‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 22 sur 303 · PRÉFACE. XXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXVII

ses théologiens gallicans, il n'eût pas révoqué Tédit de Nantes. Si saint Louis eût été plus éclairé sur l'histoire de l'Église, il n'eût pas laissé décimer ses sujets par l'Inquisition. Si Marc-Aurèle avait été plus versé dans l'histoire du christianisme, les scènes atroces de l'amphithéâtre de Lyon n'auraient pas eu lieu. Si les législateurs de la Révolution avaientmieux connu l'essence du catholicisme, depuis le concile de Trente, ils n'auraient pas rêvé pour notre pays une Église nationale. Si le parti radical, parmi nous, était moins étranger à l'histoire religieuse, il saurait que les religions sont des femmes dont il est très facile de tout obtenir, si on sait les prendre, impossible de rien obtenir, si on veut procéder de haute lutte.

Et ce résultat sceptique ou négatif est-il le seul qui sorte de l'étude de ces longues erreurs? Est-il donc de si grande conséquence de savoir quelles étapes la pauvre humanité a traversées pour arriver à voir que les sommets de l'Olympe et du Sinaï sont déserts, que le ciel est vide et la terre toute petite, que le tonnerre est un phénomène d'une amplitude plus apparente que réelle, que l'arc-en-

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ciel n'est qu'un jeu de la lumière réfractée dans les gouttelettes de pluie? Non; le raisonnement de Kant reste aussi vrai que jamais; l'affirmation morale crée son objet. Les religions, comme les philosophies, sont toutes vaines; mais la religion, pas plus que la philosophie, n'est vaine. Sans l'espoir d'aucune récompense, l'homme se dévoue pour son devoir jusqu'à la mort. Victime de l'injustice de ses semblables, il lève les yeux au ciel. Une cause généreuse, où il n'a nul intérêt, fait souvent battre son cœur. Les élohim ne logent pas dans les neiges éternelles; on ne les rencontre pas, comme du temps de Moïse, dans les défilés des montagnes; ils habitent dans le cœur de l'homme. Vous ne les chasserez jamais delà. La justice, le vrai, le bien sont voulus par une force supérieure. Le progrès de la raison n'a été funeste qu'aux faux dieux. Le vrai Dieu de l'univers, le Dieu unique, celui qu'on adore en faisant une bonne action, ou en cherchant une vérité, ou en conseillant bien les hommes, est établi pour l'éternité. C'est la certitude d'avoir servi, à ma manière, malgré toute sorte de défectuosités, cette cause excellente, qui m'inspire dans

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