Nombres, x, 35-36, rédaction jéhovistc
possédons en effet un chant religieux \ dont ce cri forme en quelque sorte le motif principal. C'est le morceau le plus singulier de toute la littérature hébraïque. On croit y entendre un écho lointain des pérégrinations triomphales du dieu voyageur à travers le désert \ Le Sinaï y figure comme le lieu de la plus haute théophanie, non comme le lieu où fut donnée la Thora. L'extrême obscurité du style de ce dithyrambe est une marque d'antiquité, bien que sûrement des sentiments plus modernes s'y fassent jour à certains endroits. Il ne serait pas surprenant que nous eussions là un spécimen altéré ou, pour mieux dire, adapté à des usages liturgiques % de quelques-uns des cantiques du livre des Guerres de lahvé ou du lasar^. Le vieux recueil s'ouvrait, en eff'et, par les cantiques qui se rapportaient aux approches de la terre de Chanaan et aux dernières marches du désert.