‹ Historie de la terre origines et métamorphoses du globeChapitre 13 sur 41 · Aristote, des Météores , liv. I, ch. xiv · texte numérisé non relu

Aristote, des Météores , liv. I, ch. xiv

i. Ibid-, liv. II, ch. vm.

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l’un des maîtres de la poésie latine, Lucrèce, qui est en même temps un des esprits les plus élevés dont l’humanité s’honore, suivit plutôt les doctrines de Démocrite et d’Épiçure sur les atomes, pères de notre univers. C’est au concours de ces éléments primitifs, et non de ceux que l’on regarde à tort comme les principes constituants de la matière, l’air, la terre, l’eau et le feu, que tous les corps de la nature doivent leur origine. Presque tout le poème de Lucrèce roule sur cette idée, et quelle que soit l’opinion qu’on ait sur cet ouvrage, on ne saurait disconvenir que les doctrines que l’auteur y expose sont empreintes d’une philosophie austère et virile, et d’un sentiment très-vif des grands phénomènes naturels.

Virgile, si profond admirateur de Lucrèce, remit néanmoins en faveur la théorie des quatre éléments que celui - ci avait rejetée. « Silène chantait, nous dit-il, comment dans l’immensité du vide se rassemblèrent les germes des terres, de l’air, de la mer et du feu liquide; comment tout sortit de ces éléments, et comment le globe, d’abord pâteux, se durcit; comment se

fit l’écorce terrestre, qui enferma la mer dans ses limites, et revêtit peu à peu des formes distinctes. Il chantait les continents étonnés aux rayons nouveaux du soleil, et les pluies tombant du haut des nuages suspendus. Il chantait les premières forêts sorties du sol, et les animaux encore peu nombreux errant par des montagnes inconnues. »

Quelle élévation dans tout ce passage , et comme la science d’aujourd’hui a confirmé ce que le poète avait si bien pressenti! La cosmogonie de Virgile est plus exacte que bien d’autres tant vantées; mais il faut lire dans l’original ce morceau, un des plus beaux de la poésie latine i

... Canebal uti magnum per inane coacta Semina terrarumquo, animæque, marisque fuissent* Et liquidi simul ignis; ut bis cxordia primis- Omnia, et ipse tener mundi concreverit orbis;

Tun» durare solum, et discludere N'erea ponto f.œperit, et rerum paulalim sumere formas;

Jamque novum ut terræ slupeant Iucescere solem* Altius atque cadant summotis nubibus imbres; Incipianl sylvæ quum primum surgere, quumque . Hara per iguotos errent animalia montes *.

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