‹ Historie De FranceChapitre 156 sur 168 · LANDAU REPRIS · texte numérisé non relu

LANDAU REPRIS

mille soldats cl en niir.iif cml dix mille quand il serait an complet. Kiiîène était derrière les lignes d*Etling:en , avec des corps détaeliés depuis Mayence jusqu'à la Forèt-Noire, et s'apprôtait à masser ses troupes afin de passer le Uhin à Philipsboiirp: ; mais il manquait des ressources nécessaires pour faire vite : Yiilars le prévint et compensa son infériorité momentanée en se concentrant et en opérant avec la même célérité qu'à Denain, mais sur un plus vaste espace. Il feignit de menacer les lignes d'Etllngen, lança son armée à marche forcée jusqu*en face de Philipsbourg, masqua la tète de pont de celte forteresse et occupa Spire (4-6 juin). L'armée avait fait seize lieues en vingt heures.

Landau fut ainsi coupé d'avec l'armée ennemie. Un gros de ( avalcrie poussï de Spire à Worms et détacha des partis jusqu'à (^cjblentz. Un corps arrivé de la Moselle prit Kaysersiautern et acheva d'assurer aux Français la partie du Palatinat entre la Sarre et le Rbin. Toutes les troupes qui avaient formé les diverses années françaises ralliaient successivement Villars, qui finit par disposer d*une force écrasante, deux cents bataillons et plus de trois cents escadrons. Le 11 juin, le corps d'armée de la Sarre Investit Landau : le reste des forces françaises, réparti entre plusieurs camps, irardnit le Rhin de Mavence à lUmintiuc. La irarnison de Landau était liuiiibreuse, huit à neuf mille liommes; les excellentes l'oi tinr;ili(»iis du Vauhan avaient encore été augmentées par les alliés depuis 1704. Villars, regardant sa position comme inattaquable, assuré de sa subsistance par la bonne disci[i)ine de son armée et par rétendue de pays soumise à ses contributions, ménagea la vie du soldat plus qu*il n'avait coutume de le faire et laissa marcher méthodiquement le siège par la sape et la mine. Eugène jugea le secours impossible et n'essaya môme pas de passer le Rhin pour lenter quelque diversion. Les moyens d*actionne lui venaient que h?ntement : l'argent d'Angleterre n'était plus là pour donner la vie et le mouvement aux lourdes masses fîermaniqiies. Eugène eut toutefois enfin, dans le courant d'août, cent \ in :t-cin({ bataillons et lieux cent quarantc-ijuatre esciilinns; mais, le ?0 de ce mois, le commandant de Landau s'était rendu prisonnier avec sa garnison.

Villars ne se contenta point de cet avantage. Après avoir remis XIV. 37

(78 LOUIS XIV. (ms]

Landau en défense, il partit de Spire le 11 septembre pour Fort- Louis et Stras]x)urg, laissa le maréchal de Besons avec son corps d'armée au Fort-Louis pour contenir Eugène, passa le Rhin à Kehi, le 18 septembre, et suivit son avanl-^jardc, qui, après avoir feint de vouloir se diriger vers les sources du Danube, prit la route de Freybour«r. Le 20, raniire fut en \tic do ccUo capitale du Brisgau. Les ennemis avaient |iiii>sainmenl forlitié, depuis quelques années, Freybourg et ses al)ou(issants : ils avaient retranclié la montagne de Uolgrabcn, à trois lieues de Freybourg, et, tout près de la ville, la montagne de Roskbof, où aboutissaient des ligues qui partaient de Uomberg et qui barraient tout l'espace entre les vallées de la Rinzig et de la Trcisam. On alla droit au camp de Aoskhof : dix-huit bataillons garnissaient la crête de cette hauteur et pouvaient être rapidement renforcés par d*autres corps. Gomme & Denain, Yillars assaillit redoutes et demi-tunes, sans fascines, sans outils, axec des hommes. Il lança devant lui dnq cents grenadiers et les suivit à la tète d'une des colonnes d'attaque : la pente était si raide, que wn eliev.ii b\iijattit sous lui et faillit le jeter dans le précipice. 11 gritupa des })ieds et des uiaias, aidé par les grcnailiei s et entouré d'une élite de jeunes princes et de jeunes com'lisaus. Tout lut eniporfé, sur trois points à la fois, presque sans perte pour les vainqueurs. Le gros de l'infanterie ennemie se jeta dans Freybourg : la cavalerie s'enfonça dans les gorges de la Forét-Noire; Yillars la poursuivit avec un fort détacliement» trouva les lignes du Holgraben abandonnées, se saisit de tous les passages, poussa jusqu'aux Sources du Danube, envoya des partis mettre à contrihution le pays au-delà de ce fleuve, puis revint trouver le gros de son armée sous Freybourg.

Malgré la facile conquête des lignes de la Forèt-Noire, le siège de Freybourg était encore une rude entreprise. Freybourg était protégé par treize mille combattants et par un qua<lrupie étage de forteresses disposées en anipliilliéàtre sur le ju n. liant de la montagne qui connnande la ville. Ce siège fut bien plus meurtrier que celui de Lnndau : la saison qui avançait, le manque de fourra<;es, la crainte îles tentatives d'Eugène, qui s'était avancé jusqu'au Holgraben, ne perinctUiienl [dus d'avancer pas à pas comme à Lundau. On emporta les dehors à coups d'hommes. Un seul

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ai33aut , flans la îiuU du l i au 15 octobre, coùla plus de quinze ccnb luorls ou Ijlcssés. Ces sacrificps, du moins alleignirent leur but: Eugène , après avoir recuniiu le degré d'avancement du siège et la manière dont les passages des montagnes étaieat gardés, désespéra de secourir la place et retourna à Etlingcn. ViUars pressa d'autant plus énergiquement ses opérations. Jje nombre même de la garnison devait, dans son opinion, abréger le siège. Les subsistances ne pouvaient être en rapport avec les besoins de cette multitude , encore grossie par toute la noblesse du pays et par les femmes et les serviteurs des officiers du corps battu sur le Roskhof. Yillars refusa de laisser sortir les dames. Le 30 octobre, comme on se disposait à donner Tassaut au corps de la place, le gouvcmcur fit prévenir Yillai's qu'il s'était retiré dans les luils cl «ju'il abandonuail les blessés, les malades, les laïuilles des gens de ^uerre'et la ville à riiuiiuuiil<- des Français. La ville se racheta du ])illap:e par une rançon d'un million et on laissa partir les réfugies d'alentour ; mais, quant aux blessés et aux familles des militaires, Villars signilia au gouverneur que c'était à lui et non aux Français à les nourrir. Le gouverneur voulut s'y refuser; mais ses soldats s'ameutèrent pour Tobliger de donner du pain à leurs mallieurcux camarades qu'on laissait mourir de faim. 11 n*cn envoya que la moitié de ce qui était nécessaire.yillar8 fut inflexible. Enfin, après d'assez longs pourparlers, Eugène envoya au gouverneur Tautorisatlon de rendre les forts, à condition que la garnison ne restât pas prisonnière ( 16 novembre.) Elle sortit le ?0, forte encore de sept mille bommes.

La |)rise de Freybourg termina cette campagne, qui, de môme que la iirécédente, avait ra])i»elc les anciens jours et dui ê de quelques rayous de gloire la liu du grand rè;Tne. Le soleil couchant dibsi]jail les nuages qui le couvraient depuis si louglcuips et brillait d'une dernière splendeur

L'Allemagne, cbàtiee,a\ ec justice, de son obstination à soutenir une cause qui lui étiiit parfaitement étrangère, se lassait enfm de se sacrifier à l'orgueil autrichien. Dès le siège de Landau , l'électeur palatin et le prince de Bade-Dourlach avaient fait quelques

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