je vous demande votre indulgence ordinaire en faveur des balivernes que je vous mande ; j'ai cru que dans le temps qui court, c'étaient les seules nouvelles qu'on pouvait mander et recevoir sans causer des sensations désagréables ; daignez me passer Phistoire des professeurs en faveur du sincère attachement av*c lequel je suis à jamais ,
Madame,
Votre fidèle cousin, ami et serviteur,
KtpKtlt *.
* Le roi de Prusse signait toujours Fédéric, et non pas Faucaic.
Berlin, le 8 a? ril 1764.
Madame ma cousine ,
J'ai reçu, ma chère duchesse, votre Icltro à mon retour de Silésia, et j'ai ressenti en la lisant le plaisir que tout me fait ce qui vient de votre part ; vous m'envoyez en même temps une lettre sur laquelle vous me demandez mon sentiment. Je suis assez embarrassé, que dire sur le sujet ; si vous avez déjà pris un parti , madame, c'est à moi de me (aire, sinon, je vois ce qu'il y a pour et contre le mariage dont il est question ; lo pour est l'intérêt d'établir la princesse voire fille*; mais de l'établir loin de vous, de ta marier à un homme que vous ne connaissez poiut, et où vous uc la reverrez jamais. Le contre consiste à faire changer de religion à une princesse, petite-fille d'Ernest le Pieux , et d'une maison que les protestants ont toujours regardée comme une des colonnes de leur parti , sans compter l'espèce de mépris que s'attirent eoui qui font une pareille démarche. Henri IV a dit que Paris valait bien une messe, j c ne crois pas que lu place de duchesse d'Orléans vaille autant. Voilà, madame, tout ce qu'il y a • dire sur ce sujet, c'est a vous a prendre le parti que vous jugerez le plus convenable ; je souhaite qu'il soit heureux , et quelque résolution que vous preniez, elle tourne à votre avantage. Voilà la première fois de ma vie que j'ai été consulté sur des cas do conscience; je m'en ferai vanité, et j'espère de passer avec le temps pour grand théologien, mais j'ai encore un espace immense à franchir avant que d'y arriver. Voila un empereur que les corps enhu^eUiijiiet et catholiques viennent de faire à Francfort; on a fait jurer une capitulation au nouveau roi des Romains , qu'il violera à la première occasion, et l'on criera alors, on parlera de la bulle d'or, et la cour de Vienne s'en moquera. Tout cela fait pitié et me met quelquefois en colère contre le flegme germanique ; mois je mVgare encore à vous faire des contes borgnes, ma chère duchesse, au lieu de vous parler de ce qui m'intéresse le plus, qui est de vous assurer de l'estime et de la considération avec lesquelles je suis,
Madame ma cousine,
Voire fidèle cousin et serviteur , Féoéuic.
; S'asit-il ici du mariai;* d'une i>rince»»e Uc Golha avec Uxiis-Phili|>|>c, duc d'Orlcan» (ni 1725, veuf depuis 1759 ju»<|u'eu 1773. où il cpousj.M""' de Mou-
Le* avril 1764.
Madame ma oousinc ,
Je m'étais presque attendu, ma chère duchesse, au parti que vous avez pris touchant le parti qu'un vous avait proposé pour la princesse votre lille. J'ai d'abord compris que vous ne voudriez pas un coup d'éclat comme l'aurait été un changement de religion, de mentir la conduite de toute votre famille en attachant une flétrissure a la personne qui serait obligée de faire le saut périlleux. A envisager les religions philosophiquement, elles sont bien à peu près égales , cependant celle dont le culte est le moins chargé de superstitions, doit, selon mon avis, être préférée aux autres ; c'est sans contredit la protestante, qui outre cet avantage a encore celui de ne point être persécutrice. Voilà les deux points pour lesquels, madame, je me déclarerai constamment pour la foi de nos pères ; j'avoue que si j'avais vécu du temps de Martin Luther, que j'aurais fort appuyé pour qu'il poussât jusqu'au sodnianisme , qui n'est proprement que la religion d'un seul Dieu ; mais ce moiuc et ses confrères, en arrachant la moitié du voile, se sont arrêtés en si beau chemin, et ont laissé encore bien des obscurités à éclaircir, mais la vérité parait peu faite pour l'homme, l'erreur est son partage, pourvu encore qu'en Rengageant dans un labyrinthe de pure métaphysique on ne devienne pas ennemi , que l'on soit humain , doux , compatissant , et que Ton ne s'acharne pas d'une haine théologale contre ceux qui pensent autrement que noua, on peut passer le reste , et supporter les opinions diverses du genre humain comme on souffre la diversité de leurs habillements et des coutumes qu'une longue habitude a rendues nationales. Tout ce que j'ai l'honneur de vous écrire, madame, ne paraîtrait pas orthodoxe au consistoire de M. Cyprianus ; je ne saurais que faire, j'aime mieux être orthodoxe vis-à-vis de la raison universelle quiaété donnéeà l'homme pour le conduire, que visà-vis uneassembléc de docteurs, qui augmente (selon Esdras, Mathieu, Jean, Paul et tous ces apôtres) la superstition, qui a aveuglé et abruti le monde. Pour Leurs Majestés Impériales et Romaines, je vous les garantis, madame, empêtrées dans le bourbier de la superstition jusqu'au col. Voilà celte nouvelle maison d'Autriche qui prend de nouvelles racines sur le trône des empereurs et qui un jour fera repentir ses adhérents de l'élévation où ils
lesson), ou avec son fils, le fameux l.oins-Philippe Joseph, duc de Chartres, et père du roi des Français, né (747, qui épousa en 1769 la princesse de Bourboo- Penthièvrr ? • »
l'ont portée ; mais les erreurs politiques sont souvent aussi difficiles à guérir que les erreurs spéculatives; pour moi, qui me sais vieux , je vois tous ces événements avec assez d'indifférence ; je ne serai pas le témoin des conséquences qui les entraîneront, et mes yeux en mourant auront la consolation de voir ma patrie libre. Je vous fais mille excuses, ma clièrc duchesse, de tout ce bavardage que vous recevrex de moi ; j'ai le malheur de m'égarer en vous écrivant, je me crois assez heureux pour converser avec vous, et je m'élance au delà des bornes de la modération. Vous direz, en recevant celle-ci : quel impitoyable raisonneur! Oh! que je me garderai bien de lui écrire, pour ne point m'ai tirer des épitres qui m'ennuient et qui ne finissent point, et je l'aurais bien mérité, si je n'attendais pas mon pardon de votre extrême Indulgence, à laquelle je n'ai lien de prétendre qu'en faveur des sentiments de haute estime et de considération avec lesquels je suis,
Ma chère duchesse, De Votre Altesse,
Le fidèle cousin et serviteur,
FéDÉKIC.
Le 15 mai 1704.
Plein de l'agréable souvenir dit séjour que j'ai fait à Gotha, surtout de la cliére duchesse que j'ai eu le bonheur d'y voir, Il m'est passé tout plein d'idées par l'esprit dans des moments heureux, sur quelque alliance de famille qui resserrât entre nous, par les liens du sang, ceux de l'amitié. Je ne vous ferai point, madame, un long préambule ; je vous dirai tout naturellement ce qui m'est passé par la tétc, et vous aurez la bonté de me répondre tout uniment de même, parce que des idées ne sont que des idées, et que je puis me tromper sur ce qui vous convient ou ne vous accommode pas. J'ai réfléchi que l'alné des princes vos fils 4 était dans un âge où vous devez penser à le marier; j'ai repassé dans mon esprit les princesses qui étaient à peu près de son âge, et il m'a paru que ma nièce la princesse Auguste «le
4 Ernest-Louis . né 1745. Le projet «lu roi «le Prusse ne fut point exécuté, car ce prince épousa cinq ans après la date de celte lettre, une princesse de Hciinugeo.
3li
Brunswick pourrait lui convenir; je n'en ai parlé à pertonne, ol si cela se pouvait, ma plume, madame, ne vous le dirait qu'à Pôreille; peut-être avez-vous d'autres vues, peut-être avez-vous pris des engagements ailleurs que j'ignore, au moins ne me sachez pas mauvais gré de ma franchise, et si tous la taxez d'indiscrétion, ce sera la première et la dernière dont j« serai coupable envers vous. Je crois entendre madame de Bucfawald qui dit : . Le roi de Prusse radotte, NscfaJtmuquereausnrscs vieux jours 5 .elle a raison, nous ne faisons iei que noces et baptêmes; mais, madame de Buchwald, souvenez-vous au moins qu'ayant été malheureusement souvent témoin de la boucherie de l'espèce huniainc, je suis plus obligé qu'un autre à contribuer à la repopulation. J'espère, ma chère duchesse, que tous prendrez ceci en bonne part, que vous ne vous fàcberex point centre votre ancien adorateur, qui ne cesse de l'être , et que vous voudrez bien croire que tout ce que je vous écris , part d'un cœur pénétré de la plus grande estime pour votre personne; c'est avec ces sentiments que je suis,
Madame ma cousine,
Je suis bien heureux d'avoir fait mie confession à une théologienne aussi indulgente que vous Têtes, ma chère duchesse. Défunt Cyprianus, de célèbre mémoire, m'est dévoué à l'aualhènie, et peut-être il aurait rompu tout commerce avec moi comme avec un impie, pour avoir censuré son grand docteur de la réforme, le saint Luther, sur ce qu'il n'a pas poussé un peu plus loin la pointe; plus que l'on vit dans ce monde, plus on s'aperçoit que la vérité est peu faite pour devenir le partage des hommes ; les voiles de la nature, les bornes étroites de notre esprit, l'amour du merveilleux dont chaque homme a sa petite portion , l'intérêt et l'imposture qui se servent des erreurs les plus absurdes pour s'accréditer, elles, enfin tout nous avertit que nous vivons daus le règne des illusions, et que hors quelques vérités géométriques démontrées, il ne nous est pas donné d'atteindre à la
Madame ma cousine, De votre Altesse,
Le bon et fidèle cousin,
Fsoéaic.
Le 18 mail 704
vérité; U .semble à tout prendre, que nous sommes plutôt pbccsjdans «s momie pour en jouir que pour le connaître, et quand notre curiosité rend notre raison assez téméraire pour la pousser dans les ténèbres de la métaphysique, nous nous égarons dans celte région obscure, faute de bâton pour
ne, sont assez humiliantes pour l'amour-proprc ; cependant ce serait peu, si Ton s'en tenait là, et si elles ne nous inspiraient pas des sentiments do tolérance pour les autres aveugles qui s'égarent par des routes différentes, que celles où le hasard nous a conduits. Qui cherche la vérité de bonne foi , aura de la soufrante pour ses frères ; il n'y a que l'orgueil de l'esprit de parti et l'intérêt personnel, couverts par celui de la cause de Dieu, qui arme les persécuteurs du glaive mis sur l'autel. Voilà pourquoi je me délie de ce zèle enflamme des dévots , et j'aurais envie de leur dire, tu te fiches, tu dis des injures à ton prochain, (u as donc tort : mais, madame, nous ne les corrigerons pas, les hommes resteront tels qu'ils ont été toujours. La cour de Vienne sera toujours ambitieuse , le Suint-Office persécuteur, Sa Majesté très-chrétienne paillarde, les éveques d'Allemagne des ferogtie$(?) et moi votre plus zélé adorateur. Quand même Ici autres changeront de passion, la mienne sera toujours, ma cher» duchesse, de vous témoitoutc occasion les sentiments de l'estime, de l'admiration et de la i avec lesquelles je subr,
Madame ma cousine,
De votre Altesse, Le fidèle cousin et servitenr, Fédertc.
le 11 Juin 1704.
Un accès de goutte à la main gauche a pensé m'empécher, madame, de vous répoudre; cependant vous faites des miracles, ma chère duchesse, vous guérissez les estropiés, et vous donnez aux manchots la faculté d'écrire. En vérité, si j'étais catholique, je prouverais si bien ce miracle, que In sainte Vierge de Chansonvieu deviendrait jalouse du bruit de vos
veilles; mois nom outres Calvinistes nous y allons si uniment, que nous ne recevons pas seulement les choses extraordinaires , qui frappent nos sens , en étonnant nos oreilles ; cependant , madame , après réprenve que je viens d'en faire , vous me permettre* de vous invoquer toutes les fois que la goutte m'assaillira, je dirai, duchesse secourante , princesse surnaturcllement douée des faveurs du ciel, gyerissez-moi; cette oraison ne se fera pas en vain , et après ce que je viens d'éprouver, ce n'est pas à moi de manquer de foi. I#a commission que vous me donnes, ma chère duchesse, de mettre à la raison lo cour impériale, exigerait bien un outre miracle; nous nous sommes battus durant sept ans entiers h outrance , sans rien avancer par là ; mais si vous vouliez user de ce pouvoir que vous avez exercé si efficacement sur ma main , je ne doute pas que vous ne parveniez a resserrer l'ambition des tyrans germaniques dans une sphère plus étroite ; nous sommes à présent joliment ensemble en apparence, mats le diable ne perd rien , et je ne voudrais pas qu'une occasion favorable se présentât à nos ennemis, car sûrement ils ne la négligeraient pas ; il y a un reste de levain dans les cœurs, qui servira, quand il aura fermenté, d'aliment à une nouvelle guerre. Pour moi , je ne doute pas de la voir ; mes yeux seront probablement fermés alaluniièrelorsquelecas en existera ; mais cela ne manquera d'arriver. Cependant jouissez en attendant des douceurs de la vie, ma chère duchesse, et traitez l'avenir avec la même indifférence que le passé qui a précédé le temps de votre naissance. Notre vie est trop courte pour que les soins de l'avenir nous fassent perdre la jouissance du moment présent ; puissiez-vous en profiter de longues années , comblée de toutes les prospérités que vous méritez à si justes titres. Personne ne vous le souhaite plus sincèrement que je le fais. Agréez-en les protestations avec celles de haute estime et de la sincère amitié avec lesquelles je suis.
Madame ma cousine , De votre Altesse,
Le fidèle cousin et serviteur,
Kkdébic.
A Sansonci, le 9 octobre 1764.
Madame ma cousine,
Je vous rends grâce, ma chère duchesse, de la galanterie que vous me faites de m'envoyer le prince votre fils ; il a été reçu ici non en étranger,
mais comme le fils de ma respectable amie. J'ai été charme de recevoir quelqu'un qui tous touche d'aussi près , après ma longue absence, et je vous assure, ma chère duchesse, que tout le monde a loué votre oeuvre, et surtout la bonne éducation que vous lui avez donnée. Nous n'avons pas quitté Gotha dans nos entretiens, mais comme il n'y a aucune joie sans quelque mélange d'amertume, le prince Auguste m'a affligé en m "apprenant la fluxion dont vous êtes incommodée. Pourquoi faul-il, ma chère duchesse, que vous souffriez des infirmités de l'humanité, vous qui êtes si Tort audessus du reste des humains? et pourquoi la nature ne respecte- t-ellc pas un corps dont Pâme fait les délices de tout être qui pense, et dont la bonté rend tout un duché heureux? Voilà des réflexions qui me conduiraient trop loin, si je m'y abandonnais. Votre digne ami perd sa fille, et vous êtes affligée des yeux ; pour qui donc sont les récompenses, si vous souffrez des peines, comment se fait-il que si souvent on voit dans le monde le crime triompher et la vertu malheureuse ? Ah ! ma chère duchesse , cette machine sur laquelle le hasard nous a placés, m'a bien la mine d'aller comme elle peut, sans que personne ne s'en embarrasse , mais pour Dieu , n'en parlez pas à M. Cyprianus, ou je suis perdu à tout jamais. Le prince votre fils vous dira qu'il m'a trouvé ici en retraite; je fais un extrait de tous les articles philosophiques do Baylc, dont on fera une édilion in-octavo, d'environ S ou 0 volumes ; elle sera achevée le printemps prochain , et si vous me le permettez, je vous offrirai un exemplaire. Voilà mes amusements sur mes vieux jours j mais je vous conte des fagots , et j'abuse peut-être d'un temps précieux que vous employez cl mieux et plus utilement. N'oubliez pas, ma chère duchesse , les amis absents; je prierai le prince Auguste de vous faire quelquefois ressouvenir de moi, car rien ne me serait plus insupportable que d'être effacé de votre souvenir; si l'admiration, si l'amitié, si la plus haute estime pour votre personne montrent que vous daignez penser à ceux qui
n'a plus de prétentions, ni de droits à
De votre Altesse
Le fidèle cousin et!
Finimr.
APotMUn,lc3l octobre 17fi4.
Je suis bien aise que le prince Auguste vous ait rendu compte, ma chère duchesse, des sentiments distingues que je conserverai pour vous toute ma vie gravés dans mon cœur; mais quoi qu'il vous en ait dit , ne pensez pas que celle matière puisse s'épuiser si vite ni qu'une conversation du prince ail pu vous mettre au fait de tout ce que vous inspirez à ceux qui , comme moi , ont le bonheur de vous connaître. Si j'ai fait une petite sortie sur la Providence, c'est, ma chère duchesse, qu'il n'est en vérité pas bien que vous souffriez; considérez la brièveté de la vie des hommes; considérez combien ils sont exposés aux traits du mal physique et aux corruptions du mal moral. Le mal en dans le monde, on ne saurait le nier; question est de savoir qui l'y a mis ; pour moi je l'ignore profondément, et je féliciterai très-sincèrement le docteur en théologie qui m'en découvrira la cause; mais s'il me parle de sa pomme, je le renvoie aux métamorphoses d'Ovide, à Pcau-d'Anc, à Barbeblcu ; et voilà cependant comme on nous traite, et l'on explique des énigmes par des fables ; mais tout cela ne vous touche point, k monde en va de même, que l'on connaisse ou qu'on ignore les ressorts qui le font aller, pourvu que la vertu soit épargnée; que vous ne souffriez pas, ma chère duchesse, me voilà content, car personne M prend plus de part à votre conservation que.
cousine
De Votre Alloue
Le fidèle
ami et serv iteur.
I'Hih lr
lettre* «le Voltaire * l«
A Berlin, ce î> mai 1751.
Votre Allasse Sérétiissimc daigncra-t-ollc accepter le tribut qu'un homme qui lut est peut-être iuconnu, ose mettre à ses pieds. Monseigneur le prince votre (ils, à qui j'ai quelquefois fait nia cour à Paris, me servira de protecteur auprès de Votre Altesse Sérétiissimc. J'avais la plus forte passion de me présenter dans votre cour en allant à Berlin, et d'admirer de près les vertus d'une mère si respectable, je ne me console point de n'avoir pu jouir de cet honneur, et de edui d'approcher encore de monseigneur le prince de Gotha, que j'ai vu donner à Paris de si grandes espérances.
Je ne prendrais pas la liberté de présculcr a Votre Altesse Sérémssimc ce recueil qu'on a fait à Dresde de mes ouvrages, si cet exemplaire n'était, par sa singularité, digne de tenir une place dans une bibliothèque. Il y a plus de deux cents pages corrigées par ma main , ou réimprimées. II n'y a que trois exemplaires au monde de celte espèce. J'ai cru remplir mou
devoir en envoyant un de ces exemplaires à madame la princesse royale de Pologne, et en mettant l'autre à vos pieds, J'ose me flatter, madame, de votre indulgence et do votre boute.
Je suis arec le plus profond respect,
Madame,
de Votre Altesse Scrénissinie,
le Ires-humble et très obéissant serviteur,
de Voltahb,
chambellan du roi de Prusse.
A Vabern, près de Cassel , le 98 mai.
Je suis comme tous vo* sujets .
Je vous respecte et vous adore.
0 destin, ô Du tu, que j'implore.
Les jours que vous ferez éclore.
Dieux ! le plus cher de mes projets Est de pouvoir Fui dire encore, Je suis comme tous vos sujets , Je vous respecte et vous adore .
Madame ,
monseigneur le landgrave, et mon aine est h Gotha ; elle est à vos pieds ; elle y sera tant que je respirerai. J'ai bien peur que Vos Altesses Sêréntssimes ne m'ayiez rendu malheureux pour le reste do ma vie; je leur pardonne de tout mon cœur. Ce n'est pas mauvaise intention de leur part ; mais en vérité elles devaient songer, en me comblant de tant de bontés, en me faisant mener une vie si délicieuse , qu'elles me préparaient d'éternels regrets.
Où pourrais-jc vivre dorénavant, madame, après avoir passé un mois entier à vos pieds ; croyez-vous qu'en quittant votre palais , le séjour de Plomblicres me sera bien agréable? Ce serait de» eaux de Lcthé qu'il me faudrait. Je prévoi« , madame, que je n'aurai autre chose à faire, qu'à
revenir faire ma cour à Vos Altesses Sérénissime*. J'ai été dan* le temple des grâces, de la raison, de l'esprit, de la bienfaisance et de la paix; je retournerai dans ce temple; il n'y aura pas moyen d'aller vivre avec des profanes. Je me mets aux pieds de monseigneur le duc, et de toute votre auguste famille. Quand pourrai-je revoir ce que j'ai vu , et entendre encore ce que j'ai entendu ? Je pars pour Plombières cependant , madame : j'obéis aux deux plus terribles médecins que je connaisse, et j'aurai l'honneur de renouveler à Vos Altesses Sérénîssimes les témoignages d'un respect, d'un attachement et d'uno reconnaissance qui ne finiront qu'avec la vie de V. à qui le papier manque.
A Colmar, le U janvier 1754.
Grand Dieu, qui rarement fait naître parmi nous
De grâces, de vertus on heureux assemblage; Quand ce cheF-d*œuvre est fait, sois an peu plus jaloux
De conserver on tel oavrap<î.
Fais naître en sa faveur un éternel printemps. Et raccourcis les jours des sots et des méchants ,
Cest ce que je prenais la liberté de dire à Dieu quand j'ai appris que Votre Altesse Sérénissime était dangereusement malade. J'étais aussi inquiet que la grande maîtresse des cœurs, mais je n'étais pas si agissant, car il y a deux mois que je ne peux sortir de ma chambre. Je suis donc votre aumônier, madame! et Votre Ajtcsse Sérénissime se fait lire mes œuvres théologiques, quand elle veut s'édifier. Que n'étais je là pour lui lire Jeanne pendant sa convalescence! il me semble que j'aurais encore eu la force d'en faire deux ou trois chants pour l'amuser, mais loin d'elle je n'ai pas le courage d'être gai; de plus une cinquantaine d'empereurs, dont j'ai écourté les faits et gestes, est une occupation directement contraire à la
d'exemplaires du premier tome par la voie qu'elle a eu la bonté de me
» Voltaire fait allusion * ses Annal* de l'Empire, composées sur les ordres de la duchesse de Saxe-Gotha.
3âS
faire indiquer. Je crois qu'ils arriveront peu de temps après ma lettre. Je n'ai pu en faire relier que deux, le temps pressait. Qu'elle pardonne à l'impatience de mettre à ses pieds mon hommage; elle distribuera à qui elle voudra ces feuilles , marques de ma respectueuse reconnaissance, et de mon envie de lui plaire. Reprenez, madame, cette santé brillante que je vous ai vue. Ces beaux jours, tout ce qui vous environne, dépendent de vous, vivex heureuse au milieu d'une famille qui vous adore, et d'une cour qui vous bénit. Je me mets aux pieds de monseigneur et de toute votre auguste famille avec le plus profond respect, et le plus sincère attachement.
Comme j'allais fermer ma lettre je recevais celle dont Votre Altesse Sérénissimc m'honore, en date du 3 janvier. Madame, la forêt de Thuringc est bien plus belle que les rochers de la route d'Egra j mais il n'y a plus pour moi de verdure ; je ne vois que la chute des feuilles, et dans l'état où je suis, il n'y a plus pour moi de mois de mai tel que j'ai eu le bonheur .l'en passer un chex la descendante d'Hercule. Je prendrai la liberté de lui léguer Jeanne par mon testament. Je me flatte qu'elle daignera sourire quelquefois avec la grande maîtresse des cœurs en lisant ce livre de morale, et qu'elle se souviendra avec bonté de l'auteur, qui vivra et mourra en regrettant plus la Thuringe qu'aucun pays de l'univers. Je renouvelle encore mon profond respect.
Il faut que je lui conte qu'un vieux baron de Lorraine, dévot comme on sot, s'est avisé de m'écrire, toutes les postes , pour me convertir. Je lui ai fait répondre que j'étais- mort. Il prie Dieu à présent pour le repos de mon âme ; je ris cependant, madame, et je compte envoyer à vos pieds dans deux mois le second tome, qui vous appartient, et qui est un peu moins ennuyeux que le premier. Je ne suis à Colmar que pour cette besogne.
A Colmar, le 97 février 1754.
Madame ,
Je ne suis qu'un vieux étourdi , je me suis trop fié à ma mémoire, et dans cette vie il faut nesc fier qu'à Votre Altesse Sérénissimc.
Lothairt te Saxon en vingt cinq eounnué, voilà ce qu'il fallait mettre conformément au corps de l'ouvrage. Ce sera la matière d'uu petit erratum. Je rompte incessamment avoir l'honneur de vous envoyer le second tome.
Dieu me garde de Imiter l'histoire de Charles 6 , et de marcher sur ses cendres qui sont encore remplies de charbons ardents; j'en ai fait une histoire particulière sur les lettres originales de tous les ministres; mais cela n'est destiné qu'à rarrière-cabinet de Votre Altesse Sérénissimc. Sn dernière lettre pénètre mon cœur et le déchire. Scra-t-il possible que ma ma u raise santé me porte ailleurs, quand toute mon Ame est dans le château d'Ernest le Pieux? Mon corps est encore entre les mains de la nature, et un peu dans celles du gouvernement de France; mais mon cœur n'appartient qu'à Gotha. Que j'ai mal fait, madame, de quitter cet asile de la vertu , de la générosité, de l'esprit, de la paix, des agréments ! Figurci-vous, madame, qu'un gros jésuite qui gouverne dcspoliquenient le Pnlatinat, mo reproche les vérités que la loi de l'histoire m'a forcé de dire sur les papes. Un autre jésuite qui gouverne le diocèse de Porcntruit où je suis , me poursuit pour la même cause. Ah! madame, que Frédéric de Saxe, votre ancêtre, avait raison de combattre pour exterminer cette engeance! Les prôlrcs catholiques sont nés persécuteurs , comme les tigres sont nés avec des griffes. Le clergé était institué pour prier Dieu , et non pour être un lyran. Il est vrai que la religion catholique a fait plus de mal à votre maison , qu'à moi, et que j'aurais tort de me plaindre. Je ne me plains que de ma destinée qui m'empêche de venir moi-même mettre à vos pieds le second tome de ces annales.
J'espère encore quelque chose du printemps , à moins que quelque descendant de Scrgius III et de Marosie ne vienne m'excommunier et me poignarder; mais le portrait de Votre Altesse Scrénissime les fera fuir comme chez nous l'eau bénite chasse les diables. J'ai ici l'honneur de lui mander, que j'avais retrouvé une copie de cet essai sur l'Histoire universelle ; à quoi bon toutes ces histoires tristes ! J'aime mieux celle de Jeanne ; mais je suis honteux de parler de Jeanne avec mes cheveux gris. Je ne connais plus qu'un sentiment, celui du plus profond respect, de l'attachement, de U tendre reconnaissance qui me mettent aux pieds de Voire Altesse Sérénissimc, etc.
\ Colmar, le 15 mars t754.
Madame,
Pardonne* à un pauvre malade languissant, s'il n'a pas l'honneur d'écrire de sa main à Votre Altesse Sérénissimc. J'ai bien peur qu'elle-même ne
« Charte* VI, empereur d'Allem.iRne. mort 1740.
soit malade, et que les vents du nord et les neiges ne respectent pas la Thuringc. Dieu fait bien ce qu'il fait; mais j'oserais prendra la liberté de lui demander un peu plus de soleil. Je compte , madame, mettre ces joursci aux pieds de Votre Altesse Sérénissiiuc le second tome de Tour rage qui est sous votre protection. Je prends auparavant la liberté et je m'acquitte du devoir de lui envoyer et de lui soumettre ce dernier hommage par lequel je finis le livre.
Les libraires se hâtent déjà de réimprimer le premier volume. On en annonce trois éditions dans les gazettes. Cest votre nom , madame , qui empressement du publie. Il est vrai que cet empressement fait tort à mon libraire, dont on contrefait l'édition; mais si l'ouvrage plaît, s'il ne parait pas indigne de la protectrice à laquelle il est dédié, je me consolerai bien aisément. L'état où je suis, madame, ne me permet guère de lui écrire plus au long. J'aurais fini du moins ma carrière heureusement, puisque mon dernier ouvrage lui aura été consacré.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect et rattachement le plus inviolable,
De Votre Altesse Scrénissimc, le très-humble et Irès-
VOLTAME.
A Colmar,le 18avriM754.
Quelque répugnance que j'eusse à repasser par Francfort, j'y volerais pour me rendre chez la descendante d'Hercule. IX» obstacles, madame! il n'y en a point, lorsque vous commandez; il n'y a que la maladie qui soit plus forte que les ordres et la bonté de Votre Altesse Scrénissimc. Quand je songe à l'état où je suis, je me trouve bien indigne d'approcher de votre i les lépreux qui n'osaient entrer dans le temple. Que i , d'un homme condamné par la nature à souffrir ardente est dans nu vase fêlé et cassé; elle
brûle en votre honneur ; mais le vase est en pièces. Pourquoi le cœur ne peut-il pas donner des forées et des ailes? La belle figure que je ferais, Madame, dans votre charmante cour, je ressemblerais à l'automate qu'on montre actuellement dans Paris ; il prononce mal les lettres de l'alphabet; il articule quelques mots. C'est beaucoup pour une figure de cuir; mais ce n'est pas assez pour un être pensant, qui est pénétré jusqu'au fond du cœur de tout le mérite, et de tous les charmes de votre être.
Je serais dans votre cour comme Tantale ; j'aurais faim et soif de vous entendre, madame, et il faudrait rester dans ma chambre. Madame de Bnchwald n'a point de santé, me dira-t-on. Ah ! madame, c'est un Samson en comparaison de moi. II est vrai qu'elle vise à être aveugle comme Samson ; mais en a-t-clle moins d'imagination et de grâces? Sa conversation n'est- elle pas digue de la votre? n'est-cllc pas toujours vive, toujours agissante? mais moi chétif, si je venais faire ma cour à Votre Altesse Scrénissime, je serais oblige do vous présenter ma capitulation, et les articles seraient : I 0 que je me tiendrais convaincu de mon indignité et que trèsrarement j'aurais l'honneur de me crever à votre table et d'en sortir avec une indigestion ; 2° qu'en qualité de pédant je coucherais dans l'antichambre de la bibliothèque, et non dans uue chambre dorée; 3° qu'il me serait permis d'avoir un habit fourré au mois de juillet, attendu votre belle exposition au nord, et votre forêt de Thuringe; 4« que je donnerais la préférence à votre médecin et à votre apothicaire sur toutes les belles dames de votre cour, nouvelles mariées et autres ; 8° que, si dans des moments d'humeur pardonnables à un malade, je m'avisais de faire quelques nouveaux chants à Jeanne, il me serait permis d'y peindre la cour de Gotha, afin qu'il y eût du moins dans cet ouvrage un contraste des vertus les plus charmantes avec toutes les folies du poème, et que vous ne vous fâcheriez point contre moi d'avoir fourré là une nouvelle Dorothée; enfin, que Votre Altesse Sércnissimc convienne que je serais insupportable. N'importe, je brûle d'être dans votre cour; de venir me mettre à vos pieds pour quelques mois. Gotha est mon château en Espagne; je serais trop heureux; c'est un beau songe. Une vérité bien réelle, c'est mon profond respect, mon attachement, ma reconnaissance pour Votre Altesse Scrénissime, etc.
Loin de vous el de votre image, Je soi* lur le sombre rivage ; Car Plombier* est en vérité De Proscrpine l'apanage.
Mais les eau» de ce lieu Murage, Ne sont pas celles du Lélhé.
Je n'y bois point l'oubli du serinent qi Je m'occupe toujours de ce eba Que dès longtemps j'ai projeté.
Je rem vous porter mo Je n'attends rien des eau» et de leur triste C'est le plaisir qui donne la santé.
Je mVn rclournc en Alsace où je trouverai du moins le portrait dont vous m'avez honoré. Votre Altesse Sérciiissimc est, je crois, à présent dans son royaume d'Altcnbourg. Je me flatte que la grande maîtresse des cœurs a eu assez de santé pour la suivre. Cest cette santé qui est le point capital ; il en faut assurément pour voyager. On me mande de Berlin qu'il court une pièce de vers, intitulée Épilre à moi-même. Elle est, dit-on, très-indéeente, surtout dans les circonstances présentes , et on i la cruauté de me l'attribuer. Ce sont des tours qu'on me jouera souvent ; mais ma conduite dément assez ces impostures, et le roi de Prusse me rendra toujours , a ce que j'espère, la justice qu'il m'a déjà rendue envers ces ridicules calomnies. Le fils du maréchal de Bellisle a été fort fêté à Berlin , et y a très-bien réussi. Il ressemblera en tout à son père. Je m'imagine qu'il a été a la cour de Votre Altesse SùrcnisMiue, et qu'il y passera en revenant de Berlin. Ce n'est pas assez de faire des revues, et de voir des bataillons et des escadrons; cela n'est bon qu'en temps de guerre, et les vertus cl les grâces sont de tous les temps. Je rais quitter Plombières ; cette nièce » , qui me fil partir de Gotba, et qui fit ce malheureux voyage de Francfort •, vientencore avec moi lâtcr de l'Allemagne ; mais c'est de l'Allemagne française. Elle m'a accompagné aux eaux ; clic m'accompagne A Colmar. Plût à Dieu qu'elle eût la même passion que moi pour la Thuringc, et qu'elle pût passer quelques jours dans une maisonnette aux pieds du château d'Ernest! Votre Altesse
7 M"" Denis.
* Voy. Nëmotnê de foliaire.
sait que j'ai fait mes prières au destin qui règle toutes choses dans ce monde. La nature no m'a pas tué À Plombières ; le destin m'cmpécbcrait-il d'aller h Gotha ? et puisque mon cœur y est , pourquoi ma triste figure n'y ser.itH.lle pas?
Je ne sais nulle nouvelle digne d'être mandée. Linsipidilé s'est emparée de l'Europe. Je ue connais de vif, que les sentiments qui m'attachent avec le plus profond respect, et la plus tendre reconnaissance à ce qu'il y a de
Aax Déliées, le 39 octobre (1757).
Madame,
Il ne reste à moi, pauvre perclus, que la liberté de la main droite pour remercier Votre Altesse Sérénissimc. Je connais tous les manifestes du roi de Prusse : le meilleur, à ce qu'on dit, est une bataille gagnée au commencement du mois, vers les frontières de la Bohème. Voilà déjà environ vingt mille hommes morts pour cette querelle, dans laquelle aucun d'eux n'avait la moindre part. Cest encore un des agréments du meilleur des mondes possibles. Quelles misères f et quelles horreurs ! La meilleure de toutes les demeures possibles est certainement celle de Gotba , et je sais bien quelle
Conservez, madame, la paix de vos États, comme vous conservez celle de votre âme. Je suis toujours dans cet hermilage si précieux pour moi , puisqu'il a été habité par un prince dont le souvenir m'est si cher. Je crois ses frères déjà en état de faire goûter à leur mère le plaisir de voir leurs progrès; je serai attaché pour jamais à cette auguste famille. Je m'intéresse bien plus à Gotha qu'à Pirna. Je supplie la grande maîtresse des cœurs, de répondre de mes sentiments, et de mon profond respect pour Votre Altesse Sérénissime.
Aux Délices, le 27 novembre 1758.
11 y a trop longtemps pour mon cœur, que je n'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Altesse Sérénissimc. Pardonnez à la déplorable santé d'un vieux Suisse. Je n'en ai pas pris moins d'intérêt à tout ce qui vous regarde. Je
demandai* à tous les Allemands qui venaient dans nos montagnes . si le» armées n'avaient point passé sur votre territoire; si on n'avait point fait quelque extorsion dans Altcnbourg, selon le nouveau droit des gens de ce temps-ci. J'ai dit cent fois, malheureux Leipzig! malheureux Dresde! mais que je ne dise jamais malheureux Gotha ! Les succès ont donc été balancés l'année I7S8, et le seront probablement encore l'année prochaine, et l'année d'après, et Dieu sait quand les malheurs du genre humain finiront. Plus je vois ces horreurs , plus je m'enfonce dans la retraite. J'appuie ma gauche au mont Jura , ma droite aux Alpes , et j'ai le lac de Genève audevant de mon camp; un bon château sur les limites de la France, l'hennitagedes Délices au territoire de Genève, une bonne maison à Lausanne , rampant ainsi d'une tanière dans l'autre, je me sauve des rois et des armées, soit combinées, soit non combinées. Malheur à qui a des terres depuis le Rhin jusqu'à la Vislulc. J'espère qu'au moins Vos Altesses Sérénissimes seront tranquilles cet hiver. Votre prudence fera le bonheur de vos sujets et détournera l'orage de vos États. Je me mets aux pieds de votre auguste famille. Je joins mes jérémiades à celles que fait avec l'esprit la grande maîtresse des cœurs ; je salue la foret de Thuringe. Je supplie Votre Atteste Sérénissimc de ne jamais oublier le bon vieux Suisse, qui lui est attache si tendrement avec le plus profond respect.
Au château d« Ferney, le 9 novembre 170! .
Madame ,
Tant que je serai encore au nombre des vivants , je serai dans celui des adorateurs de vos vertus et des cœurs reconnaissants, remplis de vos bontés. J'arrache rarement à mon état de malade quelques moments où je puisse écrire, car je suis presque toujours réduit à me faire lire, et à dicter; mais que puis je dicter, que des lamentations de Jcrcmie sur ma pauvre patrie, qui était si florissante il y a quelques années , et qui est à présent un objet de pitié. J'ai dicté pourtant une tragédie bonne ou mauvaise , que je compte avoir l'honneur d'envoyer dans quelques semaines à Votre Altesse Sérciiissime. Que ne puis-je avoir du moins la consolation de l'amuser quelques moments , puisque celle d'être à ses pieds à Gotha, m'est refusée.
Il me parait, madame, que le roi d'Angleterre », en faisant un choix, n'a pas donné 1a pomme à la plut belle; car quoique toutes les reines soient toujours sans contredit, des prodiges de beauté, cependant je connais une princesse, qui autant que je m'en souviens , doit l'emporter sur les reines mariées et à marier. J'ai peur que le rot d'Angleterre n'ait pas été aussi bien servi dans ses amours qu'à la guerre.
Je suis entouré de Russes, qui disent qu'ils prendront Colberg, et d'Allemands, qui assurent que le siège est levé. Je suis comme celui qui disait, les uns croient le Dinal Vicaire mort, les autres le croient vivant, et moi je ne crois ni l'un ni l'autre.
Il y a une ode d'un Suisse de Berne contre tous les rois qui sont en guerre; il les traite tous de brigands, et de perturbateurs du repos public. 11 y a dans cet ouvrage des morceaux terribles. Cela ne nous regarde pas, nous autres pauvres Français, car nous n'avons pas fait grand mal. Que Votre Altesse Scrénissimc daigne agréer le profond respect du Suisse
Le îl.mal 176», aux Délice».
Madame ,
J'ai été sur le point d'aller voir si l'on fait autant de sottises dans l'autre monde que dans celui-ci. Tronchlnt» et la nature m'ont fait différer le voyage. Voilà ce qui m'a privé de l'honneur d'écrire à Votre Altesse Sérénissimc. Je la suppose actuellement entourée d'officiers français, qui lui font la cour en attendant que des Prussiens viennent se présenter à son audience; car il me parait que toutes les nations font ce qu'elles peuvent , pour venir tous faire leur révérence, et que vous n'avez pas toujours le choix. Les Russes pourront bien venir aussi à Gotha prendre des leçons de politesse.
Sérieusement, madame, j'aime mieux le temps où j'étais si paisible dans votre palais , et où il n'y avait dans vos États d'autres troupes que les vôtres. Votre Altesse Sércnissime pcrmcltra-t-ellc que je prenne la liberté
♦ Le roi Georges III. qui succéda en 1760 a Georges 11, épousa le 8 septembre 1701, Sophie-Charlotte de Meckleuibourg-Strélils. dont il ent 19 enfants 10 Médecin de Voltaire, à Genève.
de lui adresser ma réponse à madame la comtesse de BassewiU. Je et- sais oà la prendre et j'ignore à quelle armée appartient actuellement son château. Dieu veuille renvoyer bientôt à la culture de la terre tant de gens qui la désolent, et qui l'ensanglantent, sans savoir pourquoi! On dit que si nous avions la paix, j'aurais le bonheur de voir à Genève les princes vos fils. Ce serait pour moi la plus grande des consolations dans la douleur où je suis de sentir que je suis prive , probablement pour jamais, de la présence de leur adorable mère. Cette paix me parait encore bien éloignée. Le feu a pris aux deux bouts de l'Europe. On bat le tambour depuis Gibraltar jusqu'à Arcliangel : cela prouve que les hommes sont fous du midi au nord. Que votre auguste famille soit tranquille au milieu de tant d'orages ; que la grande maîtresse des cœurs se souvienne du pauvre malade ; que Votre Altesse Sércnissime reçoive avec sa bonté ordinaire mon profond respect, cle.
Aui Délices, près Génère, 7 mars 1768.
Madame ,
Je suis bientôt prêt de quitter ce monde dont vous faites l'ornement. Je ne m'intéresse guère à lui qu'en cas qu'il y ait encore quelques àtucs comme la vôtre. Le roi de Prusse y joue un grand rôle, et je crois que Votre Altesse Sércnissime n'a pas été fâchée qu'il ait résisté à la maison qui vous a fait perdre votre Électoral. Il a acquis une gloire immortelle. Je connais une nation qui ne pourra pas dire autant d'elle; mais on dit que nous avons à Paris un opéra comique, qui est fort bou, et cela suffit. Si nous n'avons pas vaincu tous nos ennemis, nous avons du moins chassé les jésuites ; c'est un assez beau commencement de raison ; nous finirons peutêtre par nous séparer du pape , et par nous en tenir à Jésus-Christ, sans passer par les mains de son vicaire; mais je serai mort avant que ce bienheureux jour arrive.
Les Calas, dont Votre Altesse Séréuissimc a vu les mémoires, obtiennent eufin justice, et le conseil du Roi ordonne qu'on revoie leur procès. Ccsl une chose très-rare en France, que des particuliers puissent parvenir à faire casser l'arrêt d'un parlement, et il est presque incroyable, qu'une famille de protestants , sans crédit, sans argent , dont le père a été roué à
un bout du royaume, ait pu parvenir à obtenir justice. Nous sommes obliges de faire une collecte en faveur de ces infortunés : les frais de justice sont immenses. Si Votre Altesse Scrénissime veut se mettre au rang des bienfaiteurs des Calas, clic sera au premier rang, et nous serons plus flattés du bienfait, que de la somme, qui oc doit pas être considérable. J'apprends que pendant que tout le monde est en paix , votre maison est en guerre pour la principauté de Mciniugen ; je me flatte que votre guerre ne sera pas longue, et que vous la finirez comme le roi de Prusse, en jouissant de tous vos droits. J'ai eu l'honneur de voir autrefois, feu M. le prince de Meiningrn; je vous assure que sa cour n'était pas si brillante que celle de Golba.
Je ne sais point , madame , où demeure madame la comtesse de Bassewitx, qui vous est si attachée; il faut absolument que je lui écrive, et je ne sais comment faire sans avoir recours à Votre Altesse Sérénissime. Je la supplie de permettre que je prenne la liberté de mettre la lettre dans ce . paquet. On nous a fait espérer, madame, que nous aurions après la paix, messieurs les princes, vos enfants, dans notre voisinage; j'aurai du moins la consolation de faire ma cour à la mère dans la personne de ces enfants.
Je me mets aux pieds de toute votre auguste famille , et je suis avec le plus profond respect,
Madame, de Votre Altesse Scrénissime, le très-humble et trèsobéissant serviteur,
Voltaire.
AFcrncy, le 2T» août (1760).
Madame ,
Permettes que la famille se jette à vos pieds et remercie la belle âme de Votre Altesse Sérénissime avec des larmes de joie et tout l'attendrissement de la reconnaissance. 11 est juste que la Providence fasse naître des cœurs, tel que le vôtre, tandis que les singes, qui font des gambades à Parts , sont changés en tigres.
Ces sottes gazettes vous auront peut-être appris, madame, que le parle-
ment de Paris a condamné cinq jeunes gentilshommes a périr dans les flammes ; mais ces gazettes n'ont pas dit que le seul crime de ces gentilshommes était d'avoir chanté deux chansons faites il y a quatre-vingts ans, et de n'avoir pas ôté leurs chapeaux devant une procession de capucins. Lu roi de Prusse m'a mandé, qu'il les aurait condamnés à parler aux capucins, chapeau has , et à chanter des Psaumes. Ils ont pourtant été condamnés à être hrùlés vifs à la pluralité de quinze voit contre dix ; et malgré un excellent mémoire, composé en leur faveur par huit avocats célèbres de Paris. Il n'y a rien d'exagéré , madame , dans tout ce que j'ai l'honneur de vous dire. On n'a reproché à ces infortunés, on n'a allégué contre eux , que des paroles, et des indécences, qui méritaient deux jours de prison. Le plus vieux de ces jeunes gens avait vingt et un ans. Cétait le chevalier de la Barre, d'une ancienne maison, petit-fils d'un général, et qui le serait devenu lui-même. Il est mort avec un courage tranquille, comme Socrate; une telle horreur est digne du douzième siècle. L'Inquisition de Portugal ne serait pas si cruelle, quand il s'agit de la vie des hommes. Quinze voix fanatiques ne devraient pas suffire contre dix sages. On a prétendu que le parlement de Paris, accusé tous les jours de sacrifier la religion à sa haine contre les évéques, a voulu donner un exemple terrible, qui démontrât combien il est catholique. Quelle preuve de religion ! ce n'en est pas une de raison et d'humanité. Il n'y a eu que le chevalier de la Barre d'exécuté, les autres se sont enfuis, au lieu d'aller plonger leurs mains dans le sang de leurs juges. On a bientôt oublié cette affaire, selon le génie de la nation, et de la plupart des hommes. On a été à l'opéra comique ; on a soupe avec des filles d'opéra; on a prêché; on a fait des romans; et c'est ainsi que va le monde, tandis qu'à Gotha, la bonté, l'équité, la générosité régnent. Je me mets aux pieds de Votre Altesse Sérénissimc, avec rcs-
-<ob«ur||-4ii
Son Altesse ' le
Duc de Saxe-Cobourg et Golha, de Juliers. Clèves et Berg *, ainsi que d'Angrie et de Westphalie *, landgrave en Thuringe, margrave de Misnie, prince-comte de Henneberg 4 , comte de la Mark 'et de Ravensberg *, seigneur de Ravcnstein * et de Tonna *.
« Par décision de la Diète - Germanique du 16 août 1844, le titre d'Allessc(HohciC) fut donne aax ducs régnants de Brunswick, de Nassau, de Saxe-Cobourg et Gotha, Saxe-Mciningen et Saxc-Altcnbourg, ainsi que d'Anhalt-Dessau , d'Anhalt-Bernbourg et d'Anhalt-Ccethcn.
x Jean-Guillaume, dernier duc de Juliers, mort en 1009, laissa une riche succession qui fut réclamée par une foule de prétendants. Ses États se composaient du duché de Juliers, Clives et Berg, des comtés de la Mark et
de Havensltcrg, cl de la seigneurie de Ravenstdn. Les principaux aspirants étaient les maisons de Saxe, de Brandebourg et palatine de Ncubourg. La première, qui établissait ses droits sur des lettres d'expectative que plusieurs empereurs, par exemple Frédéric III, 1483, Maximilien, 182(3, lui avaient accordées ou confirmées, et surtout, quant a la branche Ernestine, sur le mariage de Jean-Frédéric avec Sibylle de Clèves (voy. note 13, p. 136) — lutta en vain contre l'électeur de Brandebourg et le comte palatin de Ncubourg, dans celte grave contestation, qui occupa si longtemps, comme on sait, la diplomatie européenne. Les princes de Saxe ne retirèrent des promesses impériales que les titre et blason des ducs de Clèves.
« A la mort du dernier duc de Saxe Lauenbourg (1680), descendant de Jean , arrière-petit-fils d'Albcrt-I'Ours (voyez, p. 04 et suiv.), la branche alitée de Saxe avait prétendu à sa succession en vertu de l'investiture éventuelle, conférée en 1307, par l'empereur Maximilien à l'électeur Frédéric le Sage, et à son frère Jean ; mais elle dut abandonner ses droits a la branche cadette, qui, non-seulement par la capitulation de Wîttenberg, avait hérite de tous privilèges et expectatives antérieurement octroyés (l'expectative en question lui avait, du reste, été assurée de nouveau en 1660 et en 1687). mais qui, 1671, avait conclu un traité de succession avec la maison éteinte. Toutefois les électeurs de Saxe ne parvinrent pas à se mettre en possession du duché de Lauenbourg, cl l'électeur Frédéric-Auguste I (Auguste, roi de Pologne), se vit même forcé en 1607, de céder ses droits à la maison de Brunswick contre le paiement de 1,100,000 florins, se contentant du litre sonnant de duc d'Angrittt de Wetlphalie, seul vestige de grandeur que les anciens ducs de Saxe de la maison Asconicnne eussent transmis à leurs descendants, les ducs de Lauenbourg. Ce même titre fut accordé aux membres de la maison Erucslinc, qui ne fut pas plus heureuse dans ce procès, que dans celui soulevé par la succession bien pins importante de Julicrs, Clèves et Berg.
«Voy. p. 180, note 33.
» Voy. sur Tonna, p. 206, note 11,
Explication du blAMn du duc de Maie-I obourtf-^»***
Parti do quatre, coupe de cinq.
Au I «■». D'or, au Uoo de sable, qui est de Juter*.
2*. De gueules, à huit lys tiges et passés en double sautoir d'or, charges en abyme d'un petit éeusson d'argent, qui est de Clèves.
•*>*. D'argent, nu lion de gueules, couronné d'azur, qui est de Ben/. 4». De gueules , à trots cœurs d'or, qui est à'Angrie. 5». De gueules, au cheval courant d'argent, qui est de Wtslphatk. G*. De sable, au lion d'or, la queue fourchue, qui est de Cobourg, 7«. D'azur, au lion fascé d'argent eldc gueules, qui est de Tlwringt. Ici
il n'est pas contourné, pour signifier le duché de Gvlha. 8'. D'or, au lion de sable, qui est de Misnie.
1K Parti, au !«de gueules, à la colonne d'argent qui est dellômhild, cl
nu 2' d'or, à la poule de sable crétee cl barbée de gueules, montée sur un tertre de sinoplc. qui est de Htnnebrrtj.
l(K Coupe, d'argent au lion mi-parti d'azur cl d'argent, et d'arur à sept croisettes d'argent, 3, 4, qui est de Lichtenbcrg.
il*. D'argent, à l'aigle d'or éployée, qui est du Palatinat de Saxe.
if*. De sable, à l'aigle éployée d'or, qui est du Palatinat de Thurîngt.
15*. D'or, a deux pals d'azur, qui est de Landiberg.
1 4*. D'argent, à trois cornes de cerf -volant de gueules, 2, I , qui est de firent.
1 S". D'or, au lion de sable couronné de gueules, accompagné de cœurs
de gueules, qui est à'Orlamunde.
16". D'asur, au lion mi-parli d'or et d'argent, qui est de Plciuen. 17*. D'argent, à la rose de gueules, bordée d'or et ornée de quelques
fcuillesdc sinople, qui est d'AUenbourg.
i 8 P . D'argent, à trois fasces d'azur, qui est d'Eisenberg. 19*-. D'or, à la fasec échiquetée d'argent et de gueules, de trois lires,
qui est de la Mark.
20*. D'argent, à trois cherrons de gueules, qui est de Ravcn*berg. Et eu pointe tierce en pal, au l« (21), de gueules plein, pour le* droit* régaliens ; an2« (22), d'azur, au lion d'argent, pour la seigneurie de Tonna; au 3« (23) , d'or , au corbeau de sable sur une fasce d'argent, qui est de fiavenstein.
Et surle toul(24),burelcd'orctdcsablc,à la couronne deruede»inoplc, brochant sur le tout et mise en bande, qui esl de Saxe.
l/écu supporté par deux lions contournés, couronnés d'or, armés et lampassés de gueules ; 'posé sur le manteau surmonté de la couronne royale.
I . Riddag , depuis 983 , époque de la mort de l'empereur Olhon I , f 965.
9. Eekard I, depuis 989 margrave de la Marche ThuringieuDC méridionale , t 1014.