‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 137 sur 303 · Exode, III, 1 et suiv · texte numérisé non relu

Exode, III, 1 et suiv

Que se passa-t-il en réalité quand, du campement de Raphidim, la tribu s'engagea dans les défilés pierreux du Horeb^? Impossible de le dire. Y eut-il là, en effet, en face du Serbal, un acte religieux, une sorte de consécration du peuple au dieu de la montagne, si bien qu'à partir de ce jour le dieu du Sinaï fut le dieu spécial d'Israël? Le chef du peuple, Mosé, profita-t-il d'un de ces orages effroyables qui sont fréquents dans le pays, pour faire croire à une révélation du dieu-foudre, qui résidait sur les hauteurs? La façon dont la Loi fut rattachée au Sinaï, vers leix^ siècle avant Jésus-

1 . La critique qui tient pour légendaires tous les récits relatifs au Horeb et au Sinaï ne peut guère attacher de valeur aux recherches topographiques qu'on a faites pour localiser la mise en scène biblique. Le rédacteur, écrivant en Palestine, n'avait pas en vue tel ou tel site plutôt que tel autre. Il est cependant bien plus naturel de rapporter les traditions bibliques au Serbal, au-dessus de Feiran, qu'au Djebel Mousa et au Djebel Kalherin. Cette dernière région, en effet, est fertile, arrosée, et ne mérite nullement le nom de « désert du Sinaï », par lequel est désigné le lieu de la théopbanie. — Ajoutons que Horeb et Sina'i passèrent pour synonymes ; or Horeb désigna certainement la région montagneuse qui domine Raphidim. Exode, m, 1 ; xvii, 6. — Les inscriptions de Wadi Mokatteb sont aussi un grave indice. Elles montrent que le pèlerinage immémorial se faisait à Feiran et aux hauteurs qui le dominent. Feiran (Raphidim). est, si l'on peut s'exprimer ainsi, le centre religieux et historique du Sinaï.

Christ eut-elle quelque point d'attache dans les faits réels? Ou bien, dans les quatre ou cinq cents ans qui suivirent, cette grandiose légende grossit-elle comme la bulle de savon, d'autant plus brillante et plus colorée qu'elle est plus vide?

Deux choses seulement se laissent entrevoir. La première, c'est que, dès l'époque sinaïtique, on s'habitue à concevoir lahvé comme apparaissant sous la forme d'une vision de flamme \ Il a pour vêtement la nuée sombre, pour voix le tonnerre, pour traits les carreaux de la foudre. En temps d'orage, il glisse sur le vent, roule sur les nuées un char d'airain,. comme un Capanée^ On lui prête parfois un char automatique muni d'ailes \ Un second fait, non moins remarquable et acquis, c'est que le lahvé des Hébreux, arrivé à sa constitution parfaite, demeure dans le Sinaï*, comme Zeus et les dieux grecs demeurent dans l'Olympe. Il a son séjour sur ces hauts sommets, surtout quand un cumulus de lourds nuages en dérobe les cimes. De là, il éclate en bruits horribles, en éclairs, en flammes

1. Gen., XV, 17; Exode, m, 2; xix, 18; xxiv, 17; i Rois, xix, 12; Ezéch., i, 27; viii, 2. Je suis porté à croire que, dans Ueut., xxxiii (Bénédiction de Moïse), v. 16, il faut lire >:''D '•33^.

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